PRESCRIPTIONS CONCERNANT LA. MARCHE ET LE TIR DE L'ARTILLERIE
Marche.
Lorsque rarlillerie se déplace avec un soutien, c'est celuici qui doit éclairer le terrain dans toutes les directions.
Loin de l'ennemi, chaque pièce marche suivie de son caisson. Les chariots de batterie, raffut de rechange, la forge et les chevaux de main sont à la queue.
Dès qu'on prévoit un engagement prochain, les pièces prennent la tête de la colonne et les caissons les suivent.
« C'est au commandant des troupes auxquelles l'artil- » lerie est attachée qu'il appartient de fixer la place que » doivent occuper, dans les colonnes, les batteries, les » sections (colonnes) de munitions et les sections (colonnes) » du parc » (1).
Le parc d'artillerie suit ordinairement le corps d'armée à 1 ou 2 journées de marche. Il est accompagné, s'il y a lieu, d'une escorte d'infanterie.
(1) Instruction provisoire (française) sur le service de l'artillerie en campagne 1876.
La l'« zone de combat de l'arlillerie commence à 2,40(^ mètres et finit à 1,800 mètres; la 2^ zone commence à 1,800 mètres et finit à 1,100 mètres; la 3° zone commence à 1,100 mètres et finit à 700 mètres.
En dehors de la l'« zone, rarlillerie avance par les routes, en colonne par pièces, ou en colonne par sections à distance entière et à intervalle réduit (5 pas d'axe en axe). Elle tâche d'exécuter à couvert les marches et les déploiements qui précèdent la mise en batterie sur les positions choisies. Les déploiements se font, autant que possible, en arrière des -emplacements que doivent occuper les pièces. Si le terrain le permet, on abandonne la formation en colonne dès que Ton est sous le feu de l'ennemî.
Les batteries déployées se portent droit devant elles en évitant les mouvements obliques et de flanc, qui augmentent les pertes et ralentissent la marche. Cette recommandation est surtout importante, lorsque l'artillerie s'avance dans la l'*' ou dans la 2° zone.
Pour changer de position sous le feu de l'ennemi, lorsqu'on ne peut pas avancer en bataille, on fait usage de colonnes de batterie, parce que la formation et le déploiement de ces colonnes exigent moins de temps qu'il n'en faut pour sortir d'une longue colonne par pièces, et parce qu'une colonne de l'espèce essuie aussi plus de pertes, la dispersion latérale des projectiles étant faible et la dispersion longitudinale très forte.
Les colonnes de batteries sont formées par sections à intervalle ouvert et, seulement à intervalle réduit, lorsqu'elles doivent s'avancer en présentant le flanc aux batteries ennemies.
La marche en colonne par pièces est inévitable dans les terrains coupés.
Les mouvements en avant se font aux allures vives, ceux en arrière au pas, excepté quand il s'agit d'échapper à un danger immédiat ou de démasquer promptement des troupes qui ont pris position en arrière.
Sauf dans certains cas exceptionnels, comme, par exemple, lorsque l'artillerie doit se porter à la sortie d'un défilé, toutes les batteries du groupe sont amenées au feu simultanément afin d'obtenir d'emblée la supériorité tactique et d'éviter que l'ennemi, après avoir réglé son tir sur une batterie en action, n'accable les autres batteries avant qu'elles n'aient ouvert leur feu.
Les instructions données à l'artillerie prussienne, en novembre 1872, admettent cependant la mise en battçrie et l'ouverture successives du feu — mais pas avec moins d'une batterie — « lorsqu'on est remarqué et canonné par V l'ennemi et lorsqu'on doit utiliser rapidement un moment » favorable et très passager. »
Les changements de position en avant et en arrière, à portée efficace de l'ennemi, se font par échelons s'il y a plus d'une batterie, pour que l'artillerie ennemie ne reste pas un instant sans être inquiétée. Le l""" échelon comprend la plus forte moitié des pièces. Il se porte en avant à travers champs (1) avec la plus grande célérité, en ligne déployée ou en ligne de colonnes de batterie à intervalles de déploiement. L'autre échelon reste en place et continue à tirer.
(1) A moins qu'il n'y ait des routes ou des chemins permettant d'arriver en position sans faire de détours, ce qui se présente rarement.
Ce dernier ne commence son mouvement que lorsque le premier a ouvert le feu.
Les échelons de munitions ne se mettent en marche qu'après que toutes les batteries sont en position.
Dans la défense, on amène les pièces, en les soustrayant aux vues de Fennemi, derrière les emplacements qu'elles doivent occuper, on les met en batterie à bras d'hommes et on les pousse ensuite de la même manière dans leurs abris.
Tlp.
Pour apprécier les effets du tir de l'artillerie à diverses distances, il importe de connaître les écarts prcbables m portée et en direction.
Ces écarts pour les canons rayés de 9 et de 8 centimètres, sont les suivants (1) :
DISTANCES