‹ Tablettes napolitaines (volume 2)Chapitre 51 sur 61 · LE JOUR DE NOËL ; GOURMANDISE DES NAPOLITAINS · texte numérisé non relu

LE JOUR DE NOËL ; GOURMANDISE DES NAPOLITAINS

Le sénat mit aux voix cette affaire importante , Et le tiurbot fut mis à la sauce piquante.

Chaque peuple à son tour a brillé sur la terre , Par les lois, par les arts, et surtout par la guerre.

Les Napolitains ont toujours brillé par la gastronomie , voilà ce qui doit les distinguer des autres nations , et leur faire jeter un grand éclat dans l'histoire. Je ne plaisante pas : si pour un buveur rien n'est plus admirable qu'un Anglais , pour un gourmand rien de plus respectable qu'un Napolitain. Noble ou plébéien , peu importe , chacun se fait un honneur et un plaisir de la gloutonnerie. Les approches du jour de Noël en offrent la preuve ; alors toutes les cuisines des palais, des maisons bourgeoises et des plus obscurs

réduits sont en combustion, et tout est en mouvement dans la ville de Naples , qui regorge de population. Des pâtres, par l'odeur alléchés , munis de flûtes aiguës et de cornemuses , descendent des montagnes et font une irruption dans cette capitale : à leurs longues casaques de poils de chèvre, à leurs guêtres de peaux de mouton , à leurs chapeaux de forme chinoise , vous les prendriez pour une espèce d'animaux humains toute particulière ; ils se répandent en grand nombre dans les rues ; ils assiègent les boutiques et les cafés, demandant la charité ; et, sans égard pour les oreilles de leurs compatriotes , ils font crier sans relâche ni paix , ni trêve , leurs infatigables instrumens , dont1 les sons déchirans vous poursuivent et vous atteignent en quelque lieu que vous vous réfugiiez.

Tout ce tintamarre a pour bu t de fêter la naissance de Jésus-Christ. Si à son entrée au monde ce divin enfant eût été accueilli

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