‹ TaciteChapitre 86 sur 138 · IHst., I · texte numérisé non relu

IHst., I

2. IHst., I, 1. Omnem potestatem ad unum confem pacis interfuit,

3. Tacitus ist Monarchiste aber aus Noth, man kônnte sagen atu Verzweiflung, Mommsen^ Acad. de Berlin j 1880.

Ce qui peut manquer au jugement de Tacite sur les Césars. — N'a-t-iî pas été trop préoccupé des considérations morales? — Ne s'est-il pas trop étroitement enfermé dans Rome.' — A-t-il tenu assez de compte de la situation des provinces et de l'administration de TEmpire? — D'où vient, dans la manière de juger le régime impérial, la diiïérence entre les historiens anciens et ceux d'aujourd'hui ?

Avant de clore cette longue enquête sur le degré de confiance qu'on peut avoir en Tacite, rappelons en deux mots les résultats auxquels elle nous conduit. Il ne s'agissait pas seulement de. relever dans ses ouvrages quelques fautes de détail : aucun livre d'histoire, surtout chez les anciens, n'est exempt de ces menues erreurs. Nous voulions savoir s'il est vrai, comme on l'a dit, qu'il ait calomnié les Césars. La question est d'importance, car ici les reproches qu'on fait à quelques hommes rejaillissent sur tout un régime politique; en condamnant les empereurs, on discrédite l'Empire. J'ai essayé de faire voir qu'il n'y avait rien, ni dans la naissance de Tacite, ni dans son caractère, ni dans son entourage, ni surtout dans ses opinions, qui en fît un ennemi nécessaire des princes dont il écrivait l'histoire et l'empêchât de voir et de dire sur eux la vérité. Ce qui nous assure qu'il l'a dite, c'est que les autres historiens de ce temps sont d'accord avec lui et les jugent comme il l'a fait lui-même. On peut donc affirmer, je crois, qu'il a tenu sa promesee de parler des événements et des hommes « sans faveur et sans haine ».

Je m'explique pourtant, — et je voudrais faire comprendre, ^— comment il se fait que de bons esprits se 8oient trompés sur son compte, et pourquoi, étant si honnête et si sincère, il a inspiré tant de méBîànce, La raison

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m'en paraît être que, si le portrait qu'il a tracé des Césars est exact, il n'est pas complet; tout un côté est resté dans Fombre, et, tandis que, sans l'omettre entièrement, il l'éclairé moins que le reste, c'est au contraire celui que les historiens d'aujourd'hui mettent le plus volontiers en lumière. Ainsi leurs jugements diffèrent des siens parce qu'ils ne se placent pas tout à fait au point où il s'est mis lui-même. Ce n'est pas une contradiction formelle, mais une sorte de malentendu^ qu'il est possible, je crois, de dissiper.

Pour être sûrs de comprendre la raison des jugements de Tacite, il faut ne pas oublier l'idée que les historiens antiques, surtout chez les Romains, se font de l'histoire. Ils la regardent avant tout comme une école de morale. Tite-Live le dit expressément en tête de son grand ouvrage : c Ce qu'il y a de plus salutaire et de plus profitable dans l'étude du passé, ce sont les exemples et les leçons qu'elle nous donne. Elle nous montre, avec un éclat qui frappe tous les yeux^ ce qu'il est utile de faire dans l'intérêt de l'Etat et dans le nôtre, et, par le spectacle des actions mauvaises et nuisibles, elle nous apprend ce qu'il faut évitera » Salluste est moins explicite; il se contente de dire, au commencement du Jugurtha^ que : c le récit des choses du passé est fort utile ». Sur le genre de services qu'il peut rendre, il ne s'explique pas « de peur d'avoir l'air de faire l'éloge de son métier ». Mais on voit bien que, s'il avait été moins réservé, il aurait parlé comme Tite-Live. Tacite est aussi clair que possible. < Le mérite principal do l'histoire, dit-il, est de préserver les vertus de l'oubli et d'attacher aux actions et aux paroles perverses la crainte de la postérité •. » Et ailleurs, d'une manière plus précise encore : « Peu d'hommes distinguent par

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