SCÈNE III
LA PRINCESSE, Mlle RENAUD, DOMINIQUE,
GUILLAUME et FRANTZ, sur le seuU.
LA PRINCESSE se retourne aveo le plus grand cal^e et regarde Frantz et Guillaume en se faisant uu abat-jour de sa main.
Ça, Dominique, des voleurs?.. Ah! bien oui... c'est des fleuves !
GUILLAUME, saluant la Princesse en riant.
En effet, madame, il ne nous manque que des roseaux dans les cheveux... Et nous allons être positivement noyés si vous ne daignez nous accorder un abri.
DOMINIQUE, à n^-voix à la Princesse.
Refusez, madame !
LA PRINCESSE, de même.
Bah ! bah ! au contraire. . . il faut les ménager! (Haut) Entrez, messieurs.
FRANTZ
Mais nous sommes à peine présentables» Nous avons chassé tout le jour. . .
LA PRINCESSE
Rûson de plus I II faut vous reposer.
GUILLAUME, s'ayançant *.
En vérité, madame, je ne sais comment excuser notre invasion. . . Cette villa était inhabitée depuis deux années
* Guillaame, Frantz, la princesse, Dominique, Mlle Renaud.
et. . . nous nous étions réfugiés dans le kiosque qui borde la route, quand un de yos gens nous a surpris. . .
LA PRINCESSE
Ne TOUS excusez pas!... (a. Frantz.) Approchez aussi, moÀ^ sieur.
FRANTZ, saluant.
Madame. . .
LA PRINCESSE
Mais j*y songe, à yous voir sur les chemins par le temps qu'il fait, je suppose que yous n'avez pas diné. . . Dominique, dites qu'on apprête tout ce qu'il faut.
GUILLAUME
Non, mille grâces, madame, j'espère que cet orage nous permettra bientôt de reprendre notre route. . .
LA PRINCESSE
Laissez, laissez !.. Seulement. . . excusez-moi, je vous prie... si... si... il vous était possible de parler sans fusils. . . Mettez-les donc là-bas, dans ce coin. . . On vous les rendra...
GUILLAUME, riant.
Ah ! pardon, Madame.
Guillaume et Frantz remettent leurs fusils à Dominique, qui les emporte
en sortant.
LA PRINCESSE, pendant que Guillaume et Frantz remontent, à mademoiselle Renaud, à mi-voix.
Je suis coiffée comme un chien fou.
GUILLAUME, redescendant *.
En vérité, madame, j'étais tout d'abord confus du trouble* que nous apportons chez vous... mais je n'ose plus m'excuser, car au fond du cœur, en vous voyant si bonne, je suis ravi d'être si fort indiscret.
LA PRINCESSE
Ah ! Français que vous êtes, votre premier mot devait être une flatterie ! . . . Je ne déteste point cela, malgré mes soixante ans. .. Gontëntez-vous de cet àge.«. j'en cache un peu . . .pas beaucoup . « .
* Frantz, Guillaume, la Pripcesse, Mlle Renaud.