LA VERITE SUR LA CRISE DE CONSCIENCE DE M. RENAN
ON peut douter, après une première lecture, qu'il y ait quelque sérieux bénéfice intellectuel à retirer de la Correspondance de Renan avec sa sœur Henriette. On n'y trouve point le degré de perfection où M. Renan, dans la suite, a poussé sa manière, et, quant à la substance même c'est l'ouvrage d'un enfant. D'un jeune provmcial infiniment estimable et aimable par sa gravité et son sens de la haute mora- Barrés
lité, mais, ces qualités-là, il devait les témoigner peu après, avec une force lyrique et une exaltation tout à fait supérieures, dans un volumineux essai sur VArenir de la Science^ qui dispense des préliminaires qu'on nous communique aujourd'hui.
Voilà des raisons pour négliger ce recueil posthume. Mais ce sont des raisons de première lecture et peu valables. Les accepter, c'est se placer à un point de vue trop purement livresque. Nous pensons qu'à côté de l'œuvre il y a l'homme.
Une correspondance familière fait un livre médiocre, soit, mais elle constitue une précieuse biographie. Or, il est très utile de projeter une lumière abondante sur les figures caractéristiques, parce qu'elles sont représentatives, et que, fortement éclairées, à leur tour elles illuminent pour nous soit une époque, soit une série d'êtres.
Ces lettres intimes de M. Renan nous