‹ Tannhauser, opéra en trois actes, quatre tableauxChapitre 7 sur 35 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Ta voix le chante, et tu fuis cependant I De ma tendresse es-tu las maintenant?

Belle déesse, ah ! calme ta colère!

A tant d'attraits, oui, je dois me soustraire^

Plus que jamais je t'aime, et je dois fuir!

YÉNUS. vN

Malheur à toi ! traître! infidèle! '%^ )

TAN N RXVSErU ,, r^jifi^\.'- '

Non, jamais tu ne fus si bellCTy^ Je t'aime, mais je dois te fuir ,

VENUS

en us, après s'èt a a use J daûs ^n mou-

vement passiornô el \t\\ cachant sa tigure flans ses mains, se retourne vers lui, Elje^fait un signe, uiie grotte voluptueuse apparaît auprès d'eux. : '

A Tannhauser, avec une expression séduisante.

[ Viens, cher amant, vois cet asile, ^ Vois ces fleurs au parfum si doux ?

D'y reposer calme et tranquille,

Oui, même un dieu serait jalouxj

Ah! viens! et laisse-toi conduire) , "

Dans une amoureuse langueur,

La tiède haleine du zéphire Ranimera la ilamme de ton cœur!

C^IIQEUR INVISIBLE DES SIRÈNEI^;^^^? jt'

Près du rivage, Sur cette plage...

Le chœur se perd au loin.

VÉNUS

Entends ces chants qui planent dans l'espace ! Viens, que mon bras, comme un lien t'enlace 1

Bols de ma lèvre, ami, le doux nectar ! Voi§ la tendresse au fond de mon regard!

C'est du pardon la charmante promesse:

Ail! viens subir d'amour la douce ivresse, Transports divins que rien ne doit finir! Mon chevalier, voudrais-tu donc me fuir?

TANNUAUSER, reprenant sa harpe.

Ma voix toujours redira mon ivresse, C'est toi, c'est toi que fêteront mes chants . Je chanterai ta grâce, ta jeunesse, Source d'amour et de plaisirs ardents!

De cet amour, ô ma belle déesse, Le feu divin brûle encor dans mes sens 1 Pour toi, de l'univers je brave la colère,

Partout mes chants vont proclamer ta loi I

Pourtant je dois revoir la terre ;

Esclave, hélas I auprès de toi,

Être libre est ma seule envie!

0 liberté! rends-moi la vie!

Aux combats, je voudrais courir, Braver la mort! Ah ! puissc-je périr!...

De ton empife il faut partir!

0 déesse, laisse-moi fuir!

VÉNUS, dans la plus violente colère.

Perfide I pars! suis ton caprice!

Pars ot sois libre. Va ! que ton sort s'accomplisse I Va retrouver ces froids mortels, Dont la tristesse et la colère.

Des dieux joyeux, dans cette terre Ont fait cacher les saints autels.

Pars, téméraire !

Et va chercher la paix!

-Cherche la paix, ne la trouve jamais.

■^ Ceux dont tu méprisais la race, <H-^u® ^^^^ ^^^ orgueil tu raillais,

^ Va leur demander grâce !

Cours implorer ceux que tu combattais, Ta honte alors sera complète !

De tes tourments on se rira; Banni ! maudit ! Moi, je te vois déjà

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