‹ Tactique de combat des trois armesChapitre 49 sur 55 · SALVES D'ESSAIM ET FEUX DE TIRAILLEURS · texte numérisé non relu

SALVES D'ESSAIM ET FEUX DE TIRAILLEURS

L'exécution de salves sur la ligne des tirailleurs exige de la part des hommes, avec les petits pelotons du temps de paix et une bonne instruction de la troupe, l'attention la plus soutenue au commandement, et de la part du chef de peloton un commandement pénétrant et bien connu des honmies. Si le commandement laisse à désirer, s'il vient à changer, les salves ne réussissent point ; il se produit de l'agitation, de l'incertitude, finalement la nécessité 'de passer au feu de tirailleurs et cela déjà dans nos manœuvres de paix avec des cartouches à blanc, où chaque honmie est porté à ne se préoccuper que du commandement et pense peu aux objectifs en raison de l'absence de résultats. Qu'on se représente maintenant dans le combat une troupe mo1)ilisée, dont la plupart des gens ont pendant longtemps été privés de l'instruction voulue, dont les chefs de peloton n'ont pu que rarement encore ^miliariser les hommes avec leur commandement et chez qui la voix et la routine du commandement font souvent aussi défaut ; ajoutez à cela des pelotons d'un front au moins double de ceux du pied de paix, l'agitation du combat et la chute des projectiles ! Combien de salves serait-il possible d'exécuter dans ces conditions avec une troupe bien disciplinée et la meilleure bonne volonté de la part de tous les exécutants?

On peut admettre que l'exécution des salves d'essaim sera possible dans bon nombre de situations du combat, par exemple :

(l) Extrait de L'armée française^ n" du 20 février -1881 .

Au commencement du combat de feu ;

Aux grandes distances ;

Dans le cas d'un feu ennemi peu intense ;

Pendant de longues stations sur de bonnes positions, si les pertes ne sont pas considérables ;

4vec de petits essaims de tirailleurs, qui ne sont pas en liaison avec une longue ligne de tirailleurs, etc.

Mais, dans tous ces cas, la salve n offrira aucun avantage sur le feu de tirailleurs bien disciplinés ; au contraire, dans les cas précités on est encore tellement maître du feu qu'on est en droit d'attendre plus de résultat du feu de tirailleurs.

Ainsi donc, dans le cas où la salve d'essaim est possible, elle ne présente aucun avantage, tandis que, dans ceux où elle parait nécessaire pour rester complètement maître du feu de la troupe, elle devient impossible, parce que le commandement peut à peine réussir à se faire comprendre même de la moitié du peloton, et qu'en outre, l'attention des hommes en raison de la grandeur du péril est trop tendue du côté de l'adversaire pour pouvoir d'une manière continue et coup par coup être suspendue au commandement.

Cette courte étude doit suffire pour poser la conclusion suivante : « Il faut employer la salve d'essaim dans les cas où elle promet d'être avantageuse et peut être employée pendant longtemps. »

Il s'ensuit que la salve d'essaim doit être pratiquée en temps de paix, mais que dans l'instruction de la troupe, dans le combat de feu en ordre dispersé, il faut s'attacher suii^ut au feu de tirailleurs, parce que, dans le combat, c'est lui qui sera la règle.

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