‹ TaciteChapitre 31 sur 138 · Deoraty II · texte numérisé non relu

Deoraty II

b6 TACITE.

tance qu'elle a pour les Romains, ils y ont fort peu réussi. Il traite mal les anciens annalistes, qui ne savent pas écrire ; quant à ceux qui, comme Caelius Antipater, se sont mis plus tard à l'école des Grecs, il lui semble qu'ils les imitent mal, et en somme il n'hésite pas à dire : c Nous n'avons pas d'histoire, abest historia a litteris nostris *. » Il y avait donc là une bonne place à prendre, et, naturellement, il s'est demandé quelles qualités on exige de ceux qui prétendent l'occuper, c'est-à-dire quelles sont les lois de l'histoire.

La première de toutes, c'est que l'historien soit véridique. c II faut qu'il établisse avec soin la date des événements qu'il raconte ; qu'il décrive les lieux qui en ont été le théâtre; qu'il en indique les causes et les résultats; qu'il peigne les mœurs et les caractères des personnages, surtout qu'il les juge sans passion, et qu'il dise les choses exactement comme elles se sont passées. > Une phrase courte et frappante lui suffît pour résumer ces obligations : ne quid falsi dicere audeaiy ne quid veri non andeat ^. Dire la vérité, toute la vérité, sans faiblesse, sans réticence, voilà la règle suprême : avonsnous rien trouvé de mieux aujourd'hui?

Mais, pour dire la vérité, il faut la connaître, et ce n'est pas toujours facile. Il y a toute une science délicate, compliquée, de découvrir les documents qui la contiennent, de les choisir, de les apprécier, de les interpréter. Cette science, les anciens l'ont-ils connue et pratiquée? En général, on en doute. Dans tous les cas, Cicéron n'en dit rien, ce qui semble bien prouver qu'elle ne leur paraissait pas aussi importante ou aussi difficile qu'à nous. Ils n'étaient pourtant pas étrangers à ce que nous appelons € la critique » ; Quintilien nous dit

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