‹ Tamara: comédie en quatre actesChapitre 11 sur 74 · ACTE PHEMIER · texte numérisé non relu

ACTE PHEMIER

FRANTZ

La grâce est toujours jeune, madame.

LA PRINCESSE

Bien dit !.. . Oh ! si je l'osais, comme je serais encore coquette I

GUILLAUME

Eh quoi!.. Ne le seriez- vous plus, madame?

LA PRINCESSE

Vous êtes trop curieux. . . (a Mile Reoaud, à mi-voîx.) Ils ont des manières parfaites, ma chère, et il est impossible.. . (ACmiioame.) Dites douc, monsieur, en confidence. . . Nous sommes discrètes . . . Est-ce que vous êtes véritablement des voleurs?. . .

GUILLAUME

Des voleurs ! . .

C'est sôus cette qualité qu'on vous a annoncés. . .

GUILLAUME, riant.

Madame, je vous jure. . .

LA PRINCESSE

C'est ce que je pensais!. . . Vous voyez bien, Renaud!... (a Guiiianme.) Ëh bien, alors, nous ne sommes point à un bal d'opéra pour causer sous le masque de l'intrigue... Je m'appelle la princesse Gorlitzin, je suis Russe, comme vous pouvez l'entendre à mon accent. . . J'ai acheté cette villa, il y a six mois, je l'habite depuis trois semaines, et je m'y ennuyais depuis huit jours, au moment de votre arrivée. Voilà qui est fait ! . . . Et vous?

GUILLAUME

Âh! pardonnez-moi, madame, de n'avoir point encore décliné nos noms. . . Mon ami s'appelle Fran^z Weber, et moi, Guillaume de Chandor.

LA PRINCESSE

Ah ! mon Dieu !.. Qu'est-ce que vous me dites-là donc ?.. Vous êtes M. Guillaume de Chandor?..

GUILLAUME

Oui, madame.

LA PRINCESSE

Celui qui écrit de si jolis livres, et qui habite ici près le château de l'Ombrée?

GUILI.AUME.

J'écris en effet des livres et j'habite l'Ombrée.

LA PRINCESSE, avec animation.

Ah ! quelle aventure ! , . . Mais Tamara va être ravie ! . . (A MUe Renaud.) Soiinez douc, je VOUS prie. . . Tamara, c'est ma nièce, une tête romanesque, une liseuse enragée!.. . (A Dominiipie qui entre.) Dominique, priez la comtesse de descendre. . . Dites-lui. . . non. , . ne lui dites rien .-. . seulement que je l'attends! (Dominique sort.) Ah! que je vais m'amuser de sa surprise !

\ GUILLAUME

Mais, madame, nous devenons, j'en ai peur, décidément importuns.

LA PRINCESSE

Au contraire!.. Imagi nez- vous , monsieur, que nous avions toutes ici une envie folle de vous connaître, et que ma nièce^ depuis huit jours, nous fait virer là-bas autour de votre château, à la seule fin de vous apercevoir»

GUILLAUME

Ah ! que ne l'ai-je su, madame !

LA PRINCESSE

Ghutl... la voici.., je l'entends!... N'ayons l'air â,e rien.

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