TIR INDIRECT : EXPÉRIENCE FAITE AU CAMP DE
BEVERLOO EN 1879 (1).
Un tir de position a été exécuté en 1879, au camp de Beverloo, contre une colonne par sections, à distance entière, représentée par 4 cibles de 1"70 de hauteur et de 20 mètres de longueur; la colonne était abritée par un épaulement de 1°^80 de hauteur. Les cibles étaient placées, la 1^ à 3 mètres de Tobstacle, les autres à 20 mètres Tune de Tautre.
100 des meilleurs tireurs étaient postés à 1,200 mètres; le résultat obtenu a été de 19.95 p. c. Il parait plus concluant qu'il ne Test en réalité.
A 1,200 mètres la balle s'abaisse d'environ 0^1226 par mètre. Celles qui ont rasé 'la crête intérieure du talus, que nous supposons être de 1/1, doivent donc avoir frappé la 1"» cible à
(2) (4,80 X 0,1226) — 0,10 = 0,488 sous son bord supérieur.
Les projectiles qui, passant par-dessus la 1^ cible, en ont
effleuré le bord, ont touché le sol à —rr- = 13°^86 en arrière. Il y a donc, entre la 1" et la 2® cible une bande de 20 — 13,86
(1) Extrait d'un article de J. D. sur le tir indirect publié, par la Belgique militaire en nov. 1880.
(2) DifTérence de hauteur entre Tépaulement et la cible .
= 6™ 14, où les balles sont inofFensives. II en est de même entre deux autres cibles successives (I).
Si nous menons un plan horizontal par le bord supérieur des cibles, nous remarquons : 1° que toute balle qui rase la crête intérieure de Tobstacle coupe ce plan à 0™82 au delà ; or, la cible se trouvant à 4™80 de cette crête, nous avons 4'"86 — 0'°82 = 3'"98 battu par les balles ;
2° Entre 2 cibles successives, nous avons encore 20 — 6,14 = 13'°86 id. ; ce qui fait en tout 3"'98 + (3xl3"86) = 45"56 de profondeur ;
30 Ce plan ayant une largeur de 20 mètres, nous donne : 20 X 45.56 -= 91 1"^-*- 20 battus.
Les mêmes troupes, en colonne par le flanc, sans doubler les
files et faisant face à l'ennemi, présenteraient :
P 3^98 de la crête à I" file, )
> 23™98 de nrofondeur * 29 20 mètres de la 1" à la dernière file, j ^ '
3® Les files de 2 hommes ont un fi'ont de 1™20, ce qui pour les 4 pelotons, donne 4'"80, soit : 4.80 X 23,98 = 1I5««I0 battus.
Or, si une surface de 911,20 a reçu 19.95 p. c. des projectiles,
une autre de 115,1040 en aurait reçu — — ?^ " '^ ^ = 2,51
p. c. à peu près.
Nous sommes loin des 19.95 p. c, et Ton voit, ce qui, est évident d'ailleurs, que, si les troupes sont convenablement disposées, le feu plongeant est moins meurtrier que le feu direct.
Est-il besoin d'ajouter qu'une compagnie, dans cette situation, pourrait se rapprocher de l'obstacle et se coucher.
Tout ce qui précède nous prouve que les effets du tir plongeant
(i) Remarque. Les balles qui frappent le haut de la 4« cible, laquelle se trouve à 4'n80 + (3 X 20) = 64'n80 delà crête, ont passé à 64^80 X 0,1226 = 7,94 — 0,iO = 7m84 au-dessus de cette crête. Les iOO tireurs ont donc produit une gerbe fort étendue, en n'employant qu'une seule hausse.
ne doivent ni nous éblouir ni nous elQfrayer, car la configuration du terrain est inconnue, nous ignorons les positions occupées par l'ennemi, et si, par hasard, nous inquiétons une fraction de troupes, celle-ci, ne se démoralisant pas, se portera hors de nos atteintes sans que nous nous doutions même du mal que nous Avons produit.
i%.nnexe no 13.