ACTE ROI81ÈME
LA PRINCESSC.
Voyez-vous la vaniteuse !
MADEMOISELLE RENAjUD, achevant de cacheter les lettres.
Je puis envoyer ces lettres à la poste ?
LA PRINCESSE
Oui, merci, chère. (Mademoiselle Reuaud sort. A Jacqaelioe.^ AvOZ-
vous bien dansé hier, à ce bal?.
JACQUELINE
Oaf!... Une heure et demie de cotillon!... Je tourne
encore.
LA PRINCESSE
Vous aviez une toilette ravissante. £lle a dû faire son effet.
JACQUELINE, d'nn petit air fat.
Oui, assez. (Eatre Frantz.) Ah ! voici mou ours, voyez-vous qu'il est venu.
FRANTZ, allant droit à Jacqueline et lui tendant la main.
Bonjour, princesse.
JACQUELINE, imitant la princesse.
Bonjour donc, déjà, mon cher.
FRANTZ «'apercevant de sa méprise, à la princesse.
Ah 1 pardon, princesse.
LA PRINCESSE, riant.
Voyez-vous l'instinct !
Mon instinct me faisait tendre la main à quelqu'un que j'aime... J'ai cru que c'était vous, princesse.
LA PRINCESSE
Bon, c'est une déclaration cela.
JACQUELINE
Perfide !..• devant moi!
FRANTZ, avec un effroi comique.
Tout est découvert ! Tirez-moi de là, princesse.
LA PRINCESSE
Impertinents que vous êtes tous deux, c'est moi qui fais les frais de vos manèges d'amoureux!... Si j'avais seulement trente ans de moins. . .
JACQUELINE
Je me sauverais.
LA PRINCESSE
Pour qu'il vous suive. — À propos, avez-vous vu Michel, hier, à ce bal?
JACQUELINE
Je l'ai aperçu. Il doit aujourd'hui vous faire visite.
LA PRINCESSE
Ce sera la seconde en trois mois.