‹ TaciteChapitre 68 sur 138 · Ann.f II · texte numérisé non relu

Ann.f II

dans les amphithéâtres le laissent assez froid, et il trouve qu'en somme, le sang qui coule dans ces combats n'est guère précieux, vili sanguine^* Il prend très aisément son parti du supplice de ces quatre cents malheureux qu'on mène à la mort uniquement parce que le hasard a voulu qu'ils aient couché dans la maison où leur maître a été assassiné. C'est une injustice assurément; < mais y a-t-il moyen de tenir cette engeance autrement que par la terreur^?» Que nous sommes loin de la largeur et de la liberté d'esprit de Sénèque, si humain, si généreux, si dégagé des opinions de son époque, qui a si bien parlé des esclaves, qui condamne avec tant de force les combats de gladiateurs, qui proclame si hautement < que l'homme doit être sacré pour rhomme ! » Il est vrai que ce même Sénèque dit, quelque part, de la façon la plus naturelle du monde: € Quand un enfant naît faible ou difforme, nous le noyons. > Tant il est difficile de résister tout à fait aux préjugés même les plus monstrueux, quand autour de nous ils sont acceptés de tout le monde 1

Opinions religieuises de Tacite. — Comment la théologie stoïcienne donnait le moyen d'unir la croyance à Tunité de Dieu avec la pratique des cultes populaires. — Tacite croyait-il à la magie, aux présages, aux oracles? — Son opinion sur les Juifs et les cbréiieiiB.

Ce mélange singulier d'idées élevées et de préjugés populaires, nous allons le retrouver en étudiant les

Page 1