SCÈNE IX
TAMARA, MICHEL.
TAMARA, regarde sortir la princesse, puis, va vivement vers Michel.
Michel, ce mariage, il faut qu'il se fasse I
MICHEL
Gomment ?
TAMARA, avec autorité.
Il le faut! vous dis-je, pour sauver votre vie.
MICHEL
Ma vie !
Il le faut, parce que je ne veux pas plus longtemps .vous voir ainsi dégradé, avili!. . Parce que je ne veux pas plus longtemps rougir de vous !
MICHEL
Voyons, il est impossible que vous... vous ! vous soyez descendu si bas, que toute noblesse soit étouffée dans Votre âme! Mais, je vous le répète, vous êtes perdu!... ce mariage seul peut encore vous sauver !
MICHEL, détournant la tête.
Tamara... pardonnez-moi, je ne puis... ni ne veux vous " obéir.
96 TAMABA
TAMARA, s'onbUant.
Et si je vous Tordoxmais ?
MICHEL
Quoi? ...
TAMARA, vivement.
Au nom de votre mère qui m'a aimée, au nom de notre amitié d^enfance.
MICHEL
Ne me rappelez pas ces souvenirs. Ils ne peuvent plus me protéger.
Grand Dieu!.. Ainsi c'est donc vrai, vous êtes devenu la proie du vice. Et les fiers instincts d'autrefois se sont éteints dans les débauches I
MICHEL, se détournant avec on mouvement de honte.
Je vous écoutais, là, tout à l'heure, et mon cœur se glaçait, à cette effronterie de cynisme, à cette ironie honteuse d'elle-même.
MICHEL, éperdu.
Ah ! taisez-vous.
Non, car si je me taisais, c'est que je n'aurais plus pour vous que du mépris.
MICHEL, avec éclat.
Du mépris I malheureuse !... Ah î vous êtes sans pitié !...
Michel !
MICHEL
Ah ! c'est trop ! la mesure est comble ! Eh bien, oui, je suis un misérable. Oui, je me brûle et je me tue, parce que j'ai assez de cette vie.
Mourir, vous !
MICHEL, avec véhémence.
J'ai voulu me faire tuer en soldat, la mort m'a repoussé.
Taisez-vous.
* Tamara, MieheL