MOYENS ET PROCÉDÉS
1° Faire choix d'ouvriers jeunes, intelligents, adroits et hardis, munis d'excellents instruments, bien renseignés sur les principes forestiers, le but qu'on se propose d'atteindre et les résultats qu'on veut obtenir. Les employer uniquement à la journée, avec abandon à leur profit du bois mort ou mourant, sous la direction et la surveillance la plus minutieuse des forestiers ou des gardes précédemment initiés à ce nouveau système, et ne confier en un mot cette utile, mais délicate et difficile opération, qu'à des mains sûres, intelligentes et habiles.
2o Commencer la conduite ou taille des sujets ou baliveaux dès leur premier âge, peu à peu, au fur et à mesure et progressivement , d'abord par ébourgeonnage ou pinçage à la main , puis à la serpette , ou au sécateur , en s'appliquant dès lors à leur donner une forme bien régulière et symétrique, qu'on devra chercher à leur conserver pendant toute leur existence.
Pour les baliveaux d'âge , employer le croissant léger ou l'ébranchoir, en se plaçant au pied du sujet, ou s'aidant d'une échelle très-courte. Ne supprimer que les branches trop fortes, ou gourmandes, les doubles flèches ou les brindilles des premières couronnes, en
coupant celles-là rez-tronc bien net» et les autres à quelques centimètres de longueur » et donner ainsi à la tête une forme de quenouille allongée, ou de gobelet en tulipe » bien régulière et égale au moins à la longueur du tronc.
2^ N'employer dans la seconde période des baliveaux que des insUxunents à tranchants fins et bien affilés, tels que le croissant et la serpe, en évitant toute déchirure, bavure ou meurtrissure de Fécorce, en ne coupant rez-tronc qu'un très-petit nombre de branches de la première couronne et se contentant de raccourcir les autres à la longueur de 1 à 3 mètres, avec le soin de réserver dans leur surface et vers leur extrémité quelques branches d'appel , ou brindilles feuillues , pour y attirer et y maintenir le mouvement de la sève.
4fi Pour les arbres dits Modernes , aussi bien que pour Ceux appelés vieilles écorces de tout âge , tant que la végétation d'accroissement n'est pas arrêtée, employer la s^e d'élagueur renforcée , perfectionnée , rappelant la forme d'un couperet, habilement fabriquée par M. Àmeither (N^ 5 , place Saint-Germain des Prés , à. Paris) , du poids de 1 kilogramme 500 grammes environ, et fréquemment afiutée à l'aide de queuses ou queurses naturelles ou artificielles , et se servir d'une série d'échelles légères et souples, de longueurs variées, sans permettre l'emploi des griffes, sauf dans
quelques cas eiceptionnels de dimensions prodigieuses des sujets.
50 Insister sur cette prohibition en raison du grave préjudice que les griffes causent aux jeunes arbres , en meurtrissant et déchirant de leurs longues pointes d'acier Técorce encore mince et tendre jusqu'à l'aubier, d'où elle ne tarde pas à laisser échapper la sève qui , par suite'de sourdes meurtrissures, s'agglomérant et se décomposant, forme de nombreux ulcères , ou amène le développement de masses de bourgeons qui, sortant de tout le périmètre des blessures et compromettant également les qualités essentielles et industrielles du tronc dans toute sa longueur, lui ôtent à la fois sa valeur et sa beauté.
60 Supprimer rez-tronc, par une section verticale, nette, franche, bien unie et légèrement bombée vers le centre, toute branche inutile, mal placée, morte, mourante, pendante ou cassée, ou môme formant avec le tronc un angle aigu vers le sol de plus de 45 degrés, et à la condition expresse que leur nombre ne dépasse pas le chiffre de trois à la première couronne coupée ras , et celui de cinq à la deuxième raccourcie de 1 à 3 mètres.
Opérer de même pour la suppression rez4ronc de tous chicots ou rabats dus à de vicieux élagages antérieurs, que l'on pourra rencontrer, et dont la section
bien verticale et pratiquée sur le vif ^ sera également et immédiatement pansée au cooltar (1).