‹ TaciteChapitre 69 sur 138 · Ann., XIV · texte numérisé non relu

Ann., XIV

1 ii TAQTE.

ciHiyances religieuses de Tacite : c'est une étude qm achève de nous le faire bien connaître.

Il u*a fait nulle part^ d'une manière expresse, sa profession de foi, et vraisemblablement, sur ces questions si dtMioates, il n'avait pas de principes bien arrêtés. Nous voyons qu'à propos de l'immortalité de l'âme, il ne va pas au delà d'une espérance : si quis manibui pKirtim iocus •. Il est probable qu'il s'en tenait à ce mono- Uiôisnie indécis qui, grâce à la philosophie grecque, éluit dev*enu la croyance de tous les esprits cultivés. (Test ce qui semble ressortir du passage célèbre où, uud^i^ sa haine pour les Juifs, il rend hommage à rêlévaliou de leurs doctrines. « Ils ne conçoivent Dieu, du ilv que pur la pensée, et n'en reconnaissent qu'un »eul; ils traitent d'impies ceux qui, avec des matières pOH^sublos. st^ fabriquent des dieux à la ressemblance do llunuuu^ ; le leur est le Dieu suprême, éternel, dont ^uu«4^"» we ^nnit être reproduite, et qui ne doit pas ^H^nr. Aussi ne soutYrent-iis aucune effigie dans leurs \ tUoH, ouoore uuùus dans leurs temples, point de statues, ui |HHU^ rtiUter leurs rv>is, ni pour honorer les Césars *. » Sau^ \htv expr^^sseuieut qu'il pense comme eux, il me ^\Muble quM le bisse entendre par la façon dont il ^'o\^H ui^e l os uiOmes sentiments se retrouvent dans uh |Mvx<^jii\^ iit^H^rtaut où il parle des Germains : c Ils o^^*^out v(vrotu^»risvnmer leurs dieux dans des murailles v^u Uvx ^\v^uvsoutor SiHis une forme humaine, c'est faire \^uli\<^v ;^ U u^ iTt^uiuteur. Us consacrent à leur culte les In^kx o^ lo>i fvuVtSx et ces uiv>>tèrieuses solitudes, où ils lv^>^ v^vUuvut n;u\s K^ vv>ir. leur semblent être la divinité iuvUuo* % Ict ouov^re. il ua pas besoin de nous dire v|UO ^\^^ M^muuout est ovuu'oruie à celui des Germains,

nous voyons bien qu'il lui paraît que ce peuple barbare a trouvé la véritable manière d'honorer les dieux.

Est-ce à dire que, dans la vie ordinaire, Tacite se soit abstenu de fréquenter ces temples où Ton c emprisonnait » les dieux de Rome et de prendre part aux cérémonies qu'on célébrait en leur honneur? Non, sans doute. Comme presque tous les gens de sa condition, il joignait à la croyance à un Dieu unique la pratique d'un culte qui en suppose une multitude. C'était sans doute se mettre en opposition avec soi-même; mais, outre que ces sortes de contradictions, en matière religieuse, sont partout assez communes, une secte philosophique, la plus importante de toutes à ce moment, avait trouvé moyen de tout concilier. Les stoïciens, contrairement à l'idée qu'on se fait d'eux, ne dédaignaient pas la popularité; ils s'adressaient à' un public plus étendu qu'on ne croit et faisaient beaucoup de concessions pour le gagner. C'est ainsi qu'ils imaginèrent un système qui permettait à ceux qui professaient des doctrines philosophiques de s'accommoder sans trop de répugnance de la religion de leur pays. Ce fut un jeu, pour ces moralistes adroits, d'interpréter les légendes les plus étranges de la mythologie, celles dont Horace disait qu'elles apprennent à se mal conduire S de manière à les rendre raisonnables et morales. Pour accorder ensemble l'unité de Dieu et le polythéisme, la tâche était plus difficile; mais le caractère même des religions antiques aida les stoïciens à y réussir. Comme elles n'avaient pas de dogmes précis, de symbole arrêté, d'enseignement théologique, elles opposaient peu de résistance aux tentatives qu'on faisait pour les modifier en les interprétant. Ces théologiens subtils, à force de

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