ÉLAGAGE A CHICOTS OU RABATS
Ancienne Méthode.
\^ Diaprés ce système, il est d'usage dans les taillis-^ sous-futaies, à chaque coupe périodique, de charger les bûcherons , chacun dans le marché qui lui est alloué » d'élaguer tous les arbres environ aux â/3 ou aux
3/4 de leur hauteur totale, à la condition de ne couper aucune grosse branche à plus de 20 à 30 centimètres du tronc, comme base de la méthode, et pour former des chicots ou moignons, dans la pensée sans doute que , réduits à cette longueur , leur carie , qu'on ne saurait nier, n'atteindra pas le corps de l'arbre.
2* Ces ouvriers, novices dans ce travail, sont généralement payés à tant par pied d'arbre , prix débattu , ou plus souvent au décistère de bois de chauffage et au cent de fagots , ce qui les entraine à profiter de l'occasion pour couper le plus de bois possible sur chaque arbre, afin d'y gagner plus d'argent, sans s'inquiéter de son avenir qu'ils détruisent par ces nombreuses mutilations.
Ils dénudent ainsi les arbres , surtout le long des routes^ aussi haut qu'ils peuvent atteindre, attachant une sorte de vanité stupide, au péril de leurs jours, à ne leur laisser qu'un mince bouquet de feuilles au sommet , les dégarnissant amsi de toutes leurs branchies de bas en haut, et ne les abandonnant qu'après les avoir :ouverts d'innombrables et larges plaies béantes et répandant à flots la sève affluante sur tous les points de leur tige mutilée.
30 Ne recevant pas d'instruments spéciaux pour ce travail , ils emploient la serpe commune à bec recourbé , qui leur sert aussi à la fois à abattre les taillis
et à façonner les fagots, éehalas et autres bois d'in-^ dustrie.
Cet outil, par sa forme et sa légèreté, est complètement impropre à tout élagage raisonné et sérieux , et en conséquence aussi désavantageux pour le propriétaire forestier que pour Touvrier.
40 Comme on ne fournit pas d'échelles à ces bûcherons, ils sont obligés de se munir de griffes qui déchirent Técorce des jeunes sujets et les couvrent de plaies qui, avant même de dégénérer en ulcères , excitent l'écoulement de la sève et le développement immédiat, dans toute la longueur du tronc, de nodosités , < bourgeons et excroissances dont on a fait connaître plus haut les graves inconvénients.
50 Les baliveaux et modernes, ne pouvant donner qu'un faible produit de leurs branches à supprimer, ne reçoivent, dans l'ancien système d'élagage , à peu près aucuns soins, sauf les premiers dont on coupe immédiatement à la serpe , en les abaissant , les jeunes pousses aussi haut qu'on peut les atteindre, ce qui les empêche d'augmenter en diamètre, et détruisant tout leur avenir, équivaut presque à leur entière destruction.
6» Quant à la forme régulière et symétrique à donner à l'ensemble de l'arbre , au raccourcissenient périodique et raisonné de ses branches , à leur nombre rigoureusement observé, à la forme et à a direction
6xigée des amputations , à leur pansement . aussi bien qu'à celui des plaies déjà anciennes et accidentelles qu'on ne peut manquer de rencontrer, Tancienne méthode ne s'en occupe pas et paraît n'en pas même soupçonner l'utilité.
7» Cette méthode ne paraît pas non plus accorder la moindre attention à l'inappréciable avantage pour l'avenir forestier, qu'on peut obtenir par une sage restriction apportée à la trop grande étendue horizontale de la cime des arbres , procédé qui laisse la place et ta faculté aux baliveaux, ou modernes de remplacement, de s'élever librement en ligne verticale et de former à leur tour de belles et utiles réserves, appelées à succéder aux sujets marqués à chaque coupe périodique.