‹ Tamara: comédie en quatre actesChapitre 49 sur 74 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

TAMARA, l'interrompant avec bantettr.

Michel!... où vous croyez-vous donc ici.

LA PRINCESSE

£h bien ! eh bien ! ne vont-ils pas se quereller?

UIGHEL, à Tamara, nn peu eonfug.

Pardonnez-moi. . . Tamara, mais je répondais., .

LA PRINCESSE, se levant.

Taisez-vous, mécréant!... vous répondiez comme dans votre monde... Vous devenez mauvais ton, moucher, prenez-y garde. . • ! Et franchement, à vous, cela ne vous sied pas.

MICHEL*

Mais c'est qu'en vérité, princesse, vous voulez me marier. . . Il est naturel que je me défende.

LA PRINCESSE, riant.

Et il se disait converti ! . . . Mais voyons, grand enfant, puisqu'il faut vous sauver malgré vous, apprenez que ce n'est point ici un projet dans les nuages. Vous êtes agréé si TOUS dites seulement oui, sans discussion, sans examen. Vous êtes à moitié ruiné. . . On le sait.

MICHEL

Princesse, vous êtes effirayante.

LA PRINCESSE

Enfin, pour dernier argument, il s'agit de Marie Bomberg, vous la connaissez... Que pensez- vous d'elle ?

MICHEL

Je pense qu'elle est tout à fait charmante... mais...

LA PRINCESSE

Seriez-vous donc bien à plaindre?... et vous serait-il si difficile de l'aimer?...

MICHEL

Je suis capable d'aimer toutes les femmes, princesse. (Mouvement de Tamara.) Oh ! ne craiguez plus, chère Tamara, que le moindre mot de mes lèvres ne soit une offense. La princesse a prononcé un nom qui m'inspire le respect, et... si dégradé que je suis...

* La princBMe, Micho), Tamara.

Michel !

MICHEL

J'ai conscience de ma chute, et c'est pourquoi je me mépriserais, si j'osais apporter mon cœur flétri à ce rayonnement de jeunesse, unir mes ruines à ce printemps.

LA PRINCESSE

Ah ! bon Dieu ! ses ruines !... Il parle comme s'il était le Juif errant !

MICHEL, arec une doulooreuse amertume.

Eh bien ! oui, et, comme lui, j'ai méconnu mon rédempteur, l'amour... et je l'ai outragé, chassé... Gomme lui, j'ai traîné ma vie errante à travers des sentiers maudits, souillant mon cœur, mon âme et ma pensée, reniant toute foi.

Michel'l

MICHEL

Vous voyez bien que je ne puis être l'époux de cette chaste enfant, qui rêve d'amour et d'espérances... (Riant d'an maQTais rire.) Ha ! ha ! piincesse... pardonuez-moi de rire... Je déclame, comme Fange déchu regrettant du fond de son ombre, la splendeur du ciel ! — Et vous qui vouliez parler raison !

LA PRINCESSE

Âh!... quel fou !

MICHEL

Mais c'est aussi votre faute ! Franchement, vouloir me marier!... moi !

LA PRINCESSE

Bon ! bon ! faites le brave... Je ne me tiens pas du tout pour battue ?... J'en ai vu de plus réti& !..•

MICHEL

Princesse, je me sauve !

LA PRINCESSE, riant.

Ah !... Et cette grande conversion ?

MICHEL

J'y renonce ! (Lnî tendaat la main.) Adiou, princcsso.

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