‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 55 sur 57 · Scène V. — Ai^rippiur \iilii au [niaiH. \jph · texte numérisé non relu

Scène V. — Ai^rippiur \iilii au [niaiH. \jph

s'être disculpée, elle accuse à son tour, en ra(< "''■••"• l'accident dont elle a été victime :

Le ciel était serein et le vent insensible Rendait en ce moment le naufrage impossible. Tu parles de la nuit et d'«'cueils sous les flots. Mais pour me secourir, qu'ont fait tes matelots ? Qu as-tu tenté loi-mémeelpouniuoi ton courage Ne m'a-t-il pas au moins disputé au naufrage ? D'un œil indifférent tu voyais mon trépas. Ah! lu redoutais trop qu'il ne s'accomplît pas. Lorsqu'Acerronia, qu'entraînait l'onde amère, Criait : a De l'empereur venez sauver la mère », Ne vous a-l-on pas vu, pour étouffer ses cris, La cherchant elle-même au milieu dos débris. Redoublant de vos coups l'effroyable tempête, Sous la rame homicide ensanglanter sa tête ? Elle a péri, Romains, et moi, pour fuir la mort, Safts pousser un seul cri, j'ai nagé vers le bord; M'efforçant de cacher sous l'onde protectrice, Aux yeux des assassins mon front d'impé»atrice.

«Noctemsideribusctplacido mari quietam quasi convincedum ad scelus, dii prœbuere. Vcrum Acerronia. imprndentia dum se Agrippinam esse utque subvenirctur malri principis clamilat, contis et remis et quœ fors obtulerat. navalihus telis conficitur : Agrippina silens eoque minus agnita unum taracn vulnus numéro excepit. Nando, deinde occursu lenunculorum Lucrinum in lacum vecta, viUae suœ inferlur. » {Ann.,\Vf, 5.)

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Au dernier acte, le poète nous transporte dans la chambre à coucher d'Agrippine. L'impératrice a passe la nuit dans les terreurs les plus horribles. Dans un long monologue, elle rappelle la longue série de ses crimes. (Comparer ce discours avec celui que Racme pré.e à Agrippine, dans Britannicus.

La nuit ne finit point... jamais, jamais encore

Je n'a, tant désiré le retour de l'aurore.

Une vaine terreur,... delà terreur .> pourquoi } « Magis ac magis anxia », dit Tacite. (XIV 8) Elle s endort eulin et dans un cauchemar se lo i frappeepar son fils. Néron qui est entré par une

r V ...e, Agnppmc dans un long discours, implore P Ue, grâce, pardon. Pour condition, Néron exige qu Agr.pp,ne sanctionnera son mariage avec Popp e montrera à la foule sur le même char. Elle reluse. Des esclaves la tuent.

; ^°'"'''"' f'-^PP^^ «« flancs, ils ont porté Néron ! » « Ventrem feri. » (XIV, 8).

a d?are'"""". '"*"^"* <i'^S"Pme avec son fils du être suggérée au poète par ces mots de Tacite • : ^.^^P--"- matrem inanimem et formam or: ponsetus laudaverit, sunt qui tradiderint, suât qui abnuunt. » (Ann.. XIV, 8). En avançant c Ite visi"

coup de la tradition historique.

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§ î>- — Quelques autres pièces

Nous avons laissé de côté plusieurs pièces qui bien qu'inspirées par Tacite, n'oflrenl guère d'iulérèt : La Mort d'Agrippine de Cyrano de Bergerac, plusieurs Zénobie, plusieurs Séjan.

II y a pourtant encore deux pièces qui méritent d'être signalées : La Chute de Sèjnn, par Victor Séjour, el Messaline par Armand Sylvestre.

La Chute de Sêjan par Victor Séjour (18.49) ^^^ ^^ drame du genre romantique, dans le ^oùid' Ifernuni, de Marion Delorme et Marie Tudor. Les données principales de la pièce sont empruntées à Dion Cassius, puisque la partie des Annales qui relate la chute du favori de Tibère est perdue (livre V). Mais quelques détails ont été fournis par notre historien, à savoir l'intrigue amoureuse entre Séjan et Livie, la veuve de Drusus, (Ann., IV, Sg, ^o), la dénonciation par Apicata, femme de Séjan, du crime commis par son mari sur la personne de Drusus Ann., IV, II), et enfin le grand discours-ministre prononcé au troisième acte par Séjan est un résumé à grands traits du troisième livre des Annales.

En 1903/MM. Armand Sylvestre et Eugène Morand ont donné, à la Gaieté, un drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux sous le litre de Messa-

line.

C'est au livre XI des Annales (chap. 36-38) qu'ils ont pris le portrait de la royale prostituée, qui sans cesse affamée d'amour et de plaisirs, « courait chaque jour, suivant le mot de l'historien, à des volup-

Delamarre '*

lés inconnues », ad incognitas libidines proflaebat. La passion de Messaline pour l'histrion Mnestera pu leur donner l'idée d'imaginer un caprice d'un jour pour deux gladiateurs.

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