‹ Tableu des guerres de le Révolution, de 1792-1815Chapitre 3 sur 79 · Il sera tenu un n^gistre «le toutes ses «lélibérations · texte numérisé non relu

Il sera tenu un n^gistre «le toutes ses «lélibérations

8. La trésorerie nationale «lemeurera imlépeudante tlu comité d’exécution, et soumise à la surveillance immédiate de la Convention.

Le «) avril un second décret ainsi couru , fut proposé par le Comité de salut public et adopté.

I. Il y aura constamment trois reprf'sentans du ])cuple , députés près de chacune des armées de la répid)licjuc; tous les mois l’uii des trois sera renouvelé.

INTRODUCTION

"i. Ils exerceront la surveillance l.a plus active sur les opérations cl('s agens du conseil exécutif, sur la cojuliiite des généraux, officiers et soldats de l’arniée; ils se feront journellement rendre compte de l’état des magasins, de toutes les especes de fournitures, ■vivres et munitions, ils porteront l’examen le plus sévère sur les opérations de tons les fournisseurs et entrepreneurs des armées de la république.

3. Ils prendront toutes les mesures qu’ils jugeront convenables pour accélérer la réorganisation des armées, l’incorporation des volontaires et recrues dans les cadres existans; ils agiront, pour cet effet, de concert avec les généraux et comniandans de divisions et autres agens du conseil exécutif.

Les représentans, députés ]irès des armées, sont investis de pouvoirs illimités pour l’exercice des fonctions qui leur sont déléguées par le présent décret; ils pourront employer tel nombre d’agens qu’ils croiront convenable; les dépenses extraordinaires qu’ils auront autorisées seront acquittées par le trésor public, sur des états visés par eux; leurs arrêtés seront exécutés provisoirement, à la charge de les adresser dans les vingt-quatre heures à la Convention nationale; et pour ce qui devra être secret, au comité de salut public.

5, Il est enjoint à tous agens civils et militaires d’obéir aux réquisitions des commissaires de la Convention nationale, sauf à eux à hiii c auprès de la Convention toutes les réclamations qu’ils croiront fondées.

ti. Les représentans du peuple, députés près les armées, prendront sans délai toutes les mesures nécessaires pour découvrir, faire arrêter et traduire au tribunal révolutionnaire tout militaire, tout agent civil et autres citoyens, qui ont aidé, conseillé ou favorisé d’une manière quelconque la trahison de Dumouriez, ou tout autre complot contre la sûreté de la nation, ou qui ont machiné la désorg.anisation des armées et tenté la ruine de la république.

Enfin le a3août, sous l’émotion causée par la reddition de Condé, de Mayence, de Valenciennes; au moment où le Calvados, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulon, prenaient parti ponr'/a Gironde où les Vendéens remportaient d’éclatantes victoires; où 10,000 royalistes se rassemblaient dans la T.ozère, près du camp de Jalès, quartier-général des intrigues réactionnaii’es du midi; où, derrière cette ceinture de mouveinens insurrectionnels, les coalisés vainqueurs pesaient sur toutes les frontières; au moment, où, à l’intérieur, la disette, le défaut «le travail, la disparition du numé-

INTRODUCTION

rairc tourmentaient un peuple inquiet, affamé, en proie aux passions les plus ardentes, parut le décret do levée en masse dont les principaux articles suivent :

I. Dés ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire tie la république , tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées.

Les jeunes gens iront au combat, les hommes mariés forgeront des armes et transporteront des subsistances; les femmes feront des lentes, des habits et serviront dans les hôpitaux; les enfans mettront les vieux linges en charpie; les viedlai'ds se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, la haine des rois et riinité de la république.

а. J. es maisons nationales seront converties en ca.sernes, les places publiques en ateliers d’arrnes, le sol des caves sera lessivé pour en extraire le .salpêtre.

3. Les armes de calibre seront exclusivement confiées à ceux qui marcheront à renneini ; le service de l’intérieur se fera avec les fusils de chasse et l’arme blanche.

4. Les chevaux de selle seront requis pour compléter les corps de cavalerie; les chevaux de trait, autres que ceux employés à l’agriculture conduiront l’artillerie et les vivres.

б. Les représentans du peuple envoyés pour l’exécution de la présente loi, auront la faculté de foire fabriquer des armes dans leurs arrondissemens respectifs.

Nul ne pourra se faire remplacer dans le service pour lequel il sera requis; les fonctionnaires publics resteront à leur poste.

8. I^a levée sera générale; les citoyens non mariés ou veufs sans enfans, de dix-huit à vingt-cinq ans, marcheront les premiers; ils SC rendront sans délai au chef-lieu de leur district, où ils s’exerceront tous les jours au maniement des armes en attendant l’ordre de départ.

f). Les i-eprésentans du peuple régleront les appels et les marches de manière à ne foire ai’river les citoyens armés au ])oint de rassemblement qu’à mesure que les snbsi.stances, les munitions et tout ce qui compose l’armée matérielle, se trouvera exister en proportion snfli.sante.

10. Les points de rassemblement seront déterminés par les circonstances et désignés par les représentans du peiqile envoyés pour l’exécution de la présente loi, stir l’avis des généraux, de concert avec le comité de salut ]iiiblic et le conseil exécutif |)iovisoire.

II. Le bataillon qui sera organisé dans chaque district .sera

INTRODUCTION

réuni sous une bannière portant cette inscription: Le peuple français debout contre les tyrans.

Les représcntans en mission ainsi que les généraux furent tenus de se conformer, par décret du i5 novembre, aux arrêtés du comité de salut publie, sans pouvoir s’en écarter sous quelque prétexte que ce fût.

Enfin le avril 1794, le comité de salut pidjlic eut la direction des relations extérieures , et devint ainsi l’arbitre de la paix et de la guerre.

Ce fut ainsi que du sein de terribles crises .soi fit raiitorité la plus énergique, la plus absolue qui jamais ait fait mouvoir les hommes; ainsi le comité de salut public centralisa entre ses mains toutes les forces de la France, et, par les représcntans en mission, étendit sa volonté une et inflexible aux arméi's et dans les déparleinens soulevés.

.Sous l’empire de la constitution de Tan ut, depuis le 9.T seplcmbie 1795 jusqu’en novembre 1799. le |)ouvoir exécutif fut exercé par le Directoire composé de cinq membres élus par les conseils et successf. emeut remplacés à leur cinquième année. La sûreté intérieure et extérieure tomba dans ses attributions, mais il ne pouvait déclarer la guerre; et les traités qu’il contractait n’étaient valables qu’après la ratification du corps légi.slatif. Bien qu’il eût la faculté de prendre des arrêtés, d’adresser des proclamations aux armées et qu’il eût de grandes prérogatives, jamais ses volontés ne furent exécutées avec la même ponctualité que celles du comité de salut public.

Le Directoire nommait les ministres qui devinrent responsables de leurs actes. Celui de la guerre exerça sa surveillance sur le personnel et le matériel de Tarmée; mais cette surveillance ne fut qu’illusoire, les abus et les dila[)idafions se multiplièrent, et sous le ministère du général Seberer, emplois et matériel, tout fut à l'encan.

La constitution de Tan viii remit le pouvoir exécutif aux mains de trois Consuls élus par les conseils pour dix ans ; mais dans cette trinité consulaire, Bonaparte seul apparaît et gouverne; dès le a août 180a, il est déclaré Consul û vie, tt le G mai i8o/|, le tribunal et le sénat le saluent empereur sans attendre la sanction du peuple. Alors ses pâles collègues rentrent dans l’obscurité. Les derniers vestiges du gouvernement républicain disparaissent, la monarchie française se relève avec plus de s|dendeur. Napoléon est souverain absolu. De lui émanent tous les pouvoirs: il commande aux armées de terre et de mer.

XIV hNTRODTJCriON.

Sous son règne, le ministère delà guerre depuis i8o4 jusqu’en i8i4, se divise en deux branches, materiel et personnel qui ont chacun à leur tète un ministre responsable. L’ordre et l’économie régnent dans toutes les parties de radministration. Ou sait à toute heure et pour tout évènement trouver le dernier homme, le dernier cheval, la dernière pièce de canon.

tj II.

Organisations suemsives de l'nrmce, et progrès de l’art niîlitairc pendant la révolution.

Avant la révolution, en 178g, l’année française était encore organisée comme à la fin de la guerre de sept ans. I.a composition et la force des différentes armes semblaient avoir été détcrininées par le hasard. Outre les 10,000 hommes de troupes dorées et galonnées de la maison du roi, il y avait 101 régimens d’infantei’ie de ligne et la bataillons d’infanterie légère, donnant à-peu-près 127,000 hommes, 1 régimens de carabiniers, a4 de grosse cavalerie, 18 de dragons, 12 de chasseurs et 6 de hussards, eu tout (J2 régimens qui pouvaient renfermer dans leurs cadres 35, 000 sabres; 7 régimens d’artillerie présentaient avec 6 compagnies de niineui-s et 9 d’ouvriers, environ 85uo hommes.

Indépendamment de cette force permanente et entretenue, il y avait encore lofi bataillons de milices, pouvant mettre éventuellement sur pied 77,079 hommes.

Des 101 régimens d’infanterie, il n’y en avait pas les quatre cinquièmes de français. On en comptait 11 suisses et 12 allemands, irlandais ou liégeois.

Tous les régimens français et étrangers , celui du roi excepté, avaient une force de 1200 hommes dans deux bataillons de cinq compagnies dont une de grenadiers ou chasseurs. Le régiment du roi présentait >294 hommes dans ses quatre bataillons, et les régimens suisses io33 au complet. Les bataillons d'infanterie légère n’étaient que de 446 hommes.

INTRODUCTION. A

Dans la cavalerie, il n’y avait que 4 régimens étrangers. I.ÆS carabiniers seuls étaient à l\ escadrons; les autres régiinens n’en avaient que 3 et leur complet ne dépassait pas 45o hommes.

Les régiinens d’artillerie avaient a bataillons de i6 compagnies et I loo hommes au complet.

La plupart des régiinens d'infanterie et de cavalerie portaient le nom d’une province ou d’une ville; un assez grand nombre pourtant , dans l’arme des dragons surtout , était désigné sous le nom des princes du sang ou d’antres familles ducales auxquelles ils semblaient inféodés. Les régiinens de chasseurs avaient conservé des dénominations toutes nationales, ainsi que ceux d’artillerie qui avaient pris le nom de leur garnison habituelle.

L’état-major général comprenait 1 1 maréchaux, 5 colonels-généraux, 169 lieulenans-généraux, 770 maréchaux de camp, ii3 brigadiers et Gq mestres-de-camp.

L’artillerie et le génie avaient leurs états-majors particuliers, surchargés de baillis d'é|)ée, d’avocats, de procureurs, de greffiers, d’huissiers et autres bas-officiers tle plunie.

Avec des éiémens d’origine, d’organisation et d’esprit si différens, il était impossible iratteiidro de bons résultats à la guerre. Les corps s’assemblaient sans confiance, marchaient sans ensemble et agissaient par rivalité ou jaloiisie, au milieu des conflits perpétuels du privilège ou de ramour projire.

En 1791, l’assemblée nationale qui avait sondé la plaie, entreprit la rélorine de l’armée et posa les bases de son organisation. Elle venait de fixer les proportions des diverses armes pour les mettre en rapport avec les besoins tlu service, de reconstituer l’état-major en eu éliminant toutes les inutilités et classant ses officiei’S d’après la nature de leurs fonctions , de iloiiner une organisation uniforme à tous les corps, d’effacer les dénominations oligarchiques des régiinens et des compagnies pour y substituer des numéros, de modifier la discipline en sujiprimant les punitions corporelles et les corx ées empreintes de servitude, de donner un nouveau réglement d’exercice à l’infanlei ie, enfin de remplacer les bataillons de milice par des bataillons île volontaires tirés de la garde nationale, lorsque la guerre éclata.

Le grand œuvre de la réforme ne put s’accomplir, il s’agissait de courirau-devant de l’ennemi. Cependant l'armée était comme bouleversée, les nouvdhs institutions n'avaient pas eu le temps d’y prendre racine, l’esprit de privilège et de routine se heurtait contre l'esprit d’égalité et d’innovation. I.ie8 régiinens étrangers assimilés, par les

IMRODUCTION.

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les lignes, la cavalerie était également répartie sur les ailes et avait pour couvrir ses flancs f\ à 6 bataillons, nommés pour cette raison flampieui-s. (/^oÿcs l’ordre de bataille n. i.)

Les marches stratégicpies étaient subordonnées aux approvisionnemens et à la possibilité d’en faire des distributions régulières. Les inarches-manreiivres s’exécutaient par ligne ou par portion de ligne. Les déploicmens étaient à peine connus.

A tous ces embarras, si l’on ajoute ceux qui résultaient inévitablement du transport des effets de campement, de l’abus des équipages des officiers-généraux et particuliers, on aura une idée de ce qu’était rarniée française lorsqu’elle entra en lice avec celles de la coalition.

Mais dès la fin de l.i seconde campagne d’importantes améliorations fuient introduites, tant ilaiis sou organisation que daus la maniéré de faire la crm-rre.

I/histoirc de l’organisation de l’année française se rapporte aux quatre périodes de la Convention , du Directoire, du Consulat et de l’Einpire, celle des progrès de l’art militaire est reuferinéc dans les deux, la République et l'Empire. Nous allons en donner les traits principaux.

,\u moment où rennemi, maître de Valenciennes et de Coudé, avait entamé la frontière du nord, où la guerre civile dévorait l’ouest, où le fédéralisme agitait Bordeaux, Marseille et Lyon, où les Espagnols prenaient Bellegarde et menaçaient Perpignan et où Toulon était livré aux Anglais; la (Convention ordonna le dédoublement et la réformation de tous les régimens d’infanterie. I.es anciens régimens, les bataillons de volontaires, les légions et les compagnies franches, formés depuis dix-huit mois, subirent à-lafois une fusion complète; on amalgama un bataillon de ligne dans deux de volontaires et l’on forma ainsi 196 demi-brigades de ligne, et 3o d’infanterie légère. Tons les corps de cavalerie irrégulière furent incorporés dans ceux de ligne qui fui ent portés à 85 régimens à/} escadrons, (^n créa en même temps 8 régimens d’artillerie à cheval.

Toutes les demi-brigades d’infanterie furent à 3 bataillons de 9 compagnies dont une de grenadiers, plus une compagnie de canonniers et durent présenter un effectif de 3aao hommes, et un total de 710,000 baïonnettes. Les cadres de la cavalerie offrirent dans /j8ü escadrons 60,000 sabres, et l’artillerie 5i, 000 combattans.

La coalition commençant à se dissoudre sous le directoire, l’infaiiterie fut réduite par suite d’un second amalgame à 100 dcnii-

xviii l.\ i'liUDL(n io.\.

brigades de ligne et à a6 d'infanterie légère , devant fournir dans 494 bataillons 5, 000 baïonnettes. La cavalerie, apres avoir éprouvé

une réduction de 9 rcgimens, subit encore une réforme dans ses cadres et n’eut plus tians ses 379 escadrons que 34,000 combattans. Les iG régiinens d’artillerie ne présentèrent plus que 34,000 hommes.

Sous le Consulat, c’est-à-dire dans l’espace de temps qui s'écoula entre le renversement du Directoire et l'érection de l’Empire, l’armée s’accrut considéral)lement. D’abord la garde du gouvernement qui .sous la Convention et le Directoire n’avait jias dépassé iSoohom. mes à pied et à cheval, forma un corps de G bataillons et 8 escadrons avec a batteries donnant S5oo hommes d’infanterie, 1300 de ia\alerie et 'jjo d’artillerie.

On conij)la alors 1 1 3 demi-brigades d’infanterie de bataille et 3i li'gères formant 53-3 bataillons et 5Go,ooo baïonnettes. Bien que le nombre des régiinens ilc cavalerie eût été réduit à 73 , l’auginentalion de leurs cadres dut en porter l’effectif à 71,000 chevaux. L’artillerie n’eut plus que i4 régimens dont G à cheval et perdit mille hommes de son complet.

L’accroissement graduel de l’empire apporta bientôt de nouvelles modifications à cette dernière organisation. Dans cette période, l’infanterie de la garde sc forma successivement dans l’espace de 10 ans, de 180.4 à i8i4, do 8 régimens de vieille garde à a bataillons de 8 compagnies, de iG régimens de moyenne garde de même formation , présentant ensemble une masse d’environ Go,ooo baïonnettes, <le 8 régimens de cavalerie réunissent sous leurs étendarils 1 1000 .sabres et île deux régimens d’artillerie donnant plus de G3oo canonniers.

liCs demi-brigades prirent le nom de régimens. Le complet de ceux-ci renferma 4Ô00 hommes en 5 bataillons, et le nombre des régimens fut porté jusqu’à i 5a dont 3a d’inlanterie. légère. Un compta après la création de 9 régimens de chevau-légei-s lanciers, 90 régimens de cavalerie de G à 8 escadrons , présentant chacun 1000 à 1800 chevaux et qui, au complet auraient mis en ligne 103,000 chevaux. A la même époque les i5 régimens d’artillerie comprenaient 3.5, 000 hommes dans leurs cadres.

Telles sont, quant aux cadres, les principales variations des organisations régulières ; nous ne faisons pas mention des organisations provisoires, ni des créations spéciales et hors ligne qui dans les deu.x ilernières périodes s’élevèrent de 5o à 70,000 hommes.

Enumérons maintenant les améliorations d’ensemble introduites dans les deux premières périodes qui comprennent à peine 6 ans

LMltUÜUCTIüX. XI»

(de 1 793 à 1 800). Oii supprima le grade de maréchal de France et la charge de commandant en chef devint temporaire. Il n’y eut plus qu’un seul et même corps d'officiers-généraiix pour tous le.s ser« vices; à la voix mâle et sévère de la Convention, le luxe des états* majors disparut. Un général de division, deux généraux de brigade, un adjudant-général cl deux adjoints, un capitaine d’artillerie, un capitaine du génie, un commissaire des guerres composèrent l’état-major de toutes les divisions actives ou territoriales, et durent suffire à toutes les exigences du service. I.es grades sans fonctions indispensables furent retranchés dans toutes les armes pour donner plus de force au commandement et raccourcir l’échelle hiérarchique jusqu’alors trop longue pour les ambitions subalternes.

Tous les régiinens reçurent une organisation plus forte et uniforme qui facilita leur embrigadement. La création de l’artillerie à cheval procura le moyen de donner du canon à la cavalerie et d’en porter promptement où il devenait nécessaire. L’expérience fit voir que pour tirer le meilleur parti des mineurs et des sapeurs dans les sièges, il fallait les mettre sous le commandcincnt immédiat des officiers du génie , et dès-lors ce corps devint une armée distincte qui rendit les plus grands services.

La brigade parut une unité tie force incomplète et trop petite: on en forma une nouvelle, composée de deux biâgades et qu’on nomma division. Chaque brigade contenait deux demi-brigades d’infanterie, un ou deux régiinens de cavalerie. La force de la division fut de la bataillons, 8à la escadrons 12 à i5,ooo hommes. On attacha à la division, outre 1rs pièces de bataillon, une batterie de 6 à 8 bouches à feu , en sorte (ju’elic fut en état d’agir isolément. 5 à () divisions formèrent une armée très facile à manier dans toutes les circonstances de guerre. {^Vuyez l’ordre de bataille n"!!.)

Dans les guerres méthodiques, on s’était astreint jusqu’alors à régler ses opérations sur la possibilité d’établir ses magasins et ses boulangeries. La néce.ssité et ledévoùment firent loi : le système de réquisition pourvut aux besoins des troupe.s, et lorsqu’il ne put fournir aux distributions régulières, on obvia à la pénurie en fourrageant sur place ou en cantonnant les troupes. Dès-lors nulle inquiétude pour les subsistances tant qu'on fil la guerre dans des pays fertiles, tels que les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Dès-lors les mouvemens furent plus rapides et plus audacieux ; au besoin les marches stratégiques s’exécutaient en poste, au moyen de relais établis d’avance. C’est ainsi par exemple, que la garnison de Mayence fut transportée en Vendée. Les marches-manœuvres n’é-

IMIlODLT/nOiN.

j)rouv**rfnt plus (l’einbarras, chaque division pouvant former eu cas de nécessité une colonne; dès-lors aussi rordre de bataille fui toujours ada|)té au terrain.

On suppléa au défaut d’instruction on tiraillant en grandes bandes, et cette manière de cond)attrcsi favorable à la bravoure individuelle des Français, et à laquelle l’ennemi n’était |ias accoutumé déjoua ses évolutions savantes et compassées.

Enfin on abandonna l’usage des tentes, parce qu’on reconnut que leurs avantages ne compensaient pas leurs inconvéniens et l’on préféra bivouaquer, barraquer ou cantonner, suivant l’occurrence des cas.

Là se bornent les changemens importans qui métamorphosèrent en moins de trois ans des cohues inexpertes et indisciplinées, mais enthousiastes de patriotisme et de gloire, en armées formidables qui renversèrent bientôt après plusietirs trôneset reculèrent les bornes de la France jusqu’au Rhin et aux Alpes.

Napoléon qui se vit tout-à-coup à leur tête, sembla d’abord vouloir mettre le sceau à leur organisation.

Iæ train d’artillerie qui , jusqu’en 1 800, n’était conduit que par de malheureux valets aux gages d’un entrepreneur, fut constitué militairement par bataillon, et cette première formation fut si heureuse, qu’on l’étendit quatre à cinq ans plus tard au train du génie et à celui de l’administration.

De (8o3 à 1806, Napoléon donna la cuirasse aux carabiniers et aux la régimensde grosse cavalerie. En i8ia, il créa grégimensdechevau-légers lanciers. Ainsi la cavalerie française, déjà si redoutable dans le choc, ne fut pas moins terrible dans la poursuite.

Indépcudainnient de ces améliorations de détail. Napoléon fil deux autres innovations qui ne contribuèrent pas peu à alléger pour lui le maniement de ces armées formidables. Il forma de trois divisions dont il retrancha la cavalerie, une nouvelle unité de force à laquelle il donna le nom de corps d’armée. Il affecta à un corps d’armée, suivant les circonstances , une brigade ou une division de cavalerie légère et uneréserved’artillerie, puis il créa des réserves ou corps de cavalerie indépendans d’une formation analogue. La réunion de aà4corpset d’une ré.servc de cavalerie formait alors unearméequi avait son état-major général, son parc général, ses équipages de siège et de pont {Voytz l’ordre de bataille 11°. 111) Cette nouvelle répartition des élémens constitutifs des armées permit au général en chef de manier des masses de ioo,o(x> hommes avec autant de facilité que

INTRODUCTlOiN.

jadis sons Tnienne on maniait une armée de afi à 3o,ooo, divisée par brigades.

Toutefois, il faut bien le reconnaître, à coté de ces perfectionnemens naquirent et se développèrent des abus qui neutralisèrent en grande parlie les effets de ces cliangemens utiles. Nous voulons p.irler des grands états-majors. Sous le Consulat, on vit reparaître des Jieutenans-généraux du général en chef, des premiers inspecteurs de l’artillerie du génie et de la gendarmerie, des aides-de-camp officiers-généraux, et bientôt après, sous l’Empire, un connétable, des maréchaux, des colonels-généraux, des aides-majors généraux de toutes armes qui ramenèrent dans l’armée a\ec le faste insultant des généraux de l’ancien régime , les jalousies, les rivalités, l’insouciance et l’ouhli des devoirs militaires qui sont toujours les signes précurseurs des grandes catastrophes.

TAltl.KAU

ORDRE DE R.Vl'AILLE

De l'armé de la Motell; pour l'eipédilion de Trêves au I" Décembre nOS.

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