VALENCAY
perce de quatorze fenétres. En face de cette fagade, une longue allée de tilleuls, aux frondaisons épaisses, partage le parc a peu prés par le milieu; elle a recu, a partir de 1808, le nom d’allée des Princes d’Espagne, parce qu'elle était devenue leur promenade favorite.
Quand on a franchi la voate sonore du donjon, on se trouve dans une cour d’honneur de proportions grandioses, qui s’ouvre largement, du cété du midi, sur des perspectives sans fin de foréts et de coteaux. Une balustrade de pierre, a l’extrémité oppos¢e a l’entrée, sépare de la cour des terrains disposés en contrebas, qui devinrent comme le domaine particulier de la duchesse de Dino; on les appelle toujours le jardin de M™e la Duchesse.
L’aménagement actuel de la cour d’honneur remonte en partie a M. de Villemorien. C’est ce propriétaire qui fit construire les arcades hautes, de plein cintre, qui s’ouvrent face a lest; elles se joignent aux arcades surbaissées, avec voiites a nervures, du temps de la Renaissance, dont la série, face au midi, s’appuie sur le gros donjon. Cette disposition a donné lieu a deux grandes galeries en équerre, qui offrent une promenade en toute saison; la seconde galerie, celle qui fait face a lest, se trouve aujourd’hui fermée par des portesfenétres vitrées; on l’appelle la galerie des Statues. Sur cette galerie s’ouvrent directement les piéces du rez-de-chaussée, comme la salle 4 manger, le salon empire, le salon bleu, la chambre circulaire dans la tour du sud-ouest, ancienne chambre des princes d’Espagne, qui est devenue le musée des souvenirs de Talleyrand. Faisant suite a la salle 4 manger, mais éclairée seulement du cété du parc, la piéce que lon appelle aujourd’hui la Bibliothéque, aprés avoir été le Billard, fut la chambre a coucher de Talleyrand. Les dispositions successives qu’elle a recues depuis 1838 ont fait que rien n’y rappelle plus le souvenir de son héte illustre. Pendant les longs séjours que Talleyrand fit 4 Valengay a partir de la seconde Restauration, il y avait réuni plus de quinze mille volumes, répartis dans les différents étages du chateau, ainsi
qu’une trés belle collection de cartes géographiques. Charles Fercoc et Maré furent tour 4 tour les bibliothécaires du chateau.
L’intérieur du chateau, soit dans le batiment nord, soit dans le batiment ouest, ne comprend pas moins de vingt-cing appartements de maitres. La galerie du premier étage, sur la facade est, longue de prés de cinquante-six métres, s’appelle galerie de la Chapelle; elle se terminait, en effet, dans la tour du sud-ouest, par une chapelle, qui n’existe plus; elle aboutit de l’autre cdté, en formant un angle droit, a une autre galerie sensiblement plus courte, qui compose le premier étage, percé de cinq fenétres, entre la tour du nord-ouest et le donjon.
Talleyrand et sa femme n’eurent pas assez de trois jours, en ce mois de septembre 1803, pour faire a Valengay et dépendances le tour du propriétaire; mais certes leur impression ne put étre qu’excellente. Alors ce fut une habitude prise : presque chaque année, aprés la saison de Bourbon, Talleyrand faisait un séjour sur ses terres du Berry. Les agents de Louis XVIII a Paris donnaient a leur maitre, a la date du 2 septembre 1803, ces renseignements : « Talleyrand vient d’acheter la belle terre-de Valencé (sic)... On croit qu’il la destine 4 une petite fille qui a paru tout a coup dans sa maison et qu’il parait avoir adoptée, sans qu’on sache d’ou elle vient. Ce qu’il y a de sar, c’est qu’il lui a déja fait porter le nom de sa nouvelle terre. » La mystérieuse Charlotte s’appela-t-elle jamais Charlotte de Valengay? Nous n’en connaissons aucun témoignage.
Talleyrand était 4 Valengay au mois d’aodit 1804; sa dépéche du g aoitit invitait ’Empereur a conserver avec la cour de Vienne, toujours la méme dans ses finesses et son ambiguité, « les déterminations qu’il avait prises précédemment pour maintenir la dignité et la streté de la France ». Pendant ce séjour de 1804, il recut le ministre de Prusse Lucchesini, qui fut son héte pendant prés de deux semaines.
réglements. Talleyrand, en recevant ces jeunes enfants, s’exprima ainsi sur la femme 4 laquelle il avait donné son nom : «C’est une seconde Mme de Maintenon. » C’est Mme de Staél qui a rapporté ou qui a inventé ce mot a double détente, car il faisait de Talleyrand un autre Louis XIV, puisqu’il avait épousé la fondatrice d’un nouveau Saint-Cyr. Cela prouve que M™e de Staél savait manier lironie a V’égard de la femme de son ancien ami.
n 1802, le ministére de la Police générale fut supprimé; Fouché avait été frappé d’une sorte de disgrace qui devait durer deux ans. Pour Talleyrand, il conservait toute la faveur du maitre. Le bruit courut bien 4 un moment, quelques semaines aprés la proclamation de l’Empire, que Napoléon songeait 4 congédier son ministre des Relations extérieures; on donnait méme le nom de son prochain successeur, Ségur. L’Empereur, disait-on, trouvait que le caractére de celui-ci était d’un maniement plus facile; il reprochait au ministre en place un esprit d’objection ou méme de résistance qui ne lui convenait en aucune maniére. La résistance ou la simple objection n’étaient en rien, 4 cette époque, dans l’esprit de Talleyrand. Qu’il s’agit de mesures contre les conspirateurs, vrais ou supposés, de |’établissement de l’Empire, de la guerre a Angleterre ou a |’Autriche, le ministre était prét a tout approuver. Le départ et le remplacement de Talleyrand n’étaient que des rumeurs d’antichambre, sans fondement. Le général Moreau avait eu le tort de se laisser compromettre dans des intrigues qui faisaient le jeu des ennemis du Premier Consul, qu’ils fussent républicains ou royalistes. Bonaparte s’était décidé tout de suite a le mettre dans
impuissance d’agir. Cependant le vainqueur de Hohenlinden, a qui la France était redevable en réalité du traité de Lunéville, jouissait dans opinion publique d’un trop grand crédit pour que son arrestation et son procés pussent se passer comme pour un conspirateur ordinaire. Bien que affaire ne fat par aucun cété du ressort des Relations extérieures, le Premier Consul crut bon de consulter a ce sujet Talleyrand; il eut avec lui plusieurs conférences a cet égard. Loin de présenter aucune objection, le ministre se montra tout a fait de l’avis du chef de l’Etat. Moreau fut donc arrété (14 février 1804) et son procés instruit, sous accusation de haute trahison. Pichegru fut arrété peu de jours aprés, le 28 février; son procés s’instruisait, quand un matin, le 5 avril, on le trouva étranglé dans sa prison. Y eut-il suicide ou assassinat? Talleyrand disait savoir d’une maniére certaine que c’était le bourreau Sanson qui avait étranglé le prisonnier du Temple.
Deux mois environ avant la proclamation de |’Empire, le drame de Vincennes cofiita la vie au duc d’Enghien. On pouvait s’attendre a trouver dans les Mémoires de Talleyrand des détails sur cette tragédie,.a laquelle il avait été mélé d’une maniére officielle et notoire, n’aurait-ce été que comme ministre des Relations extérieures. Or ce qu’il dit sur ce sujet douloureux se réduit 4 quelques lignes. I] ne fait aucune mention de son réle personnel; il rejette sur le Premier Consul la responsabilité tout entiére de l’acte, sans aucune réserve. Voici ce passage : « La mort violente et inexpliquée de Pichegru, les moyens employés pour obtenir la condamnation de Moreau pouvaient étre mis sur le compte de la politique; mais l’assassinat du duc d’Enghien, commis uniquement pour s’assurer, en se placant dans leurs rangs, ceux a qui la mort de Louis XVI faisait craindre toute espéce de pouvoir ne venant pas d’eux, cet assassinat, dis-je, ne pouvait étre ni excusé ni pardonné, et il ne l’a jamais été; aussi Bonaparte a-t-il été réduit a s’en vanter. »
C’est tout. Les Mémoires du prince continuent en parlant de la guerre générale dans laquelle Bonaparte se trouvait alors engagé avec |’Angleterre. La conscience de Talleyrand était en régle; sur l’arrestation méme du duc d’Enghien, qui, au su de tous, avait dépendu de ses services, pas un mot. Si Talleyrand était mort peu aprés 1816, c’est-a-dire sans avoir fait a ses Mémoires aucune retouche ou addition, le récit de la tragédie du 21 mars 1804 se serait réduit 4 ces quelques lignes, o seul le nom du Premier Consul est mis en cause.
Cependant les“choses devaient se passer d’une maniére différente. Une polémique inattendue remit a4 l’ordre du jour en 1823, dans des conditions dont il sera parlé plus loin, le drame du mois de mars 1804; cette fois il fallut bien que Talleyrand parlat de lui-méme. IJ le fit sur un ton qui n’a rien de commun avec l’impassibilité qu’il affecte dans ses Mémoires; pour cette raison méme, ce chapitre supplémentaire offre, comme on le verra, un intérét particulier.
L’affaire du duc d’Enghien a été souvent instruite. Boulay de la Meurthe et H. Welschinger ont publié deux enquétes historiques qui se complétent et qui paraissent avoir épuisé la matiére, en dehors des textes tout récemment publiés que lon doit 4 Caulaincourt et a la reine Hortense. Y avait-il des documents sur cette douloureuse question dans |’échenillage des papiers officiels que Talleyrand fit opérer en 1814, lorsqu’il se trouva pendant quelques jours maitre du gouvernement? La chose n’est pas impossible; mais si l’on sait que le prince fit détruire alors des documents, on n’a pas euceme ment la liste de ces destructions.
Chateaubriand a parlé en détail, dans les Mémoires d’outretombe, de l’arrestation et de l’exécution du duc d’Enghien. Il déclare avoir tenu dans les mains un document, d’une importance capitale, qui avait échappé 4 la destruction des piéces compromettantes faite au mois d’avril 1814. C’est une lettre du ministre au Premier Consul, en date du 8 mars 1804; elle se rapporte a4 l’arrestation du prince, qui n’était
pas encore opérée. Chateaubriand en cite deux passages, d’ailleurs trés courts, qui ne laissent pas de doute sur le réle précis que joua Talleyrand pour pousser Bonaparte a une mesure sans pitié. « Si la justice, écrit le ministre, oblige de punir rigoureusement, la politique exige de punir sans exception. » « J’indiquerai au Premier Consul M. de Caulaincourt, auquel il pourrait donner ses ordres, et qui les exécuterait avec autant de discrétion que de fidélité. » Pour passionné que l’auteur des Mémoires d’outre-tombe se soit montré dans ses jugements sur le prince de Talleyrand, il ne viendra a4 l’idée de personne qu’il ait forgé de toutes piéces ces phrases nettement accusatrices.
Le témoignage de Chateaubriand sur ce document capital se trouve confirmé et complété de la maniére la plus précise par l’auteur de Napoléon et Marie-Louise. Méneval rapporte, en effet, qu’il a eu sous les yeux une lettre du ministre des Relations extérieures, adressée au Premier Consul, en date du 17 ventése an xu, c’est-a-dire du 8 mars 1804. Cette lettre avait été retirée, au mois d’avril 1814, des archives du cabinet impérial, pour étre “‘détruite par le feu, comme d’autres piéces que l’ancien ministre tenait 4 faire disparaitre. La lettre avait été déposée momentanément dans un bureau avec les divers documents extraits des archives; le hasard voulut qu’elle glissat derriére le tiroir de ce bureau et qu’elle y restat oubliée pendant longtemps. Méneval déclare l’avoir parfaitement reconnue, car elle était passée par ses mains lorsqu’elle fut adressée au Premier Consul : elle était écrite sur une feuille double de papier telliére, en entier de la main de Talleyrand et signée par lui. Ajoutons qu'il n’est pas possible d’invoquer pour cette lettre du 8 mars 1804 le nom du secrétaire Perrey, qui avait acquis habileté de reproduire Pécriture de son maitre, au point qu’il fallait un ceil trés exercé pour ne pas la confondre avec la sienne; Perrey n’entra au service du ministre qu’en l’année 1806.
Méneval donne l’analyse de la lettre en question. Elle portait en substance, dit-il, que son auteur (M. de Tal-
leyrand) avait réfléchi sur l’objet de l’entretien qu’il avait eu l’honneur d’avoir la veille avec le Premier Consul; d’ot il suit que la question qui devait aboutir a l’arrestation du duc d’Enghien avait été examinée dés le 7 mars, dans un entretien particulier. Les Francais, ajoutait le ministre, aimaient le gouvernement consulaire; ils mettaient toutes leurs espérances en la personne du Premier Consul; une seule chose était capable d’altérer la confiance qu’ils lui portaient, c’était la crainte qu’il pat jouer le rdle de Monk; les chefs de la conspiration qu’on venait de découvrir étaient des hommes de Fructidor; c’était un Bourbon qui les dirigeait; le salut de ’Etat demandait que tous les conspirateurs fussent atteints sans exception; l’aide de camp du Premier Consul, Caulaincourt, était prudent et fidéle; il exécuterait, selon ses désirs, les ordres qui lui seraient donnés. On remarquera que Chateaubriand a cité le texte littéral des deux derniéres phrases dont le résumé a été donné par Méneval.
Celui-ci ajoute, non sans raison : « Cette lettre accusatrice parait avoir été conservée tout exprés pour donner un éclatant démenti aux assertions du prince de Talleyrand, qui a souvent répété que la condamnation du duc d’Enghien avait eu toute sa désapprobation, tandis qu’il avait poussé au contraire a cette condamnation de tout son pouvoir. »
Ce n’était pas seulement, en effet, l’arrestation du prince qui était conseillée dans la lettre du 8 mars; c’était sa condamnation méme, puisque le ministre avait écrit : « La politique exige de punir sans exception. » On est en droit de dire que la tragédie qui eut son dénouement le 21 mars était arrétée, dés le 8 mars, dans l’esprit de Talleyrand. La présence de Cadoudal a Paris, le complot dont on savait qu’il était lame devinrent pour le ministre une explication, 4 défaut d’une excuse. Le chef breton fut arrété le g mars, dans les circonstances dramatiques que 1’on connait, c’est-a-dire vingt-quatre heures aprés que l’affaire du duc d’Enghien avait été examinée par le ministre dans un rapport officiel.
Un conseil de gouvernement se réunit le 10 mars, le lendemain méme de l’arrestation de Cadoudal, pour prendre, au sujet du duc d’Enghien, une décision définitive, ou plutdt pour la faire approuver par ceux qui le composaient. Ceux-ci étaient le Premier Consul, ses deux collegues Cambacérés et Lebrun, Talleyrand, le grand juge Régnier; on donne aussi le nom de Fouché. Le ministre des Relations extérieures exposa l’affaire, qui relevait surtout de son département, puisque le duc d’Enghien n’était point en France, mais de Pautre cété du Rhin, en territoire badois, 4 Ettenheim. Un rapport de police avait tout récemment informé le gouvernement frangais que dans lintimité du prince vivait le général Dumouriez; il semblait que la présence a Ettenheim du soldat qui était passé aux Autrichiens en 1793 fait un argument de plus pour l’arrestation du duc d’Enghien. En réalité, agent qui avait procédé a cette enquéte sur place avait été trompé par la prononciation des habitants; il ne s’agissait nullement de l’ancien vainqueur de Valmy et de Jemmapes devenu un aventurier, mais d’un émigré, sans notoriété particuliére, qui portait le nom de Thumery.
Seul, Cambacérés eut le courage de s’opposer a I’enlévement du prince; mais le siége du censeil était fait. Aprés la séance, qui fut fort courte, Cambacérés suivit le Premier Consul dans son cabinet et insista de nouveau; il ne fut pas davantage écouté. Suivant le comte Molé, « le duc d’Enghien périt par suite d’une intrigue de Talleyrand et de Fouché, qui voulaient entrainer Napoléon et le mettre en leur puissance par un crime qui le mettrait en complicité avec eux, et aprés lequel il ne pourrait rien leur reprocher de leur vie révolutionnaire ». La vérité semble bien étre dans ce jugement, avec cette différence toutefois que Fouché n’eut que le réle accidentel d’un conseiller en marge de I’affaire, alors que Talleyrand, qui était ministre et trés bien vu du Premier Consul, eut le réle permanent d’un acteur de premier plan.
Le méme jour, 10 mars, le ministre des Relations extérieures adressait une longue note au baron d’Edelsheim, ministre des Affaires étrangéres de |’électeur de Bade : il lui signalait la présence 4 Offenbourg d’un groupe trés dangereux d’émigrés frangais; il lui demandait, en vertu de l’article premier du traité de Lunéville, que ces émigrés fussent livrés, avec tous leurs papiers, aux officiers francais chargés de les recevoir 4 Strasbourg. Le duc d’Enghien n’était pas nommé dans cette note; il le fut dans une lettre postérieure de quelques heures a peine : 20 ventése an xm, 11 mars 1804, trois heures du matin.
« Monsieur le Baron, je venais de vous adresser une note, dont lobjet était de demander l’arrestation du comité d’émigrés francais résidant 4 Offenbourg, lorsque le Premier Consul, par l’arrestation successive des brigands que le gouvernement a vomis en France, ainsi que par la marche et le résultat des procédures qui s’instruisent ici, a connu toute la part que les agents anglais d’Offenbourg avaient aux horribles complots tramés contre sa personne et contre la sireté de la France. Il a appris également que le duc d’Enghien et le général Dumouriez étaient 4 Ettenheim, et, comme il est impossible qu’ils se trouvent dans cette ville sans la permission de Son Altesse Sérénissime Electorale, le Premier Consul n’a pu voir sans la plus profonde douleur qu’un prince, auquel il s’était plu a faire ressentir les effets les plus spéciaux de l’amitié de la France, ait pu donner refuge a ses plus cruels ennemis et les ait laissés tramer publiquement des conspirations aussi inouies.
« Dans cette circonstance extraordinaire, le Premier Consul a cru devoir ordonner a deux petits détachements de se porter a Offenbourg et 4 Ettenheim, pour y saisir les instigateurs d’un crime qui, par sa nature, met hors du droit des gens ceux qui sont convaincus d’y avoir pris part.
« C’est le général Caulaincourt qui est chargé a cet égard des ordres du Premier Consul. Vous ne devez pas douter qu'il mette dans leur exécution tous les égards que peut
désirer Son Altesse Sérénissime Electorale. Ce sera lui qui aura ’honneur de faire parvenir a Votre Excellence la lettre que j’ai été chargé de lui écrire.
« Recevez, monsieur le Baron, l’assurance de ma haute estime. »
Avec la lettre du 8 mars adressée au Premier Consul — lettre dont le sens n’est pas douteux, si le texte en est incomplet, — cette lettre du 11 mars adressée au baron d’Edelsheim engage d’une maniére complete la responsabilité de Talleyrand. II pouvait ne pas l’écrire; il pouvait refuser de s’associer a un acte deux fois coupable, au point de vue du droit international et au point de vue du droit privé; il savait pertinemment que la qualité d’émigré ayant porté les armes contre la France vaudrait au prince, surtout avec la conspiration de Cadoudal, l’application certaine de la peine de mort. C’est en pleine connaissance de cause qu’il a rédigé, signé, expédié ce document. II ne devait pas siéger parmi les juges de Vincennes; mais on est en droit de dire que sa signature au bas de la lettre du 11 mars équivalait a une condamnation capitale.
Une troisiéme lettre du ministre est 4 rappeler; c’est celle qu'il écrivit le méme jour, 11 mars 1804, au général Caulaincourt pour le charger de remettre au baron d’Edelsheim la lettre qui lui avait été adressée, « aussitét, disait-il, que votre expédition d’Offenbourg sera consomméee ».
En insérant ces trois lettres dans l’Appendice de ses Mémoires, dont il sera parlé plus loin, Talleyrand a dit : « Elles constituent la part réelle, unique, que j’aie eue dans la déplorable affaire de M. le duc d’Enghien. » Que ce n’est pas la part unique, on le verra dans un instant. Aurait-elle été unique, qu’elle suffit a établir sa culpabilité d’une maniére incontestable. On a raconté qu’il avait envoyé un courrier au duc d’Enghien pour le prévenir de son arrestation, mais que le courrier n’avait pu faire parvenir cet avis de salut, car il s’était cassé la jambe en passant a Saverne. Mettons cette sotte histoire sur le compte de limagination d’un
romancier; Talleyrand lui-méme n’a jamais parlé de cet épisode invraisemblable.
I] est et demeure acquis que Talleyrand a suggéré un ordre, qu’il l’a transmis, qu’il n’a jamais eu larriére-pensée d’en empécher l’exécution. En 1815, Napoléon, qui voulait peut-€tre regagner 4 sa cause son ancien ministre, lui a décerné, pour l’affaire du duc d’Enghien, un satisfecit inattendu : « Le prince de Talleyrand s’est conduit, dans cette occasion, comme un fidéle ministre, et jamais |’Empereur ne lui a rien reproché 1a-dessus. » L’histoire apprécie d’une autre maniére ce genre de fidélité; elle répéte volontiers le Jugement de Vitrolles : « Celui qui s’était associé au meurtre du duc d’Enghien, en le justifiant, si ce n’est en le conseillant... Les voix qui l’accusaient d’avoir le premier Provoqué cette violation de tous les droits humains et divins, sa position de ministre des Relations extérieures et les lettres qu'il écrivit en cette qualité pour justifier Phorrible assassinat, prouvaient assez sa participation a ce crime. »
Napoléon n’a jamais renié sa responsabilité dans la tragédie de Vincennes; il savait que le chef digne de ce nom ne s’abrite pas derriére des subalternes. Aussi n’a-t-il jamais cess€ de r€péter, et le lendemain a la Malmaison, et plus tard a Sainte-Héléne : Me, me, adsum qui fect. Il a poussé l’acceptation des responsabilités jusqu’a se faire gloire de ce crime. I] n’en est que plus curieux de l’entendre dire 4 Las Cases : « C’était lui [Talleyrand] qui avait été l’instrument principal et la cause active de la mort du duc d’Enghien. » Avec leur exagération coutumiére, les Mémoires de Barras disent que Talleyrand conseilla 4 Bonaparte de «mettre entre les Bourbons et lui un fleuve de sang». Cette métaphore ne contient-elle pas une part de vérité?
Qu’on n’oublie pas que, lorsque Talleyrand était ministre du Directoire, il avait ouvert l’idée d’attirer 4 Wesel tous les Bourbons : « Rien de si facile, selon son expression, que de s’en emparer et de les transporter en France, ow I’on en ferait
ce que le Directoire aviserait dans sa sagesse »; il avait appelé cela « un admirable coup de filet, ot l’on prenait tous les poissons a la fois ».
Le duc d’Enghien fut arrété dans la nuit du 14 au 15 mars, par le général Ordener. Conduit d’abord a Strasbourg et soumis 4 un premier interrogatoire, il fut rapidement amené 4 Paris. Sans traiter la question en détail et sans le faire avec passion, la reine Hortense rapporte que Murat, qui était gouverneur de Paris, donna des ordres pour le jugement du prince, qui eut lieu 4 Vincennes; elle ajoute : « Il les regut [ces ordres] de M. de Talleyrand, resté chez lui jusqu’a quatre heures du matin. » De son cété, Savary donne des précisions qui, sans concorder exactement avec celles de la reine Hortense, établissent que, dans la journée du 20 mars ou le prince arriva a Paris, Talleyrand fut en rapport avec Murat. Savary raconte qu’en arrivant chez Murat vers les six heures du soir, il rencontra sous la porte le ministre des Relations extérieures qui en sortait. Le matin méme, il l’avait déja apercu 4 la Malmaison, 4 une heure qui n’était pas l’heure ordinaire de ses visites. Le soir, en quittant la Malmaison, Savary portait au gouverneur de Paris une lettre cachetée du Premier Consul; il est comme certain que Talleyrand avait pris part 4 la rédaction de cette lettre, d’ot devait résulter la mort du prisonnier.
La reine Hortense écrit 4 ce propos : « Tout lui fut pardonné [a Talleyrand]. I] eut l’absolution pléniére. Aussi ne lui reprocha-t-on jamais la mort du duc d’Enghien, dont il était un des principaux auteurs, tandis que Caulaincourt et Savary, qui en étaient innocents, en eurent constamment le blame. Ma mére répétait qu’un jour elle avait entendu dire a l’Empereur, faché contre M. de Talleyrand : « Je le trouve « plaisant de faire ses honneurs 4 mes dépens. Est-ce que je « connaissais le duc d’Enghien? Est-ce que je voulais le faire «mourir? » Certes ces affirmations de Napoléon sont sujettes a caution; mais il ne peut étre mis en doute que la responsa-
bilité de Talleyrand dans la tragédie de Vincennes demeure trés grande. Ses omissions, ses explications, ses dénégations ne peuvent prévaloir contre la vérité.
Il y a encore le fameux mensonge de Réal, dans lequel Talleyrand a sa part. L’ancien Jacobin, qui était alors chargé de la Police, n’avait lu qu’é cinq heures du matin, le 21 mars, l’ordre que le Premier Consul lui avait fait porter de la Malmaison la veille, 4 sept heures du soir; cet ordre lui disait d’aller interroger le prisonnier et méme, au besoin, de faire retarder l’exécution. Réal, accablé de fatigue, s’était couché de bonne heure, en défendant qu’on le réveillat. Quand il prit connaissance de l’ordre de Bonaparte, qui Pavait attendu toute la nuit dans son cabinet, il se précipita sur la route de Vincennes : il était trop tard. Sur cette sinistre comédie, on a le témoignage de Réal lui-méme, disant a Savary : « Vous savez bien ce qu’il [Talleyrand] m’a fait faire; je n’ai pas eu 4 m’en repentir, du reste. »
Plusieurs anecdotes circulérent au moment de la mort du duc d’Enghien, qui ne sont pas 4 ’honneur de Talleyrand. Dans la nuit tragique du 21 mars, il jouait au creps chez la duchesse de Luynes. A deux heures du matin, il prononcga ces simples mots, qui durent faire sur les assistants une impression. profonde : « Le dernier Condé a cessé d’exister. » Ce fut toute loraison funébre du prince, dont la mort s’était trouvée décidée — il le savait mieux que personne — dés le jour de son arrestation.
Au ministére des Relations extérieures, les chefs de service ne surent pas partager l’indifférence du ministre. D’Hauterive, malgré les excellents rapports qu’il entretenait avec lui, ne pouvait pas cacher son indignation. Talleyrand finit par lui dire : « Qu’avez-vous donc avec vos yeux hors de la
téte? — Ce que j’ai? répondit d’Hauterive, ce que vous devez avoir vous-méme si vous avez lu le Moniteur. Quelle horreur! — Eh bien! eh bien! répondit Talleyrand de son
ton le plus calme, étes-vous fou? Y a-t-il de quoi faire tant de bruit? Un conspirateur est saisi prés de la frontiére, on
V’améne a Paris, on le fusille; qu’est-ce que cela a de si extraordinaire? » On a résumé parfois la réponse du ministre en un mot brutal : « Eh bien quoi? Ce sont les affaires! »
Trois jours aprés la mort du duc d’Enghien, l’hétel de la rue du Bac était en féte : le ministre offrait un grand bal. Il avait moins de scrupules que sa femme, qui avait refusé d’assister 4 un bal que M. de Cobenzl avait donné deux mois plus tét, le 21 janvier, sans faire attention a l’anniversaire de la mort de Louis XVI; l’oubli de cette date était singulier de la part de l’ambassadeur d’Autriche. Le ministre de Prusse, Lucchesini, en faisant part 4 son gouvernement de leffet déplorable que l’exécution du duc d’Enghien avait eu sur opinion et sur les fonds publics, disait que le ministre avait été chargé de donner un grand bal; les étrangers, ajoutait-il, s’y rendront le coeur serré, et il ne sera pas peu remarquable d’y voir dans le marquis de Gallo, ’ambassadeur de Naples, un ambassadeur de famille qui ne devrait y paraitre qu’en deuil. Le ministre n’avait fait qu’exécuter un ordre; mais il n’y avait pas moins de cynisme a |’exécuter qu’a le donner.
La lettre de Chateaubriand envoyant tout de suite, le 22 mars, sa démission de ministre auprés du Valais, révéle un autre caractére; l’auteur du Génie du christianisme s’était borné 4 invoquer la mauvaise santé de sa femme. Talleyrand lui adressa, onze jours plus tard, une lettre, dans laquelle il lui exprimait des regrets officiels. Ni l’un ni autre n’étaient dupes de leur silence; le drame de Vincennes était seul en cause.
Il restait 4 donner aux Etats de l’Europe continentale — nos rapports étaient déja rompus avec |’Angleterre — des explications sur la violation du droit international commise par le gouvernement consulaire du fait de l’arrestation du duc d’Enghien en territoire badois. Déja les membres du corps diplomatique francais accrédités a l’étranger avaient recu une circulaire qui rendait le ministre anglais de Munich, Drake, responsable de la conspiration tramée contre le
Premier Consul. « Une telle prostitution de la plus honorable fonction qui puisse étre confiée & des hommes était sans exemple dans histoire des nations civilisées. » La plume indignée de Talleyrand continuait avec cette grandiloquence : « Elle étonnera, elle affligera Europe, comme le scandale d’un crime inoui et que, jusqu’A ce moment, les gouvernements les plus pervers n’avaient osé méditer : la profanation du caractére sacré d’ambassadeur, indignement travesti en ministre de complots, d’embauchage et de corruption. »
Le ministre était assuré A l’avance que les Etats secondaires de la rive droite du Rhin, Bade, Wurtemberg, Baviére, accepteraient sans protestation la violation du territoire germanique; depuis les derniers traités, ils étaient attachés d’une maniére étroite 4 alliance francaise. L’empereur, qui, en sa qualité de chef du Saint Empire, représentait les droits du corps germanique, aurait pu ou, plutét, aurait da €lever une protestation; mais tout ce qui avait trait au Premier Consul lui inspirait une sorte de respect. Champagny, l’'ambassadeur de France, était trés bien vu a la Cour de Vienne. Une dépéche de Talleyrand le chargea d’expliquer l’événement suivant la thése francaise; cette dépéche est du 19 mars, c’est-a-dire postérieure de quatre jours a ]’enlévement d’Ettenheim.
« Une multitude de faits et de preuves, écrivait le ministre, résultant de la procédure qui s’instruit 4 Paris touchant la conspiration tramée contre le Premier Consul, ayant mis en évidence la complicité d’un comité d’émigrés résidant A Offenbourg et a Ettenheim, le gouvernement a senti qu’on n’avait pas un moment a perdre pour s’assurer de ces conspirateurs... » Cela est la phraséologie officielle; mais ce qui suit porte un ton d’ironie ou de mépris qui n’a rien A voir avec une correspondance diplomatique : « Si les mesures prises a cet égard étaient l’objet de quelque observation qu’on éléverait devant vous, vous ne manqueriez pas de repousser, méme avec moquerie, les arguments qu’on voudrait tirer du droit des gens. » La pauvre raison d’Etat, qui n’avait cessé
d’étre l’argument des chancelleries, n’avait plus qu’a se taire. Le post-scriptum de cette dépéche est encore a citer; il annonce officiellement que le duc d’Enghien a été arrété 4 Ettenheim. « Cette circonstance, dit le ministre, va grossir l’événement et donner plus d’amertume aux observations. C’est pourquoi il faut parler haut et nettement. Croyez qu’on se fie a votre langage. Nous savons que vous avez toujours celui de la place et de la chose. Je vous salue de tout mon coeur. — Cu. Mav. TTALLEYRAND. »
La Cour de Vienne montra toutes les facilités qu’on pouvait désirer. Parlant de M. de Cobenzl, le ministre de Francois II, Champagny rapporte : « I] m’a donné a cet égard toutes les assurances que je pouvais recevoir de lui. » L’empereur en personne n’avait pas été moins empressé. « Oui, oui, dit-il 4 notre ambassadeur, et, si vous n’étes pas content de mes ministres, adressez-vous 4 moi, je les ferai aller! » :
En Russie, c’est une tout autre réaction que fit naitre la catastrophe de Vincennes. La cour d’Alexandre I? prit officiellement le deuil et, de plus, des explications furent demandées a la France sur la violation du territoire badois. Ces explications finirent par aboutir a une sorte de rupture, car Napoléon rappela son ambassddeur, le général Hédouville, et ne laissa & Pétersbourg qu’un chargé d’affaires, Rayneval.
Talleyrand faisait alors sa saison a Bourbon-l’Archambault; de cet endroit, le 25 juillet 1804, il écrivait a /Empereur :
« Les dispositions que la Cour de Russie manifeste ne sont proportionnées ni avec les motifs qu’elle expose, ni avec Yobjet qu’elle semble se proposer. Quels rapports y a-t-il entre les griefs qu’elle allégue et lirritation qu’elle montre? Comment le fait qui est la base de ce grief et qui est arrivé sur le territoire d’un petit prince voisin de la France pourrait-il conduire une grande puissance et celle qui est la plus distante de nous a une brouillerie d’éclat et a la cessation de toute relation diplomatique avec la France? Et ensuite,
a quoi tendrait cette rupture? La note de la Cour de Russie est une boutade inspirée par une ambition que la puissance de Votre Majesté aigrit et par un orgueil que votre prépondérance humilie. Votre Majesté jugera sans doute que ce serait donner trop d’importance A une aigreur aussi peu motivée et aussi peu sensément justifiée, si elle m’ordonnait de répondre, sans intervalle, A la note irréfléchie et mal rédigée du chargé d’affaires de Russie. »
A des explications qui avaient été demandées par le représentant de la Russie 4 Paris, d’Oubril, Talleyrand avait riposté que le meurtre de Paul Ie, commis A Saint-Pétersbourg, était resté impuni et que la France n’avait pas songé a envoyer une note a ce sujet. Cette allusion directe A l’assassinat politique qui avait fait monter sur le tréne le tsar régnant, fut pour celui-ci une blessure cruelle. Suivant le mot du grand-duc Nicolas Mikhailovitch, elle «ne fut jamais pardonnée 4 Napoléon, en dépit de toutes les embrassades de Tilsit et d’Erfurt ».
A plusieurs reprises, et avant Sainte-Héléne, Napoléon est revenu sur la part que Talleyrand avait prise, d’aprés lui, dans le drame de Vincennes.
Au mois de janvier 1809, lors de la scéne terrible qu’il fit a son ancien ministre et dont on trouvera le détail plus loin, il s’écria : « Et cet homme, ce malheureux — il désignait ainsi le duc d’Enghien, — par qui ai-je été averti du lieu de sa résidence? Qui m’a excité a sévir contre lui? »
Quelques semaines plus tard, le 6 mars 1809, l’Empereur avait une longue conversation avec Reederer; cette fois, son ton était calme. En parlant des affaires d’Espagne, il en vint a prononcer le nom de Talleyrand. II prétendit que Talleyrand lui avait remis vingt mémoires pour lui prouver la facilité de la guerre d’Espagne. « C’est la méme conduite, continua-t-il, que pour l’affaire du duc d’Enghien. Moi, je ne le connaissais pas; c’est Talleyrand qui me |’a fait connaitre — lEmpereur prononce toujours Taillerand. — Je ne savais
pas ow il était. C’est lui qui m’a fait connaitre l’endroit ou il était, et, aprés m’avoir conseillé sa mort, il en a gémi avec toutes ses connaissances. » Ce dernier trait ne parait pas conforme 4 la vérité.
Il y a encore les conversations ou plutét les monologues que Caulaincourt a recueillis lorsqu’il accompagnait l’Empereur en traineau, aprés les désastres de la campagne de Russie. Un long passage concerne Talleyrand. « Tout ce qui a été fait contre les Bourbons, dit l’Empereur, |’a été sous son ministére et a été préparé par lui. C’est lui qui m’a constamment entretenu de la nécessité de les éloigner de toute influence politique. C’est lui qui m’a décidé a faire arréter le duc d’Enghien, auquel je ne pensais pas, quand le préfet Shée et les intrigues anglaises de Drake fixérent sur lui l’attention de la police. J’étais loin alors d’attacher la moindre importance a son séjour sur les bords du Rhin, et, par conséquent, d’avoir aucun projet arrété sur lui... Berthier et Cambacérés hésitaient pour qu’on le fit arréter, a cause de la cour de Bade. Talleyrand insista, ainsi que Murat et Fouché. » Aprés s’étre étendu sur le réle de Murat, a qui il attribue une grande responsabilité dans ce drame, Napoléon revient sur ce qu’il avait déja dit : « Berthier, Cambacérés auraient préféré qu’il ne fit pas arrété et surtout qu’il ne vint pas 4 Paris... Talleyrand, plus politique qu’eux, avait, avec raison, été pour l’arrestation. »
Quand Talleyrand avait mis 4 la fin de ses Mémoires la date « Valencay, aodt 1816 », il pouvait croire que les lignes 4 peu prés insignifiantes — on les a citées plus haut — ot il avait rappelé l’arrestation et l’exécution du duc d’Enghien, exposeraient devant la postérité, une fois pour toutes, le réle complétement négatif qu’il s’attribuait dans cette lamentable affaire. Sept ans plus tard, comme le prince jouissait, un peu sans doute malgré lui, des loisirs forcés que lui avait faits la seconde Restauration, une polémique de presse le forga a reprendre la plume. II écrivit alors un « Appendice », qui,
| i he
cnr
i nr
iy Va
Hh
NA Lilia ( Hi Wo ae