‹ Tamara: comédie en quatre actesChapitre 43 sur 74 · GUILLAUME, FRANTZ · texte numérisé non relu

GUILLAUME, FRANTZ

FRANTZ

Ab ! nous n'allons pas au bal de demain?. . • bonne nouvelle !

GUILLAUME

Oui.

FRANTZ

Mais vous répondez d'un air soucieux. • . regretteriezvous de passer une nuit sans voir danser nos femmes ?

GUILLAUME

C'est que je m'inquiète de cette résolution de Tamara.

FRANTZ, riant.

Bonté du ciel, encore. . . GuiUaume? Après vous être effrayé du monde, allez-vous vous effrayer de la retraite?

GUILLAUME

Eh! sans doute, je suis fou ! mais que veux-tu? je ne puis dominer mes craintes, car c'est pour elle, c'est pour son repos que je tremble.

FRANTZ

Pour son repos?. • . QueUe diable d'idée vous pousse-là,

Guillaume?. . En venez- vous à douter, après deux ans de mariage, de confiance et de quiétude ? Quand vous vous êtes éprouvés tous deux, et que votre affectioti ne s'est jamais démentie?.. Mais c'est presque lui faire offense!

GUILLAUME

Eh I tu sais bien commentée l'aime, et que je suis prêt à tout subir pour la voir heureuse ! . . . Que te dirai-je?. . . J'ai tort sans doute, mais j'ai peur du monde, de cette vie agitée. . .

FRANTZ

Non, non, ce n'est pas le monde qui vous effraie! (Mouvement de Guiiiabme.) Voyous, frère, osez être brave avec moi... Il est de ces fantômes qu'il suffît de toucher du doigt pour les faire évanouir.

GUILLAUME, troublé.

Que veux- tu dire? et quel est ce fantôme.

FRANTZ, après iin silence.

Il s'appeUe. . . Michel Woynoff.

GUILLAUME

Frantz! — Eh bien! oui, tuas raison. .. Depuis que Michel est de retour, je suis tourmenté par cette pensée cruelle qu'elle l'a aimé.

FRANTZ

Mais, Guillaume ... ils se rencontrent à peine.

GUILLAUME

Eh! crois-tu donc que je la soupçonne?. . Mais tu sais tout de notre mariage... Je ne dois mon bonheur et Tamara qu'à une déception qui Ta séparée de lui. Tu ^ vu mes combats et mes craintes.

FRANTZ

Oui, et je pouvais les comprendre alors, car c*était hasarder votre avenir à tous deux dans une terrible épreuve... mais aujourd'hui rien ne justifie vos inquiétudes... il reste entr'eux des liens de famille... de convenance...

GUILLAUME

Hé ! raisonne-tpim la jalousie, la peur ? Ah i nature Bim-

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