ACTE PREMIER
Ta voix le chante, et tu fuis cependant I De ma tendresse es-tu las maintenant?
Belle déesse, ah ! calme ta colère!
A tant d'attraits, oui, je dois me soustraire^
Plus que jamais je t'aime, et je dois fuir!
YÉNUS. vN
Malheur à toi ! traître! infidèle! '%^ )
TAN N RXVSErU ,, r^jifi^\.'- '
Non, jamais tu ne fus si bellCTy^ Je t'aime, mais je dois te fuir ,
VENUS
en us, après s'èt a a use J daûs ^n mou-
vement passiornô el \t\\ cachant sa tigure flans ses mains, se retourne vers lui, Elje^fait un signe, uiie grotte voluptueuse apparaît auprès d'eux. : '
A Tannhauser, avec une expression séduisante.
[ Viens, cher amant, vois cet asile, ^ Vois ces fleurs au parfum si doux ?
D'y reposer calme et tranquille,
Oui, même un dieu serait jalouxj
Ah! viens! et laisse-toi conduire) , "
Dans une amoureuse langueur,
La tiède haleine du zéphire Ranimera la ilamme de ton cœur!
C^IIQEUR INVISIBLE DES SIRÈNEI^;^^^? jt'
Près du rivage, Sur cette plage...
Le chœur se perd au loin.
VÉNUS
Entends ces chants qui planent dans l'espace ! Viens, que mon bras, comme un lien t'enlace 1
Bols de ma lèvre, ami, le doux nectar ! Voi§ la tendresse au fond de mon regard!
C'est du pardon la charmante promesse:
Ail! viens subir d'amour la douce ivresse, Transports divins que rien ne doit finir! Mon chevalier, voudrais-tu donc me fuir?
TANNUAUSER, reprenant sa harpe.
Ma voix toujours redira mon ivresse, C'est toi, c'est toi que fêteront mes chants . Je chanterai ta grâce, ta jeunesse, Source d'amour et de plaisirs ardents!
De cet amour, ô ma belle déesse, Le feu divin brûle encor dans mes sens 1 Pour toi, de l'univers je brave la colère,
Partout mes chants vont proclamer ta loi I
Pourtant je dois revoir la terre ;
Esclave, hélas I auprès de toi,
Être libre est ma seule envie!
0 liberté! rends-moi la vie!
Aux combats, je voudrais courir, Braver la mort! Ah ! puissc-je périr!...
De ton empife il faut partir!
0 déesse, laisse-moi fuir!
VÉNUS, dans la plus violente colère.
Perfide I pars! suis ton caprice!
Pars ot sois libre. Va ! que ton sort s'accomplisse I Va retrouver ces froids mortels, Dont la tristesse et la colère.
Des dieux joyeux, dans cette terre Ont fait cacher les saints autels.
Pars, téméraire !
Et va chercher la paix!
-Cherche la paix, ne la trouve jamais.
■^ Ceux dont tu méprisais la race, <H-^u® ^^^^ ^^^ orgueil tu raillais,
^ Va leur demander grâce !
Cours implorer ceux que tu combattais, Ta honte alors sera complète !
De tes tourments on se rira; Banni ! maudit ! Moi, je te vois déjà