ET SES LIAISONS AVEC LES PAYS OCCIDENTAUX
Tirées de /'Histoire des Huns , Turcs et Mogols, par de Guignes.
JLjes Chinois sont une colonie égyptienne. Leurs caractères ne sont que des espèces de monogrames , formés de lettres égyptiennes et phéniciennes ; et les premiers Empereurs de la Chine sont les anciens rois de Thebes en Egypte. Cela est prouvé dans un Mémoire lu par M. de Guignes à l'académie ; et il s'est proposé de le démontrer plus au long.
L'histoire de la Chine n'est détaillée que depuis l'an 200 avant J. C. , et avant 400 elle ne contient presque que la succession des princes , encore avec bien des variétés : les écrivains chinois étant continuellement partagés entr'eux sur le nombre des années. De plus la certitude n'y commence, comme pour nos histoires profanes, que vers le temps, de la fondation de Rome , ou Tan 800 avant J. C. Se-ma-tsien , qui est le père de l'histoire chinoise , n'éciivoit que vers l'an 97 avant l'ère - chrétienne vulgaire.
. . 52ô Table chronologique
Av ^
J. C. ^ans comPtcr ^es dynasties fabuleuses de plusieurs rail-*
2207. liers d'années que les savans chinois rejettent; la première dynastie impériale , appelée des Hia , commence 2207 ans avant J. C. Elle a eu dix-sept empereurs , qui ont régné 440 ans, selon le calcul le plus autorisé.
La seconde dynastie , nommée des Cham , qui a eu vingt-huit Empereurs, commence l'an 1767 avant J. C. et dure 646 ans.
Iuz* Commencement de la troisième dynastie ou des Tcheou , qui posséda le trône delà Chine environ 865 -ans, sous trente-cinq Empereurs. Mais les grands se rendirent indépendans chacun dans leurs provinces, et formèrent quantité de petits royaumes.
M. de Guignes pense, dans le mémoire cité, que l'ancienne histoire d'Egypte transportée à la Chine par la colonie égyptienne qui vint s'y établir vers l'an 1122, a été entée sur la véritable histoire Chinoise , qui ne commence ainsi qu'aux Tcheou. Les deux premières dynasties sont tellement des rois de Thèbes en Egypte j qu'en comparant les noms et faisant l'analyse des caractères chinois , il a trouvé que le nom d'Fi/, premier de ces Empereurs, est composé de caractères phéniciens, qui font Men ou Menés $ Ki, deuxième Empereur, est Athot; Rang , troisième, est Diabiès; Tchong , quatrième , est Phenphos, et ainsi , dit-il, des autres rois de Thèbes dans la Haute Egypte.
Il ajoute qu'on voit dans le fondateur de la troisième dynastie chinoise, un Empereur agir comme un conquérant, diviser les provinces, donner des souverainetés à Ses capitaines et à ses amis : que de plus les Chinois conviennent eux-mêmes dans leurs histoires , qu'il y a des peuples à l'Occident et au-delà de la mer Caspienne 3 qui ont une même origine qu'eux.
258. Quatrième dynastie, appelée des Ta-tsin , ou grands Tsin , qui n'a eu que six Empereurs, Le quatrième, Chihoam-ti , fut un prince qui par son vaste génie embrassa tout ce qu'il y avoit de grand et de magnifique. Pour arrêrer les Tartares qui depuis long-temps faisoient des courses dans la Chine , il fit rejoindre plusîeus murailles
bâties
de V Histoire ancienne, £21 ^
Mti es par divers petits rois, et en ht construire quelques .Y; parties ; ce qui forma ce que nous appelons aujourd'hui la Grande muraille de la Chine, dont il n'est pas entièrement l'auteur, comme on l'a publié. Son faste et ses dépenses en monumens, etc. lui attirèrent les reproches de plusieurs savans , qui lui citoient continuellement les exemples des anciens rois : ce fut ce qui l'engagea à faire brûler tous les livres historiques.
Sous son fils l'empire fut encore divisé en plusieurs petits royaumes, auxquels la cinquième famille impériale mit fin.
Cette famille des Tsin rendit son empire formidable à tous ses voisins et fit des conquêtes dans les Indes. C'esr de là qu'est venu le nom de Tsin ou Sin , Chine , donné à leur empire chez les étrangers ; car il change de nom à la Chine sous chaque famille impériale.
Depuis ce temps on connoîtla succession et l'histoire du Ho» grand emp'.re des Huns en Tartarie , qui étoit ancien et qui fut détruit par les Chinois l'an 95 depuis J. C. Une partie de ce^ Hui?> passa ensuite en Europe en l'an 176 de J. C. et y fit de grands ravages sous Attila.
Cinquième dynastie des Han , qui a duré 428 ans , et 107. jusqu'à l'année 220 de J- C. sous vingt-cinq Empereurs , partagés en deux branches. Cette famille , qui est la restauratrice de la littérature chinoise , eut de grandes guerres avec les Tartares ou les Huns ; et cela donna occasion aux Chinois de s'établir jusqu'à la petite Bukarie et vers la mer Caspienne , d'où ils eurent des relations avec les pays occidentaux. Ils en avoient déjà pu avoir auparavant: mais leur histoire est jusques-là si abrégée, qu'on n'y en trouve aucune preuve. Sous cette même fa. mille le Tum-Kim et la Cochinchine faisoient partie de l'empire chinois.
Cette année, un officier chinois parcourut les pays voi- 126. sins de la mer Caspienne, et se trouva dans une bataille que les Scythes livrèrent aux Parthes , ou aux successeurs d'Alexandre , établis dans la Bactriane.
Depuis ce temps les Chinois n'ont presque point cessé Tom. /. V v v
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Av j A d'être en relation avec les Indiens, les Perses, et même
les Romains : en voici des preuves avant et depuis J. C. tirées de leurs annales, quoiqu'elles parlent peu des étrangers. On a ignoré jusqu'à présent oes liaisons , et l'histoire de la Chine paroissoit isolée , et n'avoir aucun rapport avec les autres.
97» Le roi des Parthss envoyé des ambassadeurs avec des
présens à l'Empereur de la Chine; et un général chinois, dont les troupes s'étoient avancées jusqu'à la mer Caspienne, forme le dessein de porter la guerre chez les Romains, dont les Chinois connoissoient la puissance, et à qui ils donnent le nom de Ta-tsin, ou grand pays ; mais • ce dessein n'eut pas de suite.
Le christianisme paroît avoir pénétré de bonne heure à . la Chine par les Indes ; et les écrivains chinois le confon- Dep. dent avec ^a religion de Fo ou des Bonzes. Il y avoit aussi J» C. des Juifs établis parmi eux.
166. Les Romains ayant été empêchés par les Parties de faire le commerce pour la soie directement par la Tartarie et Kasghar, (la Casia de Ptolomée,) envoyent aux Indes, sous l'Empereur Marc-Aurèle Antonin, des marchands qui font des présens à l'Empereur de la Chine, et les écrivains chinois les appellent ambassadeurs de Gan-tun, roi du Ta-tsin.
On peut observer ici que le géographe Ptolomée , qui vivoit en ce temps , a nommé métropole des Sines la ville où les Indiens abordoient, c'étoit Canton ; et que ce qui lui fait partager la Scythie au-delà de Vlmaïïs en deux parties, sans qu'il y ait de raisons naturelles pour cela, c'est qu'il appelle Serique les conquêtes que les Chinois avoient faites dans la Tartarie méridionale et dans les pays par où venoit la soie , nommée Sericum.
2&4. Les annales de la Chine disent, qu'en cette année le Ta-tsin envoya des présens à leur Empereur.
461, Cette année, et plusieurs des suivantes, il vint divers ambassadeurs de Perse à la Chine , auprès des Empereurs du nord de la famille des Goei , qui étoient Tartares.