‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 56 sur 57 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les auteurs dramatiques sont loin d'avoir épuisé toutes les ressources que leur olFre Tacite. Il y a dans les Annales et les Histoires^ maintes scènes d'un intérêt poignant qui n'ont pas été exploitées, maints personnages au relief nettement accusé qui n'ont pas été représentés. Lorsqu'un jour reprendra là vogue des sujets antiques, on reviendra sans aucun doute à notre historien.

Le théâtre ne sera pas le seul à profiter de ce retour, car tous les hommes sérieux, à une certaine époque de leur existence, reviennent d'instinct vers l'auteur qu'ils ont si mal connu dés leur première rencontre.

Notre vie se passe entre deux exemplaires de Tacite : celui de l'adolescence, feuilleté d'une main paresseuse et ennuyée, — et celui de l'âge mûr, relu lentement, longuement médité, aux heures de solitude que l'on aime à se créer, pour se reposer ou se consoler des brutalités de la vie. Plus on a vécu, plus on aime Tacite. Parmi tous les anciens, il n'en est peut-être pas un qui nous fasse plus penser ; pas un, qui ait mis en circulation plus de phrases dignes d'être des proverbes ; pas un dont la lecture soit plus

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suggestive et plus féconde. II y a toujours plaisir et profit

A lire ses écrits pleins de grâce et de sens,

Comme on boit d'un vin vieux qui rajeunit les sens.

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