‹ Talma et la révolutionChapitre 39 sur 43 · LA COMÉDIE FRANÇAISE EST CONSTITUÉE · texte numérisé non relu

LA COMÉDIE FRANÇAISE EST CONSTITUÉE

Le théâtre de la République fermé, l'Odéon en cendres, le théâtre Feydeau fermé, Sageret ruiné, Talma à Bordeaux, les autres artistes épars, il n'y avait plus de Comédie-Française. C'est alors que François de Neufchâteau, ministre de l'intérieur, aidé de Mahérault, commissaire du gouvernement, sentit la nécessité d'un théâtre français unique. Une seule opposition s'éleva, ce fut celle de Beaumarchais parlant en faveur de la concurrence. Il fit appuyer sa pétition de la signature des auteurs dramatiques les plus en vue tels que : Colin d'Harleville, Ducis, Legouvé, Arnault, Laya, Demoustier et Picard. Ce dernier acte fut, on peut le dire, le testament littéraire de Beaumarchais. Il mourut presque subitement le 29 floréal de cette même année. François de Neufchâteau n'en continua pas moins son œuvre, et la protestation des auteurs resta sans effet.

Le Théâtre-Français véritablement reconstitué ouvrit ses portes le 31 mai 1799, dans le local qu'il occupe encore aujourd'hui. Nous vous avons dit que la salle en avait été fraîchement restaurée par les soins du malheureux Sageret.

Après tant de vicissitudes, réunions, dispersions, emprisonnements, fermetures, réunions nouvelles, querelles, raccommodements, changements de salles et changements de dénominations, nous ne croyons pas superflu de remettre sous les yeux du lecteur la composition exacte de la troupe du Théâtre-Français lors de cette réouverture. La date qui suit le nom des artistes est la date de leur réception au sociétariat.

Etat du personnel de la Comédie-Française

le 31 mai 1799.

Commissaire du gouvernement : Mahérault.

Sociétaires :

MM. Mole, doyen 1761

Page 1