II PRÉFACE
sentiment presque immodéré qui l'inspira.
J'ai pourtant introduit dans l'article sur Laboulaye un passage relatif à son Histoire de la Constitution américaine, que j'avais écarté autrefois comme contenant un jugement trop sévère et n'étant pas dans le ton d'un article posl mortem. J'ai pu rendre moi-même cette justice à l'article sur Taine que toutes les restrictions y ont été marquées sans faire tort à l'admiration profonde que m'inspirait cet homme extraordinaire. Au travail sur Sclierer est annexée une note où j'essaie de justifier ce que je pensais, ce que je pense encore des dernières années et de la fin de cet intrépide lutteur. M. de Pressensé avait émis l'opinion que Scherer, converti à la doctrine du relatif,
PREFACE m
n'aurait pu la supporter s'il ne s'était pas trompé lui-même; il avait pu se donner les apparences d'une sorte de détachement qui avait fini par occuper tous les dehors de son âme, mais l'agitation et le trouble étaient au fond; il s'y dérobait en vain... Propos de croyant qui ne peut se figurer une conscience sortie de ses voies religieuses sans la concevoir mal à Taise, en lutte avec elle-même, se travaillant inutilement pour établir l'empire de doctrines sans espérance et sans consolation. L'âme humaine a plus de ressources et de variété que cela, et Scherer en est un exemple. C'est ce que j'ai essayé de démontrer dans un petit appendice faisant suite à l'article que je lui ai consacré.
Décembre 1900.