M. TAINE EUT-IL TORT
Tous, nous nous associons aux excellentes observations de M. André Hallays, dans les Débats. C'est à propos d'une lettre où M°^® Taine proteste contre la publication faite par le Figaro de douze sonnets signés de Taine et qui, selon le vœu de leur auteur, devaient rester à jamais inédits. M. Hallays loue le grand écrivain de l'énergie et de l'esprit de suite qu'il montra à se défendre contre les entreprises des badauds.
« Taine, dit M. Hallays, savait bien quelle loge de concierge est devenue notre société moderne. Il connaissait les misérables vilenies qui se commettent chaque jour, sous prétexte de publications posthumes, et les perfides représailles des ennemis, et les maladresses des amis trop zélés, et l'éternelle niaiserie des badauds amusés par le scandale. «
Loge de concierge me plaît, voilà le mot exact. Les ennemis, les amis trop zélés, on s'en accomm.ode encore. Mais le malheur, voyez-vous, c'est qu'il y a trop d'imbéciles! Ils le sont trop, me dis-je chaque semaine.
Aussi l'indiscrétion du Figaro, la publication de ces très beaux sonnets, je ne la trouve pas très grave. Pourquoi.? parce qu'elle n'est pas d'un sot. Il faut même remercier cet indiscret, s'il a sauvé du feu ces nobles pensées, ingénument formulées. Et si, comme je le crois, son rôle se borne à nous donner tout de suite une petite œuvre que nos fils, plus tard, eussent publiée, je