‹ TaciteChapitre 108 sur 138 · Ars poet.y · texte numérisé non relu

Ars poet.y

n'ont pas le goût si fin ou si difficile que les Romains, en fait empaqueter les exemplaires avec soin, et les envoie à Utique ou à Ilerda *. On vendait donc en province les livres bons ou mauvais qui paraissaient dans la capitale. Il s*y trouvait des libraires, ce qui causait quelque surprise à Pline le jeune, qui croyait sans doute, comme beaucoup de beaut esprits, que le monde finissait aux limites du pomœrium. Mais sa surprise se tourna bien vite en satisfaction quand on lui apprît qu'ils tenaient ses ouvrages, et que les provinciaux les lisaient et les admiraient beaucoup : c Je commence à croire, disait-il, que mes livres ne sont pas loin d*étre parfaits, puisque, dans des pays si différents, le goût de gens qui se ressemblent si peu s*accorde à les estimer •. » On voit que sa réputation n*avait pas mis longtemps à pénétrer jusqu'en Gaule. Celle de Martial était allée plus loin encore, puisqu'il nous dit que t la Bretagne chante ses vers • >. C*est qu*on croyait, en le lisant, se trouver au milieu des sociétés légères de Rome, et que c'était un plaisir aussi vif pour un Breton ou un Gaulois de cette époque que c*en était un d'entendre parler des salons de Paris pour un seigneur allemand ou russe de la fin du siècle dernier.

Les nouvelles politiques. — Comment elles arrivent du dehors à Rome. — Les nouvellistes. — Comment elles parviennent de Rome aux provinces. — Les correspondances. — TaMlariu — La poste impériale. — L'État s'en réserve le monopole»

C'est surtout à la communication des nouvelles politiques que sert aujourd'hui le journal, et il nous paraît

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