EXÉCUTION DE LA MARCHE DE FLANC
Les armées alliées se mirent en mouvement le 24 septembre pour traverser la Belbek et prendre position en vue des forts du nord. C'est de cette position que devait commencer ensuite la marche vers la gauche. Les Français quittèrent leurs bivouacs à neuf heures et les Anglais quelques heures plus tard. Chaque division française marchait sur deux colonnes, la 4* division en tète, la i'* division ensuite, puis la 3% la 2« et la division turque. Tout en marchant, la tète de colonne obliquait un peu à gauche pour s'éloignei de l'embouchure de la Belbek. Les Français se dirigeaient
sur le moulin d'Uschakova, les Anglais sur le village de Belbek. On fit halte vers midi avant d'arriver à la Belbek, et ravant*garde se mit à rétablir les ponts détruits par les Russes, On se remit en marche à une heure et demie pour traverser la Belbek et aller camper sur les hauteurs de la rive gauche. La 4"" division française était la plus rapprochée des ouvrages russes, dans un bois qui n'est qu'à 2500 pas du grand fort du nord. Les Turcs étaient immédiatement derrière elle près de la Belbek et, à Test des Turcs, les autres divisions françaises. Les Anglais occupaient Taile gauche, entre Otarkoi et Kamischli,
On arrêta, dans la soirée, les détails de la marche de flanc qu'on voulait faire. Il y avait deux chemins à prendre ; soit gagner directement, par les ruines d'Inkermann, les hauteurs qui commandent le sud de Sébastopol, soit marcher plus à gauche sur la ferme de Mackensie, pour gagner la . route de Baklschisérai à Balaclava. Le premier chemin était le plus court et le plus facile, et c'est celui qu'il fallait pren* dre si la marche de flanc avait eu pour but une attaque im** médiate de Sébastopol ; mais si l'on ne projetait pas cette attaque, l'autre chemin était le plus sûr, quoique le plus-long» Les Français opinaient pour le premier, les Anglais pour le second. Les troupes étaient mauvaises marcheuses, et il semblait exagéré de leur £siire faire environ IS kilomètres pour attaquer Sébastopol aussitôt après. Du moment qu'on voulait différer cette attaque, il paraissait préférable de commencer par gagner une base d'opérations, hors de la portée du èanon de la place, oîi l'on serait en communication avec la flotte et mettrait les bagages en sûreté. Les Anglais, dont les soldats portent sur eux fort peu de vivres, avaient une quantité considérable de bagages sur des chevaux de bftt et des voitures à bœufs. L'opinion des Anglais prévalut facile-» ment, parce que le maréchal de Saint*Arnaud, malade et mourant, devenait d'heure en heure moins en état de donner 3es ordres. Ëi eomme le général Ganrobert, qui devait lui succéder, n'avait pas encore pris le commandement le 24, les Français n'avaient réellement pas de général en chef*
La question principale étant résolue, les détails de la marche sont réglés de la manière suivante : les Anglais forment l'avant-garde, ils se dirigent sur la ferme de Mackensie et de là sur Balaclava, en traversant la Tschernaia^ pour s'emparer de suite de la base d'opérations que Ton cherche. Les Français viennent ensuite sur deux colonnes, la principale à peu près sur la même route que les Anglais ; et une autre, composée de la 4*" division française et des Turcs, doit servir de garde de flanc et marche plus près de Sébastopol, pour couvrir le gros de l^armée contre les entreprises que tenteraient les Russes des forts du nord. On reconnaît dans ces trois colonnes les trois parties dans lesquelles doit toujours se fractionner une troupe qui fait une marche de flanc : le gros, l'avant-garde qui doit occuper les défilés et écarter les obstacles, et la garde de flanc.
Les Anglais et trois divisions françaises forment ici le gros ; la division anglaise la plus avancée est Tavant-garde; la garde de flanc, commandée par le général Forey, se compose de la 4^ division française et de la division turque. La principale colonne française était sous les ordres de Canrobert.
L'ennemi par rapport auquel la marche devenait une marche (le flanc était supposé sur le flanc droit de la colonne, dans Sébastopol et surtout dans le fort du nord. Il n'est pas superflu de faire cette remarque, puisque Menschikoff étant déjà en marche sur Baktschisérai, ainsi que nous l'avonsdéjà dit, les conditions se trouvaient donc complètement changées, de façon que c'étaient les Anglais qui formaient par le fait la garde de flanc.
Le mouvement devait commencer à 6 heures du matin. La flotte reçut l'ordre de faire un feu très-vif contre le fort du nord et le fort Constantin, pendant la journée da 25, afin d'éloigner l'attention des Russes de la marche des alliés.
Menschikoff sortit de Sébastopol dans la nuit du 24 ao 25 ; il traversa la Tschernaia au pont de pierres de l'auberge {TrakHr)j et prit la voûte de Baktschisérai, pour aller pr^-
dre position sur la Belbek à Otarkoi et Salankoi. II faisait ainsi de son côté une marche de flanc. On apercevait deSébastopol les feux de bivouac des alliés depuis Uschakowa jusqu'à Eamischli. La nuit venue, Menschikoff dirigea son extrême avant-garde par le pont dlnkermann sur la rive droite de la Tschernaia, pour aller former une garde de flanc immobile contre Uschakowa et KamiscUi, jusqu'à ce que le gros de la calonne eût dépassé le pont de Traktir. Les Cosaques de Tavant-garde se heurtèrent vers minuit aux grand gardes et aux patrouilles des Anglais et jetèrent ainsi Ta* larme dans leur camp. Mais les Anglais reconnurent bientôt qu'ils n'avaient pas à craindre une attaque des Russes, et ils reprirent leur repos interrompu* Néanmoins l'alerte de la nuit eut pour résultat de retarder le départ des Anglais le 25 septembre.
Les Anglais semirent en mouvement dans la matinée. Ils marchèrent à gauche sur Kamischli, formés sur une colonne principale, à laquelle servait de base leur ordre de bataille habituel, tel que nous avons appris à le connaître à l'Aima. La division légère était en avant, accompagnée cette fois de la cavalerie, puis venaient la 1" division, la 2% la 3% les bagages, et enfin la 4^ division. Dès le départ, la tête de colonne rencontra les bois qui s'étendent de Kamischli à la ferme de Mackensie. Ces bois, dont l'épaisseur n'est pas la même partout, sont coupés par un seul chemin de traverse, assez mauvais, qui suit un ruisseau, affluent de la Belbek. En dehors de ce chemin, lejbois n'est facilement praticable que sur certains points, au moyen de chemins non frayés et de clairières. Cet unique chemin fut affecté à la cavalerie et à l'artillerie, et l'infanterie dut s'ouvrir un passage à travers bois sur les côtés du chemin. A midi, la division légère approchait de la ferme de Makensie où les bois commencent à s'éclaircir, pour se terminer ensuite à la route de Baktschisérai. Lord Raglan se trouvait, avec son état-major, à la tête de cette division. Lorsqu'il déboucha du bois, il aperçut tout près de lui et sur la route vers Tscherkesskerman des troupes russes et un convoi de voitures. C'était l'arrière-garde de
Menschikoff , laquelle venait de faire sa halte à Makensîe, lieu d'étapes pour les troupes russes consistant eu quelques hangars en bois et trois puits. Raglan fit aussitôt attaquer les Russes par quelques pièces de canon, la cavalerie de Tavant-garde et* un bataillon de riflemen. Les Russes furent surpris ; ils ripostèrent au feu des Anglais, mais se retirèrent ensuite rapidement, en abandonnant à Tennemi uti certain nombre de voitures.
Ce combat de l'avant^garde anglaise occasionna quelque retard dans la marche de la colonne.
Vers midi, toutes les troupes anglaises paraissant être en mouvement, les Français pouvaient les suivre dans les bois. Les deux colonnes françaises se mirent donc en marche, pendant que la flotte ouvrait le feu contre les forts du nord. Mais, vers deux heures, la tête de la principale colonne française rencontra les bagages anglais arrêtés au milieu des bois. Les Français cherchèrent alors à se frayer un passage à côté du chemin, mais ils reconnurent bientôt que c'était impossible. L'ordre fut donné de faire halte en attendant que les Anglais se remissent en marche. Le général Forey, Tjui n'avait pas encore atteint les bois, devait rester en vue des forts du nord et attendre, pour se remettre en marche, que le gros de la colonne Teût entièrement dépassé.
La division légère et la 1'® division anglaise s'étaient déployées en dehors du bois, à la ferme de Mackensie, et après avoir rétabli l'ordre un peu troublé dans là traversée du bois, elles continuèrent leur route jusqu'à la Ts$hernaia, qu'eDes atteignirent au pont de Traktir, à la nuit tombante. EBès campèrent près de là, après s'être assurées de ce défilé.
Il faisait déjà nuit lorsque les 2* et 3« divisions anglaises arrivèrent à Mackensie, et les bagages, ainsi que la i^ division, étaient encore dans le bois* Raglan fit alors camper les 2* et 3* divisions à Touest de Mackensie. Les bagages et la 4« division, qui avaient cherché à se frayer un chemin à travers bois, n'arrivèrent que dans la nuit sur la grande route de Baktschi serai, à Test des 2* et 3« divisions. Les Français ne purent se remettre en marche qu'à six heures, après qua-
tre heures de halte, et la colonne principale, marchant dans une obscurité presque complète, ne fut réunie qu'à minuit aux environs de Mackensie. Forey, qui marchait le dernier, n'arriva dans son bivouac qu'à trois heures du matin. Les puits avaient été presque mis à sec parles Anglais, et l'armée française eut fort à soufTrir de la soif.
Le mouvement continua dans la matinée. Lord Raglan, qui avait rejoint la division légère, marcha avec elle sur Balaclava, et les autres divisions anglaises le suivirent. L'armée française s'ébranla le 26 à sept heures du matin.
Saint- Arnaud, abattu par la maladie contre laquelle il luttait depuis si longtemps, remit le commandement au général Canrobert dans le camp de Mackensie. Celui-ci conduisit l'armée sur la Tschernaia, où Saint-Arnaud prit congé d'elle pour aller s'embarquer à Balaclava. Il mourut le 29 septembre surle Berthollet.
Lord Raglan arriva près de Balaclava vers midi, à peu près à la môme heure que les Français arrivaient sur la Tschernaia. La ville et son port étaient dominés par un ancien fort génois presque entièrement ruiné. La garnison russe se composait d'un bataillon grec dont la plus grande partie s'était réfugiée dans Sébastopol à l'approche des alliés. Néanmoins, le commandant de ce bataillon occupait encore le fort avec environ 60 hommes, et il ouvrit sur les Anglais le feu d'une petite batterie de mortiers. Raglan, qui ne s'attendait pas à rencontrer de la résistance, fit aussitôt couvrir d'artillerie et d'infanterie les hauteurs environnantes et répondit au feu des Russes. Après quelques coups de canon, ceux-ci hissèrent le drapeau blanc et se rendirent prisonniers de guerre. Pendant que Raglan entrait à Balaclava du côté de la terre, quelques vapeurs de la flotte pénétrèrent dans le port.
Les jours suivants, les troupes alliées commencèrent à installer leurs camps sur la presqu'île de Balaclava, et se préparèrent à attaquer Sébastopol. Sur les désirs du nouveau général en chef français, Tordre de bataille jusqu'alors adopté fut modifié en ce sens que les Français occupèrent l'aile
gaucbe et les Anglais Taîle droite. Ce changement était motivé sur ce que les Anglais avaient déià Balaclava pour communiquer avec leur flotte, tandis que les Français ne pouvaient trouver ces communications que dans les bassins de Kasatsch et de Kamiesch, situés plus à l'est, et qu'ils devaient s'en rapprocher le plus possible.
Si nous recherchons les motifs de la marche de flanc commencée le 24 septembre et achevée le 26, nous trouvons que ce furent : le doute où étaient les alliés de pouvoir s'emparer par une attaque de vive force des ouvrages an nord de Sébastopol ; la crainte de rencontrer des difficultés à vivre s'ils restaient longtemps devant les forts du nord et par conséquent, le désir d'avoir une communication j^us sûre et plus courte avec leur flotte ; enfin, mais seulement en troisième ligne, le dessein d'attaquer le sud de Sébastopol contre lequel ils croyaient le succès d'un assaut plus certain .
Les deux premières considérations, d'une nature purement défensive, l'emportaient d'avance sur la troisième, et celle-ci n'était qu'une excuse que se donnaient les alliés pour renoncer à attaquer les forts du nord. Cette pensée de donner l'assaut à la ville s'évanouit enfin lorsqu'après la marche de flanc, on s'occupa de se donner une base d'opérations et de faire les préparatifs d'un siège, que l'on avait rendu nécessaire en donnant aux Russes le temps d'entourer Sébastopol de véritables fortifications.
Le danger de la marche de flanc se réduisait à rien, parce que les alliés avaient d'un côté, dans la garnison de Sébastopol, un ennemi trop faible pour les inquiéter et de l'autre côté, l'armée de Menschikoff, qui ne songeait qu'à leur échapper et à se placer dans une position favorable.
Les plus grandes fautes de cette marche de flanc furent sa lenteur, son commencement tardif, et les tâtonnements lorsqu'elle fut commencée. Si cette marche avait eu lieu 24 heures plus tôt, elle rencontrait Menschikoff allant de Sébastopol à Baktschisérai , contre-carrait ses desseins, | amenait presque nécessairement un combat dans lequel les
alliés étaient probablement vainqueurs, et pouvait avoir les suites les plus décisive». — Par le fait, le succès décisif qui devait couronner la marche de flanc ne fut obtenu qu'un an plus tard 1
De quelques marches de flancs remarquables dans les
guerres les plus récentes.
On rencontre dans les dernières guerres plusieurs marches de flanc qui méritent d'être mentionnées sous certains rapports. Au lieu de les analyser aussi complètement que les précédentes, nous nous contenterons de signaler celles qui nous ont paru les plus remarquables et d'en faire ressortir les côtés saillants. Nous renonçons à citerdes exemples d'autres marches que des marches de flanc parce qu'on trouve dans ces dernières toutes les circonstances importantes des marches en général, et, en outre, parce que les marches de flanc ont conservé jusqu'à nous la réputation d'être particulièrement difficiles, difficulté de plus en plus contestable à mesure que le perfectionnement des armes à feu force les armées à ne pas s'approcher trop près les unes des autres avant de se déployer. Cette contrainte gênera surtout le général intelligent qui voudra reconnaître avant d'agir, afin d'opérer ensuite avec plus de rapidité et de décision.
MABCHE DE FLANC DE NÀPOLlfiOI^ III D*ÀLEXANDRIE À NOYÀRE
PAR VBRCEIL.
Le 20 mai 1859 eut lieu le combat de Montebello entre l'extrême droite des Franco-Sardes et un fort détachement de l'armée autrichienne. Peu de jours après l'armée alliée se trouvait concentrée sur la ligne de Voghera, Alexandrie, Casale et Verceil. Les Autrichiens occupaient devant elle la ligne Plaisance, Pavie, San Nazzaro, Mortara et Robbio.
Les Français avaient l'aile droite de l'armée alliée, les Sardes l'aile gauche.
Pour utiliser les voies ferrées^ Napoléon III résolut de
tourner le flanc droit des Autrichiens. £n conséquenee, il dirigea, par le chemin de fer, les coipsfrançais^ur Alexandrie, Valence, Casale et Verceil, pendant que les Sardes s'avançaient de Verceil sur Robbio pour masquer le mouvement des Français.
Les combats de Palestro, que livrèrent les Sardes le 30 et le M mai, avec l'appui du corps français de Canrobert, couvrirent le transport en chemin de fer des autres corps français de Voghera et d^Alexandrie à Verceil. Le 1*' juin, le corps du général Niel alla de Verceil à Novarre et se troma ainsi placé sur le flanc droit de Tarmée de Giulay. Lé général autrichien, se sentant tourné, revint alors derrière le Tessin.
Le voyage en chemin de fer du gros de l'armée française jusqu'à Verceil, et la marche de Verceil à Novarre, étaient une marche de flanc que les Sardes — et en partie Canrobert — couvrirent par les combats de Palestro.
GARIBALDI DEVANT PALERMB.
Après le combat de Calatafimi, Garibaldi arriva le 18 mai 1860 à Renna, à l'ouest de Palerme^ oîi se trouvaient 20,000 hommes de troupes napolitaines. Le 19, l'arrivée de volontaires siciliens porta sa petite troupe à 4,000 honmies. — Un autre corps de volontaires se formait peu à peu au sudest, k Gibilrossa, près de Misilmeri, du côté opposé de Païenne. — De Renna, Garibaldi fait avancer des détachements sur San Martino et Monreale ; ces détachements sont mal reçus et apprennent que Palerme est bien couverte à l'ouest. Garibaldi songe alors à tromper l'ennemi, et il marche, le 21 mai, de Renna sur le Parco, en laissant à Renna les avant-postes habituels. D s'arrête au Parco. Le 24 mai aumatin^ le général napolitain, Lanza, envoie contre lui 6000 hommes, sous Salzano etColonna. Garibaldi se retire du Parco sur Piana de'Greci, sous la protection d'une fidWc arrière-garde. De là, il dirige au sud, sur Corleone, tousses bagages et son artillerie (cinq petits canons) avec 240
hommes d'escorte sous les ordres d'Orsini. Pendant ce temps il marche lui-môme, par des chemins de traverse, sur Marineo et Misilmeri, où il arrive le 28 mai au soir et se réunit aux volontaires de la Sicile orientale qui s'y trouvent déjà, C'est de là que Garibaldi exécuta l'attaque heureuse qui ât tomber entre ses mains la viUe bien occupée de Palerme. Salzano et Colonna avaient poursuivi les 240 hommes d'Orsini qui signalaient leur passage en laissant derrière eux des voitures avec des essieux ou des roues brisées. De Renna à Misilmeri,en passant par le Parco, il n'y a pas plus de 45 kilomètres, Garibaldi pouvait donc arriver facilement le 23 à Misilmeri, et il est clair qu'il fit exprès de marcher trèsh lentement jusqu'au Parco.
OPftaiTIOHS DB GtLkWt BN 1864 BT 1865.
Les opérations qu'exécuta le général Grant en 1 864 et 1 865, et par lesquelles il eut le bonheur de terminer victorieusement la guerre civile d'Amérique, ont toute l'apparence d'une seule marche de flanc, constamment exécutée par le flanc gauche. Les points principaux de cette a valse », d'après une expression assez juste d'un correspondant, sont Wilderness, Spotsylvania, Jéricho sur le North-Anna, Hanovertown, Cold- Harbour, City-Point sur le James River, Disputanta, Dinwiddie-Court-House, Burkesville et Appomatox. Le B et le 6 mai 186&, après avoir traversé le Rapidan, Grant bat à Wilderness le$ sécessionistes sous les ordres de Lee. Ce dernier se retire au sud. Grant le suit en appuyant à gauche pour arriver h se réunir à Butler sur le James River. Le 11 et le 12 mai, nouvelle bataille à Spotsylvania. Elle est indécise, mais Grant se dégage et continue son mouvement vers la ^uofaie. Comme Lee s'est retiré sur ces entrefaites dans les lignes fortifiées du Nortb^Anna, Grant attaque ces lignes. Son attaque est reponssée, et il marche alors encore plus à gBuehe sur le Pamunkey qu'il passe à Hanovertown. Grant rencontre de nouveau à Cold-Harbour les troupes de Lee. Une bataille a lieu le 3 juin. Grant échoue les jours suivants
dans ses tentatives de marcher directement sur Richmond. n se dirige encore une fois à gauche et se réunit avec Butler à Gity-Point. Mais cette jonction est loin de mettre fin à la valse. De City-Point, Grant attaque sans succès les lignes de Pétersbourg, à l'est de la ville, les 16, 17 et 18 juin. Il prend alors, lui aussi, des positions fortifiées qu'il p]polonge successivement vers la gauche jusqu'au chemin de fer de Weldon. Il réunit à ces retranchements les travaux d'un siège en ri^le, mais il les abandonne bientôt. Le 27 octobre, il renouvelle sans plus de succès une grande attaque et il prend alors son repos d'hiver qui dure jusqu'à la fin de mars 186S. Après avoir repoussé, le 25 mars, une grande sortie des sécessionistes, Grant reprend, le 29, son mouvement vers la gauche surDinwiddie-Gourt-House et Burkesville. — Ce mouvement coïncida par hasard avec l'évacuation de Richmond et de Pétersbourg par les sécessionistes, mais il n'en fut pas la cause. Cependant cette coïncidence, jointe à l'influence produite par le succès de la grande opération de Sherman en Géorgie, eut pour conséquence que la dernière valse de Grant termina la guerre, bien qu'elle n'eût sans doute pour but que de compléter l'investissement de Pétersbourg.