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méthode est des plus simples : iin homme s'approche d*un autre homme , comme pour lui demander des nouvelles de sa ^anté, et il lui enfonce sans bruit un poignard dans le cœur.
Les cafés sont encore au nombre des théâtres où se passent ces sortes de catastrophes.
Je me promenais devant le café d^ Italie r l'aperçois un rassemblement où il y avait plus de désœuvrement que de curiosité, plus de curiosité que d'intérêt : un individu se détache du groupe, je l'interroge; il me répond qu'un signore est entré dans le café d'Italie^ où il a poignardé un autre signore^ à l'instant où celui-ci prenait une tasse de
café. Le curieux me contait cela avec une
figure inaccessible à l'émotion, comme s'il avait parlé de la chose la plus à l'ordre du jour, la plus insignifiante. Je veux ajouter quelques nouvelles questions , mon homme était déjà loin; je m'àpprodie, j|!entre dans
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le café, où j'apprends que l'assassin, après avoir vu tcnnber sa victine dans son sang ^ s'est retiré sans marcher très-vite, et sans être poursuivi. Un parisien, M. Irisson^ était coniBfile, moi témoin de cet événement; nous ne trouvions pas d'expressions pour peindre rhoneur dont nous .étions pénétrés.
Avant d'étudier les habitans de Naples dans leurs relations intimes au sein de leurs pénates , j'ai dû les observer dans leur vie extérieur^, lorsqu'ib fréquentent les lieux publics : c'est là que l'homme , étant moins en garde contre les atteintes d'un explora-' teur, découvre plus aisément le^s endroits faibles : on ne se montre jamais mieux que lorâr qu'on croit n'être pas vu ; la nature, cessant d'être comprimée, reparaît avec son caractère primitif,, comme le bâton qui , n'étant plus captif au sein de l'eau , remonte à la surface. Je dirai peu de chose de ces hommes qui , asservis aux protocoles , attachés sans cesse à la chsdbe de$ usages, des étiquettes, sont des
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êtres artifidek ihoitié automates,. mcHtié singes et ne raknt pas les frais d'examen.
J'ai visité les bibliothèques.publiques, {e les ai trouvées à peu p^ès désertes; le peUt nombre d'individus occupés à «lire étaient étrangers : on dompte dans cette grande capitale à peine deux oa trcns cabinets, litterânres : non-seulement ils sont loin d'êti^ florissans, mais ils ne pourraient subvenir à leurs dépenses s'ib n'étaient tréqaentés par les Français et les Anglais ; en revanche, les cafés, multipliés bien plus qu'à Paris , ont peine à ' contenir la foule qui sans cesse entre et sort; aussi les deux battans des portes de ces re^ paires de TcMsiveté sont-ik jour et nuit perpétuellement ouverts :
Faciiis decensus avêrno est, Noctes attpie dies paêet airi tfamta ditis, "
Il ti'«st que trop itoë d« â«Mendre aux enfdrs. Les palais de Plutoa nuit et jour sont ouverts.
C'est dans les cafés que les Napolitains consument tout leur temps ^^$ d'insipides, en-
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tretiens , énervant leur santé par des liqueurs fortes, leur esprit par la lecture de feuilles plates et mensongères , qui ajoutent la corruption du goût à celle des mœurs.
Les habitans de Mytilène interdirent toute instruction aux enfans de leurs aUiés. Les tenir dans l'ignorance leur parut le meilleur moyen de les tenir dans l'asservissement ; sous ce rapport, l'invention des cafés est fort utile au gouvernement , car rien ne favorise autant l'oi^veté et l'éloignement de l'étude ; il existe un rapport, très-grand peut-être, entre la décadence d'un peuple et le besoin qu'il a de ces sortes d'étabUssemens.
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