‹ Taille et conduite des arbres forestiers et autres de grandes dimensions: Exposé comparatif de (volume 2)Chapitre 5 sur 10 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Les suites déplorables de l'élagage à Chicots ou Rabats sont trop nombreuses pour qu'on puisse ici les présenter toutes et détailler les inconvénients sans nombre de cette méthode désastreuse trop longtemps prônée.

On se contentera donc de faire connaître ici les plus funestes pour l'avenir forestier.

lo Perturbation complète dans toute l'harmonie vitaie de l'arbre , depuis ses racines jusqu'à son sommet, causée par la suppression irréfléchie , subite et immé-

diate d'un nombre de branches illimité et toujours trop grand pour que la sève puisse trouver à son ascension assez de surface feuillue pour y établir un libre courant de circulation dans toutes ses parties.

Trop abondante alors , en effet, pour s'y utiliser en entier, elle se décompose aussitôt, s'écoule ou s'évapore par les nombreuses plaies béantes qui l'attirent et l'appellent sous les influences atmosphériques absorbantes.

2o Déviation d'une partie de la sève qui, devenue trop abondante pour la portion de branches qu'on lui a laissé à nourrir , et refoulée ainsi , se porte sur toutes les parties industrielles du corps de l'arbre, y provoque la formation de nouvelles productions adventives, telles que branches , brindilles , nodosités , bourgeons ou broussins qui s'opposent à l'accroissement de son diamètre et par conséquent de sa valeur.

Il est facile en effet de comprendre que toutes ces productions tout accidentelles, se formant entre les flbres verticales ou les tubes conducteurs de la sève, les pressent, les compriment, les rétrécissent et même les détournent ou les obstruent au point que la sève, ne pouvant plus y pénétrer et y circuler librement, n'ajoute plus rien à leur développement et, par suite naturelle, à celui ni du diamètre, ni de la longueur du corps de l'arbre ainsi déformé.

s* Insuffisance de la sève, par suite de révaporatioa> pour cicatriser le trop grand nombre de plaies simultanées et laissées béantes sans pansements.

Par suite naturelle , dessication rapide et décomposition avec carie des parties dénudées qui, par leur ra^ mollissement , offrent aux nombreuses tribus d'insectes destructeurs , gros et petits , un appât et des retraites faciles, où ils exercent leurs ravages, jusqu'à ce que divers oiseaux de la famille des Pics viennent à leur tour, en leur donnant la chasse, profiter de leurs œuvres de destruction pour se creuser de plus profondes cavités où ils déposent leurs œufs et se retirent la nuit, non sans y entretenir une constante humidité et en accroître incessamment la profondeur.

4* Privation pour l'arbre d'une trop grande quantité de ses feuilles , organes nutritifs et appareils respiraroires aussi précieux pour lui que ses racines, et dont l'absence , détruisant d'une part l'équilibre et la régU" larité du mouvement rotatoire de la sève , et de l'autre diminuant le nombre de ses foyers d'élaboration, nuira sensiblement à son accroissement général.

50 Direction vicieuse des plaies exécutées au hasard et sans règles fixes sur les plus grosses branches de l'arbre pour les réduire à l'état de chicots ou moignons.

Par suite, en effet, de l'angle d'insertion de ces

derniers sur le tronc, les plaies se trouvent le plus souvent présenter une surface plane et horizontale qui naturellement, recevant et conservant tour à tour les influences de la pluie, de la neige, du soleil ou de la rosée , ne tarde pas à se décomposer et à former un foyer de carie et d'ulcération qui, se creusant sans cesse, ne s'arrêtera plus et, atteignant bientôt le corps de l'arbre par son action incessante , y deviendra un réservoir de sève viciée et d'eau croupie et corrosive qui, le rendant impropre à l'industrie, lui ôtera toute valeur et, dans un temps donnée causera sa mort (1). 6* Enfin» impossibilité physique et matérielle d'obtenir la cicatrisation des plaies qui, toutes par cette méthode, coupant à angle droit ou à peu près les fibres du bois et sea vaisseaux conducteurs de la sève , ne sauraient se fermer et se recouvrir, puisque ces organes vivificateurs ne sont pas doués de la faculté de s'allonger et de croître par leur extrémité, quand leur section a eu lieu dans ces conditions.

(1) Observations et procès-verbaux des ventes constatant la perte de plus de cent miîle francs causée depuis la fin du^ dernier siècle, dans le seul domaine de Pinon, par l'emploi de la méthode du chicotage dont les vices se font encore sentir.

Mêmes remarques aussi désastreuses pour tous les bois des départements de FAisne, de FOise, des Ardennes, de la Marne, de la Seine, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise , etc., etc. , où la perte peut être évaluée à plusieurs millions , sans eiagération

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