ACTE PREMIER
très-fantasque. ~ Gela me rappelle le comte Marchoff qui faisait de si jolis vers. . . Figurez-vous qu'un jour, à ma campagne, près de Moscou, nous étions seuls... Le général était au Gaucuse. . . et il avait dans les yeux une exaltation... pas le général... le comte Marchoff... il me disait...
MADEMOISELLE RENAUD, toussant.
. Hem ! hem ! . . .
LA PRINCESSE, tranquillement.
Ah! bien, bien !. . . Encore votre rhume. . . De grâce, Renaud, mariez-vous donc une fois, que je puisse vous conter mes histoires.
MADEMOISELLE RENAUD
Oui, madame, j'y songerai.
LA PRINCESSE
Allons, décidément, ma patience ne va pas!... Si je trichais un peu pour me la faire réussir?
MADEMOISELLE RENAUD, riant.
Alors, madame, comment pourriez-vous y avoir confiance?
LA PRINCESSE
Eh ! ma chère^ on n'aurait pas souvent de bonheur dans la vie, si on ne trichait pas un peu pour s'abuser!.. (Regardant ses cartes.) G'est qu'il n'y a pas à dire... cela ne va pas du tout!... Ah! si je n'avais seulement que trente ans. . . ou même quarante... G'est moi qui n'aurais pas de chagrins d'amour. . . et qui ne m'amuserais pas à faire des patiences ! . . . Ah ! voici Dominique !