SCÈNE Ili
WOLFRAM, TANNUAUSER.
La nuit est venue. Taniihaai^er entre en s'appuyaat penibLiRieai sur son bâton ; sa robe de pèlerin est déchirée, sa figure es* méconnaissable.
TANNHAUSER, d'une voie épuisée.
C'est le son d'une harpe K^ il est triste et sévère I Ce n est pas d elle, hélas, qu il vient 1
WOLFR^AÏ.
Qui donc es-tu^ 0 pèlerin qui. marches solitaire?
Qui je suis? moi... Je t'ai bien reconnu, Wolfram! le chanteur qu'on révère!
WOLFRAM, avec effroi et surprise.
Henri! toi ! mais quel but ici t'amène ? dis?
Si tes péchés ne sont remis.
Oses-tu diriger vers nous tes pas coupables ?
TANNHAUSER, avec une expression sinistre.
Non, chanteur, calme tes soucis!
Car je ne viens chercher ni toi ni tes semblables. Je cherche qui pourrait m'indiquer le chemin
Qu'autrefois je trouvais soudain!
WOLFRAM
Et quel chemin ?
Celui qui mène Près de Vénus!
40 TANNHAUSEK
WOLFRAM
0 jour d'horreur î Tais-toi! blasphémateur!...
Quel démon t'entraîne?
Connais-tu ce chemin?
WOLFRAM
Insensé 1 quel effroi Me glace en t*écoutantl d*où viens-tu? réponds-moi, N'étais-tu pas à Rome?
Assez I tais-toi 1...
Ne parle pas de Rome!
WOLFRAM
Eh quoi!..
N'étais-tu pas à la fête bénie ?
Tais-toi I
WOLFRAM
Tu n'y fus pas! parle! je t'en supplie!
TANNHAUSER, comme essayant de se souvenir, avec une douleur concentrée.
Oui I moi je fus à Rome !
WOLFRAM
Alors raconte-moi...
Infortuné! pour toi De pitié mon âme est remplie !
T. IINHAUSER, le regardant avec une expression étonnée et attendrie.
Wolfram!... tu n'es donc pas mon ennemi ?
WOLFRAM
Qui! moi !