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ABRIS POUR L'ARTILLERIE

Les batteries de la défense peuvent toujours et celles de l'attaque, quelquefois, créer des abris pour les pièces et pour les servants; ces abris ont la propriété de réduire les pertes dans une proportion qui varie entre la moitié et les deux tiers.

Lorsqu'on n'a que de SO à 30 minutes et qu'on ne dispose que des pelles fixées aux affûts et aux caissons (1), on construit à droite et à gauche de l'emplacement de chaque pièce des abris pour les servants (fig. 98).

Si, après l'achèvement de ces abris, il reste encore du temps, on élèvera devant la bouche à feu un léger épau- . lement dont les terres seront extraites d'un petit fossé A (fig. 99).

Cet épaulement, de même que la masse couvrante des abris de servants, n'aura que l'épaisseur nécessaire pour

(1) En Belgique, 3 pelles sont fixées à l'affût du nouveau canon de campagne et 3 au caisson. Une batterie pourvue de 3 caissons pourra donc disposer de 27 pelles, ce qui est suffisant pour construire les abris les plus simples ; les autres exigent 6 pelles par bouche à feu, nombre égal à celui des servants et qui n'est atteint que lorsque les 6 caissons ont fourni leurs pelles à la batterie.

proléger la pièce et les servants contre les balles et les éclats d'obas.

Quand la batterie aura un soutien spécial d'infanterie, lequel ne devra pas immédiatement entrer en action, une partie de ce soutien construira des abris plus résistants avec les outils portatifs dont toutes les troupes devront être désormais pourvues.

Les figures 100, 101 et 102 font connaître les types qu'il convient dappliquer dans ce cas.

Si le terrain est résistant, on établit les bouches à feu sur le sol, pour qu'elles aient le plus grand champ de tir possible. On applique alors le type figure 102 qu'on peut simplifier en ne donnant à la masse couvrante que l'épaisseur nécessaire pour résister aux balles et aux éclats des obus.

Lorsque les pièces doivent être établies sur une terre meuble ou labourée dans laquelle les roues et les crosses des affûts s'enfoncent, on creuse leurs logements à 40 ou 50 centimètres sous le sol.

Ces abris présentent à l'ennemi un but moins visible que ceux des batteries non enterrées, mais ils ont les inconvénients suivants :

1° La bouche du canon s'élèvant peu au-dessus du sol, l'étendue du champ de tir est faible;

2° II est difficile de bien égaliser le fond du logement, et ce fond est généralement plus mou que le terrain natu* ref non labouré ;

3"^ £n cas de pluie, l'eau s'amasse dans l'abri ou en détrempe le sol.

Les abris demi-enterrés sont très avantageux pour des pièces établies sur une hauteur. Dans ce cas, en effet, il est plus facile de creuser un logement en arrière du

sommet que de niveler remplacement de la bouche à feu avec de la terre rapportée. £n outre, lorsque la volée du canon se trouve à peu près au niveau du point culminant, le parapet se confond avec le terrain environnant, ce qui rend le tir de l'ennemi plus difficile et plus incertain.

Dans les circonstances où un terrain resserré doit être occupé par un grand nombre de pièces, on pourra employer les abris accouplés que nous avons proposés dans notre Manuel de fortification passagère (pag. 392 et suivantes). La figure 106 représente ce type d'abri.

Si, à proximité des batteries (50 pas au plus), il se trouve des couverts naturels, on y placera les caissons du l''' échelon (l par section). S'il ne s'en trouve pas, on formera, sur le côté de la batterie, des couverts artificiels qu'on reliera aux abris des pièces par des communications creusées dans le sol [voir fig. 103, pi. Vlll).

Les avant-trains sont également placés dans des couverts rapprochés (30 pas au plus) ou, à défaut de ceux-ci, dans des abris exécutés d'après les indications des figures lOi et 105, plantïhe IX.

Pour masquer les abris et rendre le feu de l'ennemi moins dangereux, on peut :

1*» Planter des branches d'arbre au pied du talus extérieur de la masse couvrante et dans les intervalles des abris ;

2" Revêtir le talus e'itérieur d'une terre ayant la teinte qui caractérise le sol environnant;

3"" Creuser à 50 ou 60 mètres en avant de la batterie un petit fossé avec parapet de 0"™50 à 0"60 de hauteur (1).

(1) Cette recommandation est extraite du Manuel abrégé pour le service de Vartillerie de campagne russe.

Nous avons également emprunté à ce manuel les figures 98 et 99.

L'expérience a démontré que la plupart des projectiles ennemis éclatent près de cette tranchée et non dans Tabri.

Le même effet se produit lorsqu'on élève, sur le bord du fossé extérieur des batteries continues, un petit glacis de 0^60 de hauteur qui se confond de loin avec le parapet.

Le général Schnéegans a indiqué un moyen analogue pour protéger les batteries sans avoir recours à des masques naturels ou artificiels. Il consiste à porter les batteries un peu en arrière de la crête occupée par la l*^** ligne de bataille, pour que le rayon visuel de l'ennemi ne rencontre pas l'épaulement, et à creuser en même temps, à 15 ou 20 mètres en avant, une tranchée avec masque en terre apparent. Cette tranchée ne sera pas occupée. L'ennemi croira que c'est de là que parlent les coups dirigés contre lui et, en conséquence, il réglera mal son tir, lequel sera trop court.

Dans tous les travaux que nous venons d'énumérer, on ne doit pas exiger une grande netteté d'exécution, surtout du côté qui fait face à l'ennemi, parce que l'irrégularité des terrassements contribue à les rendre moins visibles.

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