‹ TaciteChapitre 24 sur 138 · Sénèque, de Benef.^ II · texte numérisé non relu

Sénèque, de Benef.^ II

3. Aqric.^ 4 : locum grseca comitate et provinciali parsimonia mixium ac bene compositum.

du monde, un administrateur fort intelligent, un très habile politique, autant qu'un excellent général. Quand il maria sa fille, il occupait à Rome une situation très élevée : il était consul, et allait partir pour la Bretagne, dont il devait achever la conquête.

Tacite, qui, nous l'avons vu, n'aime pas à introduire le public dans sa vie privée, n'a dit qu'un mot de- sa femme. Au moment où ii nous raconte qu'il fut fiancé avec elle, il l'appelle c une jeune fille de belle espérance ^ >. L'éloge paraît d'abord assez froid; mais la façon dont il a parlé de son beau-père, la douleur que sa mort lui causa, le livre qu'il a consacré à sa mémoire, montrent combien il lui était reconnaissant de lui avoir donné sa fille.

Une autre conséquence de ses succès oratoires fut son entrée dans les fonctions publiques. < Ma situation politique, dit-il, fut commencée par Vespasien, accrue par Titus, et portée plus haut encore par Domitien 2. > En marquant aussi nettement les trois degrés qu'il a successivement franchis, il semble bien indiquer les trois étapes par lesquelles on s'acheminait d'ordinaire à la dignité suprême, c'est-à-dire au consulat. 11 faut donc croire que Vespasien l'a fait questeur ^, Titus édile ou tribun du peuple, et Domitien préteur. Dans cette carrière, le premier pas devait être l'un des plus difficiles. La questure ouvrait la porte du Sénat, et le nombre était grand de ceux qui désiraient y entrer; les vingt places de questeurs, qui se donnaient tous les ans à cette jeunesse impatiente, étaient donc très disputées. L'empereur s'en réservait un certain nombre, que vrai-

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