Martial, XH
4. Ann., XV, 44 : quo cuncta undique atrocia et pndenda et n* flHunl,
l'égard de ces nations de l'Asie t nées pour la servitude* »
Voilà ce qui indisposait Tacite contre les Juifs beaucoup plus que leurs croyances religieuses. En les attaquant il cède à une opinion qui était générale autour de lui ; mais il y cède avec tant de violence qu'il semble que cet homme grave perde toute mesure quand il parle d'eux. Il prend alors un ton de colère et de dépit qui n'est pas celui qui convient à l'historien. On dirait qu'il ne peut pas trouver de termes assez violents pour les accuser; il force les expressions, il accumule les griefs, sans prendre la peine de les justifiera
Sa haine pour les chrétiens, qui s'exprime du même ton, paraît bien avoir la même origine. Il ne les confond pas tout à fait avec les Juifs, puisqu'il les désigne par un nom particulier, qu'il connaît l'auteur de la secte, qu'il nous dit l'époque précise où elle a commencé d'exister 3. Mais il sait « que ce fléau est sorti de la Judée », et cela lui suffît pour les condamner. Aussi voyons-nous reparaître les mêmes expressions violentes, démesurées, qu'il a prodiguées contre les Juifs : execrabilis s'uperstitio,.. per flagitia invisos.,, sorties et novissima exempla meritos. Remarquons encore ici qu'aucune preuve n'est donnée de toutes ces accusations; on ne nous dit ni quels sont ces forfaits qui les ont rendus exécrables, ni ce qui leur a mérité les dernières rigueurs.