ACTE QUATRIÈME
GUILLAUME
Une séparation !
FRANTZ
Non, Guillaume ! Tamara n'est point de ces femmes qui se résignent à la faute et gardent mal le nom qu'elles portent.
GUILLAUME, avec une amère ironie.
Âh ! c'est la consolation qui me reste, n'est-ce pas ? Mon honneur est sauf, mon nom ne sera point avili?. . Et je la garderai près de moi, rougissante, humiliée d'un parjure involontaire?.. Dévorant mes angoisses et le cœur plein d'orages, j'assisterai témoin passif à cet adultère de pensée?..
FRANTZ
Guillaume...
GUILLAUME
Invente un autre nom à cette situation maudite. Et qui te dit . . . qu'elle ne l'a pas appelé ?...
FRANTZ, avec énergie.
Guillaume, non !.. Si elle a été imprudente^ sa vertu l'absout, et votre pardon la relève.
GUILLAUME
Ah ! tu crois encore à cette illusion qui m'a leurré un jour?.. Le pardon de l'époux, l'expiation delà femme?.*
FRANTZ
Eh bien ?
GUILLAUME
Eh bien^ la réalité cruelle est là, devant nous. Le fait brutal nous écrase et nous ramène à notre misère humaine... cet homme est entre nous. Il n'est plus ni oubli ni pardon. D'ailleurs, il est trop tard, ce duel rend tout irréparable!.. Si j'en sors vivant, dans une heure, Je pars*
FRANTZ
Guillaume, prenez garde !...
GUILLAUME, avec décision.
Frantz, depuis un mois j'ai creusé cette pensée. Je suis résolu. Dans un instant, je vais avoir un dernier entretien avec Tamara...
118 TAMABA
FRANTZ
Je VOUS dis, moi, qu'elle ne consentira pas. . .
GUILLAUME, apercerant Tamara.
LaToici... tais-toi.
TAMARA^ elle entre v'iTement, radieuse, animée, le visage rayonnant
d'une exaltation fiérrense.
Guillaume. (ApercoTant Frante, elle s'arrête.) Ah ! VOUS êtOS là,
Frantz ? Jacqueline tous appelle.
FRANTZ
Merci, je la rejoins, (a Guillaume à mi-voix.) Du courage, moi j'espère.
GUILLAUME, de même lid montrant Tamara.
Tu espères?.. Tiens, regarde cette joie, cet éclat qui l'animent. . Elle sait qu'il est ici. . . Elle l'a vu peut-être !
FRANTZ
GuiUaiune...
GUILLAUME
Va ! va !