‹ TaciteChapitre 15 sur 138 · Suétone, Vespas.f 1 et · texte numérisé non relu

Suétone, Vespas.f 1 et

correspondance de Pline. On sait que Pline mettait une sorte de coquetterie à être en relation avec tout ce qu'il y avait de gens de quelque importance. Or, il est rare de rencontrer, parmi ceux auxquels il écrit, des noms qui appartiennent à l'ancienne aristocratie. De ces descendants de la liberté, posteri libertatis *, comme il les appelle, la cruauté des Césars en avait bien peu laissé ^. Tout récemment encore Vitellius venait de faire mourir un Dolabella, qui n'avait commis d'autre crime que de sortir de la famille des Cornelii '. Aussi est-on tout surpris, après qu'on avait tué tant de Pisons, d'en trouver encore un, en plein règne de Trajan, qui lit de petits vers devant une assemblée d'auditeurs complaisants ^. Mais c'est une exception ; presque tous les correspondants de Pline portent des noms nouveaux, et la plupart sont originaires des Gaules, de l'Afrique ou de l'Espagne. En général, ils ont fait leur chemin par des voies honorables. Les pères ont occupé chez eux des magistratures municipales ; les fils ont passé par l'armée, par les charges de finance, sont venus s'établir à Rome et y ont fait souche de sénateurs. Tous affichent un grand amour pour les lettres : c'est une façon de justifier et d'ennoblir leur fortune. Non seulement ils ont étudié l'éloquence pendant leur jeunesse : bien parler est un talent indispensable pour un magistrat romain; mais ils s'occupent de philosophie ou même composent

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