Ann
nement de l'Empire que le luxe fut poussé le plus loin à Rome. Les grandes familles, dépouillées d'une partie de leurs privilèges politiques, pensaient se distinguer du reste des citoyens et tenir encore leur rang en menant une existence magnifique. On leur avait laissé le droit de se ruiner, elles en abusèrent. Les dépenses de la table, la beauté des villas, le nombre des esclaves, la recherche des objets d'art et des meubles précieux, les prodigalités envers les amis, les clients, les affranchis, entamèrent les fortunes les plus considérables. Les rigueurs de l'autorité impériale contre tous ceux qui portaient de grands noms et possédaient de grands biens firent le reste.
Pendant l'époque qui s*étend d'Auguste à Néron, l'aristocratie ancienne disparut presque entièrement. A sa place, il s'en forma une autre, qui venait des villes municipales d'Italie ou des provinces. Ces nobles nouveaux apportaient à Rome les habitudes de simplicité et d'économie qui leur étaient ordinaires chez eux, et, quoique la plupart soient arrivés assez vite à faire de grandes fortunes, le vieil esprit se conserva. La réforme vint surtout, ajoute Tacite, de l'exemple que donna Vespasien. C'était un bon bourgeois de Réate, d'une famille de soldats et de petits banquiers, qui détestait l'étiquette et les cérémonies pompeuses, qui n'était jamais si heureux que quand il allait revoir la maisonnette où il était né, et qu'au lieu de ces vases murrhins qui coûtaient des fortunes, il buvait dans le gobelet d'argent qui avait servi à sa grand'mère et lui rappelait sa modeste enfance*. L'exemple de l'empereur et le désir de lui plaire en l'imitant fut plus efficace que toutes les lois somptuaires de l'ancienne République.
Ces renseignements sont tout à fait confirmés par la