‹ Tahiti et les îles adjacentesChapitre 2 sur 29 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Les îles océaniennes de la Soeiité présentent dans leur histoire trois époques bien distinctes : celle d'un fétichisme aussi grossier que cruel; celle d^une remarquable régénération sociale et religieuse, due aux efiforts de la propagande protestante anglaise; et, enfin, la phase actuelle, dont l'établissement du protectorat franr çais est l'événement capital.

Décrire ces trois ordres de choses, si différents l'un de l'autre, est la tâche que s'est proposée l'auteur de ce volume.

Comme de raison, Tahiti (i) y occupe la plus grande place. *

(1) Les voyelles tahitiennes sonl a, e, i, o, u. Elles se prononcent toutes comme en français^ moins e qui se prononce à peu près é, et u constamment prononcé ou, Vh est faiblement aspirée. Dans l'orthographe des noms indigènes, nous suivrons Talphabet français d'aussi près que possible.,

Visitée, selon toute apparence pour la première fois, au commencement du dix-septième siècle, par Tintrépide espagnol Quiros, cette île n'a été bien connue que depuis la reconnaissance positive Çu'en fit le capitaine Wallis, en

Quelques mois après, Bougainville y aborda et lui donna le nom peu honorable de Nouvelle- Cythire; mais, deux ans plus tard, le capitaine Cook, à sa première relâche, lui rendit son premier nom, qu'elle a conservé depuis. Tous les navigateurs qui Font visitée à leur tour, les Benechea, les Vancouver, lesBlighetle célèbre Dumont - d'Urville Tout décrite comme un pays enchanteur.

Les premiers missionnaires anglais y arrivèrent le 6 mars 1797, et ceux de Rome en 1836 ; mais ces derniers n^y ont pris pied qu'à l'époque de rétablissement du protectorat de la France, proclamé sept ans plus tard.

A la suite de nombreux conflits — résultat inévitable de la situation nouvelle faîte aux missionnaires de Londres par i^otre prise de possession — tous ceux-ci, moins un ou deux, quittèrent ce champ de leurs premiers travaux, pour concentrer leurs efforts dans les archipels voisins.

vu Cependant les îles de la Société étaient demeurées protestantes, et pour satisfaire leurs besoins religieux, pour répondre à leur appel pressant, je me rendis à Tahiti, il y a quatre ans. — Rentré depuis peu de temps dans ma patrie, j'ai cru devoir rendre compte de mes observations au public qui s'intéresse à notre protectorat et aux populations que son pavillon abrite, et je Tai fait, j'ose le dire, avec impartialité^ en me conformant aux inspirations de la charité chrétienne envers tous, et sans ho&tilité à regard de personne.

TAHITI

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