Ann,, III
lôurs propres lumières ce qui est honnête ou criminel^ ce qui sert ou ce qui nuit. Les exemples d'autriii sont l'école du plus grand nombre ^ >
Oti s'est beaucoup élevé de non jours contre cette manière de ooncevoir Thistoire. Rien pourtant ne me semble plus naturel. Du moment qu'on est d'accord à croire que l'étude du passé a un autre but que de divertir les ourieuk) on est amené à la faire servir à l'éducation morale du présent. Le père d'Horace apprenait à son fils à se bien conduire en lui montrant, comme exemple, les petites gens du voisinage, et Horace paraît s'être bien trouvé de cette méthode* Quand l'histoire est vraie, c'est-à-dire vivante, les événements d'autrefois nous semblent d'hier, et les personnages antiques deviennent nos contemporains. Peu à peu nous nous familiarisons avec eux; ils sont bientôt pour nous ce qu'étaient les voisins pour le père d'Horace, et nous nous appliquons à nous-mêmes les réflexions que leur vie nous suggère. Qu'on le veuille ou non, oti a bien de la peine à s'empêcher de faire de la morale avec l'histoire. Je reconnaii pourtant qu'il faut y mettre quelque discrétion. Un historien trop préoccupé d'instruire pourrait être entraîné^ pour rendre la leçon plus frappante, à faire ses honnêtes gens plus honnêtes et ses méchants plus méchants qu'ils ne Tétaient en réa^ lité. Il serait bien possible que Tite-Live n'eût pas tout à fait échappé à ce travers. Le mieux est de raconter les faits aussi exactement qu'on le peut, et de laisser le lecteur tirer de cette image réelle de la vie la leçon qui lui semble en sortir. Mais nous pouvons être certains qu'il en tirera toujours quelqu'une.
Elles seront probablement de nature assez différente. L'histoire^ dans la variété de ses récits, nous faisant