‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme]Chapitre 13 sur 48 · III · texte numérisé non relu

III

Par les prisonniers |

IV° Par les Anglais et les esclaves (1700-48)

| saires du port, à l’arrivée à Québec, l’intendant ou son représentant, | passent la revue des engagés.

20 Effectif probable : — pour compenser les frais de passage, les capi- | taines se remboursent par les placements chez les habitants. — L'en- | gagé se libère au bout de trois ans de contrat ; — la désertion le rend | passible de la prison. — En 1748, les armateurs tentent de s'exemp- | ter de leur obligation : protestation de Bigot à Versailles, — Cet élé- | ment colonisateur a réellement concouru au peuplement : — le seul | fait que le contrôle sévère ait duré 35 années laisse présumer que l’ap- | port a été important.

{10 Les fils de famille : — le Régent se refuse à adopter la colonisalion pénale au Canada, en dépit des lamentations des administrateurs sur la pénurie des bras. — En 1723, arrivée du premier contingent de 130 prisonniers. — Parmi eux, la catégorie fort restreinte des fils de famille, nobles et bourgeois, libertins, déportés sur la requête de leurs proches. — Quelques-uns servent dans les troupes ; — les autres sont libres dans les limites du pays ; — {la plupart, impropres au labeur,

à charge au budget, sont rapatriés.

| 20 Les enfants du peuple : — des braconniers, contrebandiers, faux-

sauniers (contrebandiers du sel)... ne sont pas des indésirables. —

“ Frauder les droits du roi, tirer le gibier d’un grand seigneur ”, pec-

cadilles qui n’entravent en rien leurs habitudes morales et laborieuses.

Ÿ — Aussi bien, M. de Beauharnais et Hocquart en réclament ‘ le plus

possible, comme faisant des colons utiles ” ; — il en est qui se sont si-

| gnalés avec gloire. — Le ministre de Maurepas se vante de ne choisir

en prison que de “ bons hommes *”. — Quelques-uns sont incorporés dans les troupes ; — Je plus grand nombre est traité comme les engagés, placé chez les cultivateurs, salarié de 100 liv. par an, libéré après 3 ou 5 ans, ou rentrant en France avec des lettres de grâce — chose rare, — ou faisant plutôt venir femme et enfants. .— Ceriains historiens contemporains les ont calomniés.

30 Résultats : — en quinze ans (1723-38), c'est un succès éclatant... Puis, leur nombre baisse : — après 1749, il n’en vient plus. — En dépit des déserteurs, des non-valeurs, cet élément a donné un contingent de 1,000 habitants environ. (V. Salone, p. 347).

10 Anglais naturalisés : -— ce srnt des prisonniers de guerre, — “ Au mois de mai 1710, dit M. de Vaudreuil, le nombre des naturalisés se monte à près de 80 personnes, non compris deux Anglaises Religieuses ”. — Le traité d’Utrecht les libèrent entièrement. — Même en temps de paix, l’intendant Dupuy en rencontre beaucoup à Montréal... — Cet élément ne fournit qu’une poignée de recrues.

| 20 Esciaves nègres et Panis : — malgré les instances pressantes, ap-

puyées de raisons plausihles, à leur sentiment, les administrateurs ne

peuvent décider la Cour à l'introduction des nègres. — Quelques unités

viennent des Antilles sur les vaisseaux marchands : — en 1734, une négresse est pendue à Montréal comme incendiaire... — La servitude est réservée à la tribu des Panis, située à l’ouest du Mississipi : — vendus par les autres sauvages après leurs victoires, les esclaves Panis n'ont jamais dépassé la centaine, d'après Mgr Tanguay (t. VI, p. 200). — Élément négligeable.

do Fécondité des Canadiens : — le 24 oct. 1747, M. de la Galisson-

nière écrit au ministre : “ Si les autres colonies produisent plus de

richesses, celle-ci produit des hommes, richesse plus estimable... que le

sucre, ou l’indigo, ou tout l'or des Indes ”. — Le 12 oct. 1756, M. de

Montcalm consigne dans son Journal que “ un seul soldat de Carignan

a 220 descendants aux Éboulements, à la baie St-Paul, à l’Ile-aux-Cou-

dres, à la Petite-Rivière... Cela paraîtra singulier à nos seigneurs

de la Cour qui craignent d’avoir plus d’un héritier ”... — Environ

5,000 nouveaux chefs de famille seulement, durant 35 ans de paix :

«e résultat est misérable. — La natalité compense la faute du pouvoir.

20 Tempérament physique : — ‘ Tout est ici de belle taille, et le plus

beau sang du monde dans les deux sexes.” (Charievoix, en 1721). —

“Les Canadiens sont naturellement grands, bien faits, d’un tempé-

rament vigoureux ” (Hocquart, en 1738). — ‘ Entre Québec et Mont-

réal, on admire un grand nombre de bons vieillards forts, droits et

point caducs ” (Le Beau, en 1728). — “ Les Canadiens ont eu, dans

cette colonie, leurs trisaïeux, bisaïeux, aïeux, ayant contribué à l’éta-

blir, ouvert et cultivé les terres, bâti les églises, de belles maisons,

soutenu la guerre contre les nations «auvages et les ennemis de l’État

avec succès, supporté toutes les fatigues de la guerre, les hivers no-

nobstant les rigueurs de la saison : — ils n’ont épargné ni leurs biens,

ni leur vie, pour seconder les intentions du roi d'établir ce pays, qui

est un fleuron de sa couronne. . .” (Reg. au Cons. de la Marins, en 1719).

| 30 Caractère moral et social:—Ls défauts sont analysés par les admi-

| nistrateurs : chicane, esprit de vengeance, amour du luxe et prodiga-

lité, usage de la boisson, indépendance jalouse, oisiveté aux longue:

périodes d’hiver... Où est le peuple parfait ? — Les qualités sont ap-

LÉ préciées unanimement : — hospitalité, “un Français peut aller sans argent de Québec à Montréal ” (Le Beau) ; — “en général, les Cana-

Par la natalité diens sont francs, humains, le meurcre n'existe pas ches eux, pas plus que le vol” (Bonnafons, Voy. au Can. 1751-61). — “ Ils respirent en

et | naissant un air de liberté qui les rend fort agréables dans le commerce ‘de la vie ; et, nulle part ailleurs, on ne parle plus purement notre lan-

la moralité gue. On ne remarque même ici aucun accent *” (Charlevoix). — “ Les Canadiennes sont bien élevées et vertueuses, et ont un laisser-aller

canadienne qui charme par son innocence et prévient en leur faveur ” (Le Suédois Kalm, Voy. en Amér.) — “ Québec m'’: paru une ville de fort bon

(1700-56) ton : et je ne crois pas que, dans la France, il y ait plus d’une douzaine au-dessus pour la société ” (Montcalm, 1757). — ‘ C’est un bon

| peuple, frugal, moral, industrieux ; c’est la race la plus brave de la terre ” (Murray à lord Halif., 1764). — Hocquart et Bonnafons re- &‘ettent qu'ils ne soient pas Plus instruits : oublient-ils que leurs grands hommes ne sont ni les savants ni les artistes, mai: les chefs de guerr., les grands marins, les explorateurs? — L'heure n’a Pas sonné encore, Pour leurs aptitudes natives.

40 Mentalité nationale : — la mentalité ou état d'esprit canadien s’élabore en silence : — c'est une nuance d'ordre ethnique avec les congénères de France. — Elle ert fondée : — 10 sur l'origine des colons : provenant de la Champagne, de la Normandie, de la Gascogne, du Languedoc, du Dauphiné, du Poitou, de l’Anjou, de l'Orléanais, de la Saintonge, de Paris même et de la Picardie : — 20 sur l’action du milieu plus forte encore : hiver sec, rude, long, qui durcit les muscles, horizon- étendus qui poussent à l’amour de l’indépendance et des aventures, des découvertes et des lointaines conquêtes, depuis Terre-Neuve et l’Acadie jusqu’à la baie d'Hudson et aux Rocheuses, la Nouvelle- York, la Louisiane et même le Mexique. — Le Canadien naît bucheron, laboureur, soldat, marin, chasseur, pêcheur, voyageur ; — 30 sur les conjonctures historiques et économiques : — une paix de 18 ans (1665-82), une seconde de 30 (1713-44) : — toujours en face de l’Iroquois et de l'Anglais, — Souvent dépourvu du ravitaillement de France, victime des épidémies, soumis aux privations de tout genre, impuissant à revoir le pays d'origine qu'on lui ferme comme à dessein, le Canadien français s’est naturellement éloigné du type d'outre-mer. — Évêques, clergé, gouverneurs, intendants, officiers, soldats de la Vieille France n’ont pas su escompter assez, jusqu’à l’heure suprême de la Nouvelle, cette transformation nationale irréductible. — Quelles nouvelles rai- | Sons, après la Cession !

er ne asren near anne votants nr omemnge,

{10 Population civile au Canada : — ]a colonie qui contribue à peupler : un peu l’Ile-Royale, l’île Saint-Jean, Terre-Neuve ; — participe largement au peuplement de la Louisiane ; — envoie des émigrants dans le haut Mississipi, même à Saint-Domingue et aux petites Antilles ; — quelques-uns passent aussi chez les Anglais : — compte au

| Canada seul: en 1706, 16,417 âmes ; — en 1720, 24,434 : — en 1739,

VI° | 42,701 ; — en 1754, 55,009. ;

! 20 Population indigène domiciliée : — en 1737, Hocquart énumère

Population |

civile 2. Abénaquis de Bécanc et . Troquois du Seut-

D Le TT RE sn D SR

indigène

Au pays d'En-Haut : “ “ Poutéoutamis 250

STE OO LS Qutaouais 140

‘* : aulacSt-Clair, Sauteux 150

: à Michillimakinac, Outaouais. ... 200

:etauxenvirons, Sauteux 100

CES d) 150

“ RARE FL GS Folles-Avoines. . 150

" ae * Renards....... 80

7. Abénaquis, en Acadie : 400 ; — Micmacs : 500. — À part ceux de Lorette, {ous ne s'abouchent avec nous que par 1nterprète ; — on les traite en enfants gâtés ; — on ferme les yeux sur leur trafic en castor et en ginseng avec les Anglais. — Néanmoins, ils vont se montrer intrépides guerriers dans nos dernières luttes.

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