‹ TaciteChapitre 6 sur 138 · DiaL, 8 et · texte numérisé non relu

DiaL, 8 et

avec des sentiments de parvenu, aimant surtout Téloquence pour les succès bruyants et les jouissances matérielles qu'elle procure. Évidemment ce n'est pas lui qui exprime la pensée de Tacite. Ce serait plutôt Maternus, l'aimable et courageux Maternus, qui maltraite les délateurs et dit leur fait aux tyrans. Mais, en sa qualité de poète, Maternus célèbre la paix des bois et les charmes de la solitude; il conseille de fuir pour elle c le Forum insensé et glissant », et Tacite, au contraire, au moment même où il faisait parler Maternus, ne songeait qu'à se plonger dans les périls de la vie politique. Celui qui le représente le mieux, c'est Vipstanus Messalla, un homme d'action et un homme d'études, un soldat et un lettré, tout jeune encore et déjà célèbre, « le seul qui se fût jeté dans les guerres civiles avec des intentions honnêtes * ». Il est naturel que Tacite, qui semble avoir été son ami, qui ne parle jamais de lui qu'avec la sympathie la plus vive, lui ait confié, dans le Dialogue, la défense des idées qui leur étaient communes.

Nous avons du reste un moyen tout à fait certain de nous en assurer. Pour connaître quelles sont véritablement les opinions qui appartiennent à Tacite dans son ouvrage, cherchons, autant qu'il est possible de le savoir, celles qu'il a mises en pratique dans sa vie et dont il s'est fait une règle de conduite. Messalla ne cache pas qu'il a peu de goût pour les rhéteurs et leur manière d'enseigner. En regard de cette instruction d'école, toute d'artifices et de procédés, il place le tableau de la vieille éducation romaine, du temps de la République. Il montre le jeune homme amené par son père chez un orateur en renom, admis dans son intimité, assistant à son travail, quand il se prépare à parler en

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