BOT DU SYSTÈME
1» Chercher à obtenir et à former, pour angmenter la valeur et le produit durable des forêts et terrains plantés , le plus grand nombre possible d'arbres à haute
tige pour réserves,^ futaies sur taillis , bordures de routes canaux, ou plantations d'alignements, atteignant les plus grandes dimensions désirables, exempts de toutes plaies, chancres , ulcères et autres maladies , et produisant du bois d'œuvre et de construction de la meilleure qualité et du prix le plus élevé qu'on puisse espérer.
Porter en conséquence toute son attention et tous ses soins sur les baliveaux dès leur jeunesse, les conduisant graduellement et progressivement jusqu'à leur formation parfaite, en les soumettant à une conduite continue ou élagage partiel, progressif et raisonné, qui, utilisant toute leur sève au profit de leur accroissement, leur donnera un jour, par une direction normale et régulière, un développement, des formes et finalement une valeur qu'ils n'auraient jamais pu acquérir sans l'emploi de ces soins répétés.
2o Donner au corps des arbres la forme cylindrique et la plus grande longueur possible de bois bien sain, sans branches et sans nœuds, nodosités, ni bourgeons, de manière à laisser aux tubes séveux leur direction libre et verticale pour la circulation du fluide o\k cambium, sans qu'elle soit arrêtée par ces difformité3 ou môme par de grosses branches latérales ou pendantes qui la détourneraient en l'absorbant à leur profit, au préjudice de l'accroissement total de la partie indus* trielle*
S^ Diminuer pour l'arbre les chances de torsion > roulure ou fracture sous Teffort violent des ouragans, ou l'action continue des vents réguliers , en diminuant par amputations et raccourcissements progressifs la largeur de sa tête, et augmentant ou conservant en même temps à cette partie feuillue sa longueur, dans une proportion à peu près égale à celle du tronc.
Â^ Éviter par une extrême modération et une juste mesure dans Tamputation des doubles flèches, branches inutiles, gourmandes, pendantes, mal placées ou nuisibles , que la sève , ne trouvant plus assez de surface et d'emploi dans ce qui aura été laissé du système feuillu , ne se fasse jour par exubérance à travers Té-* corce du tronc. Prévenir ainsi l'émission des bourgeons adveutifs qui, formant par leur rapprochement des nodosités sans nombre dans toute sa longueur, nui-* raient, comme on l'a dit plus haut, à la circulation, des fluides en rétrécissant, obstruant, ou même interco.ptant entièrement les conduits devenus ainsi insufSsants à leurs fonctions, et s'opposeraient également comme une Ugatdre presque invincible au développement des couches ligneuses annuelles appelées à accroître le diamètre des arbres.
5^ Faciliter par la bonne direction des branches conservées le mouvement ascendant et descendant de la sève , en supprimant peu à peu et progressivement
par amputations ou raccourcissements toutes celles qui étant pendantes ou même horizontales ou trop confuses, en détournent le cours, l'arrêtent, la retiennent et rendent sa circulation anormale, lente et irrégulière; et ne conserver enfin que celles qui tendent à se rapprocher de la Ugne verticale, et forment une tête bien régulière de forme ovoïde et d'un aplomb aussi parfait que possible sur la tige qui la porte.
60 Diminuer en la régularisant l'envergure de la tête de l'arbre par le raccourcissement ou la suppression de certaines branches isolées et irrégulières» afin de laisser le passage libre aux jeunes baliveaux ou modernes dominés par lui, et destinés, aux pvochaines périodes» à le remplacer, en même temps que cette opération laissera pénétrer la chaleur , la lumière et les influences atmosphériques sur les recrues du taillis ou sur les cultures voisines.
70 Opérer toujours par degrés et successivement, c'est-à-dire» ne jamais supprimer ou môme raccourcir
et arrêter en une seule fois qu'un très-^petit nombre de branches sur un sujet, quelque soit son âge, de peur que la sève qu'il contient ne soit insuffisante à cicatriser complètement et rapidement les plaies qui lui auront été faites. Comme complément indispensable , empêcher par un pansement unmédiat au cooltar l'extravasion et récoulement de la sève, aussi bien que la dessication
de ia partie de bois mise par ramputation en contact avec les influences météoriques, et qui ne tarderait pas à se décomposer et à communiquer la carie aux parties industrielles du sujet.
80 ÂrriTer à la cicatrisation complète de toutes les plaies anciennes ou récentes, visibles ou latentes, que Ton peut rencontrer sur toutes les parties d'un arbre, en mettant à vif, nettoyant et pansant au cooltar toutes celles qu'on découvrira tant à la surface que sous l'écorce aux points où elle présenterait des signes de décomposition, et n'en jamais pratiquer de nouvelles qui ne puissent être cicatrisées et fermées avec les soins indiqués, dans un court délai, et avant que la partie dénudée ait pu subir la moindre altération «
90 Finalement, par des soins incessants donnés aux arbres de haut-jet, obtenir sur une surface donnée, et dans un délai aussi court que possible, la plus grande quantité désirable de bois d'œuvre, sain, de droit fil, de grandes longueurs , sans nœuds , nodosités ni maladies et propre en un mot à tous les besoins du commerce et de l'industrie, tout en augmentant sensiblement les produits périodiques et, par suite, la valeur des taillis qui les avoisinent.