‹ TaciteChapitre 72 sur 138 · Ann., XV · texte numérisé non relu

Ann., XV

3. N'y a-t-il p«is une piquante épigramme dans cette phrase des Hisloirrs : « Nous avons cru que les arrêts du destin promettaient l' Km pire à Vespasien, après qu'il y est arrivé. »

i.llist.,n, 1.

infligé un supplice épouvantable, que ne justifiait pas l'intérêt public t et qui n'était qu'une satisfaction donnée à la cruauté d'un homme >, si bien que les cœurs s'étaient émus de compassion à ce spectacle. Mais, pour les uns et pour les autres, Tacite n'a écouté que les préventions communes ; il a parlé d'eux comme on en parlait autour de lui. Les Juifs, amenés à Rome en grand nombre après le triomphe de Pompée, s'y étaient fkit très vite, comme partout, une place importante. Gicéron nous dit qu'en cinq ans ils devinrent si nombreux et si puissant? qu'ils troublaient les assemblées populaires et qu'un orateur qui ne voulait pas soulever des tempêtes était obligé de les ménager *. Ils formaient à Rome Une population misérable propre à tous les métiers. Tandis que les hommes allaient faire du bruit au Forum pour le compte des agitateurs qui les payaient, les femmes disaient la bonne aventure à domicile *, les enfants, dressés au métier par leurs mères, tendaient la main aux passants dans les bosquets d'Egérie, à côté des marchands d'allumettes soufrées, des marins qui apitoyaient les passants en montrant le tableau de leur naufrage, et d'autres mendiants de cette sorte 3. Us habitaient, au delà du Tibre, ces faubourgs où affluait, selon le mot de Tacite, tout ce qu'il y a d'infamies et d'horreurs dans le monde*, et qui ressemblaient sans doute aux quartiers sordides où ils s'entassent aujourd'hui dans les grandes villes de l'Orient. Tout se réunissait donc, ce qu'on voyait et ce qu'on entendait dire, pour donner d'eux une fâcheuse opinion à des gens déjà pleins d'un mépris superbe à

Page 1