FEU INDIVIDUEL
Dans l'hypothèse que chaque coup est ajusté, chacune des espèces de feu (salve ou bien feu de tirailleurs) promet à peu de chose près les mêmes résultats. Mais la possibilité et la probabilité de bien viser sont plutôt du côté du feu de tirailleurs que du côté du feu de salves, et l'on pourrait de ce chef reconnaître
un avantage au feu de tirailleurs sur la salve. L'instruction de tir mentionne également cet avantage, bien qu'il ne faille pas y attacher grande valeur.
L'avantage, inhérent au feu de tirailleurs, n est pas lÀ. Tandis que dans l'exécution de la salve d'essaim le chef de peloton est le seul agent de la conduite du feu, que l'attention de tous les tirailleurs doit être tournée vers lui pour rendre la salve possible et que l'intervention d'un chef de groupe ne pourrait que porter préjudice à cette attention et rendrait par cela même la salve impossible, les chefs de groupe deviennent, au contraire, dans l'exécution du feu de tirailleurs un agent essentiel de la conduite du feu : ils contrôlent dans leur petite sphère l'emploi des munitions et la direction du feu. Ils sont en mesure, à des moments déterminés, de porter complètement leur attention sur le chef de peloton, de percevoir à la vue les ordres qui ne parviennent plus à la voix, de transmettre tous ces ordres aux groupes et de veiller à leur exécution. Leur coopération dans la conduite du feu parait si importante qu'il semblerait sage de prescrire toujours un feu de tirailleurs d'une cartouche au lieu de salves dans les cas où celles-ci sont possibles. On pourrait par ce moyen, en ce qui concerne la discipline du feu, arriver au même résultat que par l'emploi des salves et obtenir d'un autre côté plus d'effets, parce que la hausse, le pointage et la direction du feu restent soumis au contrôle ou à la rectification du chef de groupe.
Le feu de tirailleurs formant la règle dans le combat en ordre dispersé prendra, suivant la situation du combat, un degré différent de vivacité; le feu de tirailleurs sera donc d'après cela plus lent ou plus vif. Le degré de vivacité est déterminé par la fixation du nombre de cartouches à brûler et la durée des pauses de feu. Quand ce nombre est de trois et au-dessus et que les pauses de feu sont de courte durée, le feu doit être considéré comme vif et se rapproche beaucoup du feu rapide.
^nne3E.e n" ISS.