‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 206 sur 281 · A° PT A P · texte numérisé non relu

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Chap. 25. Texte.

A. Il est UD être d'origine inconnue, qui exista avant le ciel et la terre, imperceplible et indéfini, unique et immuable, omniprésent et inaltérable, la mère de tout ce qui est.

B. Je ne lui connais pas de nom propre. Je le désigne par le mot Principe. S'il fallait le nommer, on pourrait l'appeler le Grand, grand aller, grand éloignement, grand retour, (le principe de l'immense évolution cyclique du cosmos, du devenir et du finir de tous les êtres).

C. Le nom Grand convient (proportionnellement) à quatre êtres ( superposés); à l'empereur, à la terre, au ciel ( triade chinoise classique), au Principe. L'empereur doit sa grandeur à la lerre ( son théâtre), la terre doit sa grandeur au ciel (qui la féconde), le ciel doit sa grandeur au PiÎQcipe ( dont il est l'agent principal). (Grandeur d'emprunt, comme on voit. Tandis que) le Principe doit sa grandeur essentielle, à son aséilé.

Résumé des commentaires.

Chapitre célèbre ; comparez le chapitre 1. Les commentateurs sérieux s'accordent^ les verbeux bafouillent. Le Principe est appelé la mère de tout ce qui est, en tant que source de l'être de tout ce qui est. Il ne peut être nommé, étant le néant de forme, lequel est dépourvu de tout accident auquel on puisse accrocher un qualificatif. Etre indéfini, ou Principe universel, sont les seuls fermes qui lui soient applicables proprement.

Chap. 26. Texte.

A. Le lourd est la base (racine) du léger, le repos est le soutien (prince) da mouvement. (Ces choses doivent toujours être unies dans un juste tempérament. )

B. Aussi un prince sage, quand il voyage (dans son char léger), ne se sépare-t-il jamais des lourds fourgons qui portent ses bagages. Par quelques beaux paysages qu'il passe, il ne prend son gîte que dans les localités paisibles.

Lào-tzeu.

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G. Hélas, comment un empereur a-t-il pu donner à l'empire le spectacle d'une folle conduite, perdant à force.de légèreté toute autorité, et à force de libertinage tout repos?!

Résumé des commentaires.

Allusion historique à V empereur 幽 王 You- Wang, ou à un autre, on ne sait pas au juste. Les commentateurs sont d'avis que ce chapitre est seulement une exhortation à une conduite réglée. Dans le dentier paragraphe, dans bien des éditions, au lieu de 粮, ou trouve les variantes 本 OM 臣丄 e parallélisme absolu entre A et C, exige 根 (

Chap. 27. Texte.

A. L'habile marcheur ne laisse pas de traces, l'habile parleur ne blesse personne, l'habile calculateur ne se sert pas de fiches, l'expert en serrures en fabrique que personne ne peut ouvrir, l'expert en nœuds en noue que personne oe peut dénouer. (Tous les spécialistes ont ainsi leur spécialité, qui. fait leur gloire, dont ils tirent profit.)

B. De même le Sage (politicien confucéen), le sauveur professionnel des hommes et des choses, a ses procédés à lui. Il se considère comme le maître né des autres hommes, qu'il estime être la matière née de son métier. '

G. Or c'est là s'aveugler, (voiler la lumière, les principes taoïstes). Ne pas vouloir régenter, ne pas s'approprier autrui, quoique sage faire l'insensé (s'obstiner à vivre dans la retraite), voilà la vérité essentielle.

Résumé des commentaires.

Traduit d'après Tchang-houngyang 不好爲 人師, 不愛 i A 爲資, lequel remarque, avec raison, que presque tous les commentateurs se sont trompés sur l'interprétation de ce chapitre. 一 Ojjpositio'n nette du Confucéiste et du Taoïste. Le premier ne rêve qu'une fonction qui lui donne autorité sur les hommes. Le second s'en défend tant qu'il peut.

Chap. 28. Texte.

A. Avoir conscience de sa puissance virile (savoir qu'on est m coq),. et se tenir néanmoins volontaire-

Lao-tzeu.

ér 歸式 於^ 樸德

ment dans l'état inférieur de la femelle (de la poule) ; se tenir volontairement au plus bas point dans l'empire... Se comporter ainsi, c'est m'ontrer qu'on conserve encore la verlQ primordiale, (le désintéres-

[ sèment absolu, participation du Principe).

f B. Se savoir éclairé, et se faire passer volontairement pour ignare ; être volontiers le marchepied de tous... Se comporter ainsi, c'est prouver qu'en soi la vertu primordiale n'a pas vacillé, qu'on est encore uni au premier Principe.

G. Se savoir digne de gloire, et rester volontairement dans l'obscurité ; être volontiers la vallée (le plus bas point) ',de l'empire... Se comporter ainsi, c'est prouver qu'on possède encore intacte l'abnégation originelle, qu'on est encore dans l'état de simplicité naturelle.

D. (Le Sage refusera donc la charge de gouverner. S'il est contraint de l'accepter, alors qu'il se souvienne que) de l'unilé primordiale, les êtres multiples sont sortis par éparpillement. (Qu'il ne s'occupe jamais de ces êtres divers), mais gouverne comme chef des olficiers (premier moteur), uniquement appliqué au gouvernement général, sans s'occuper iiuliemeot des détails.

Résumé des commentaires.

Ce chapitre se rattache à G, la fin du ijrécédent,'. Il décrit bien le gouvernement olympien, tel que V entendent les Taoïstes. Le chapitre 29 fait suite.

Ac 用知

Chap. 29. Texte.

A. Pour celui qui tient l'empire, vouloir le manipuler (agir positivement, gouverner activement), à mon avis, c'est vouloir l'insuccès. L'empire est un mécanisme d'une délicatesse extrême. Il faut le laisser aller tout seul. Il n'y faut pas toucher. Qui le touche, le détraque. Qui veut se l'approprier, le perd.

B. Quand il gouverne, le Sage laisse aller tous les êtres (et l'empire qui est leur somme ), d'après leurs natures diverses; les agiles et les lents ; les apathiques et les ardents ; les forts et les faibles ; les durables et les éphémères.

ci II se borne à réprimer les formes d'excès qui seraient nuisibles à l'ensemble des êtres, comme, la puissance, la richesse, l'ambition. ! .

Lao-tzett.

Résumé des commentaires.

Tchang-houngyang appelle cette répression des excès, la seule intervention permise au Taoïste, 此乃無 爲中之 有爲也 Vagir dans le non-agir.

Chap. 30. Texte.

(De tous les excès, le plus préjudiciable, le plus damnable, c'est celui des armes, la guerre).

A. Que ceux qui assistent un prince de leurs conseils, se gardent de vouloir faire sentir à un pays la force des armes. (Car pareille action appelle la revanche, se paie toujours fort cher. ) Là où des troupes séjournent, les terres abandonnées par les laboureurs, ne produisent plus que des épines. Là où de grandes années ont passé, des années de malheur (famine et brigandage) suivent.

B. Aussi le bon général se contente-t-il de faire ce qu'il faut (le moins possible; répression plutôt morale que matérielle), et s'arrête aussitôt, se gardant bien d'exploiter sa force jusqu'au bout. Il fait tout juste ce qu'il faut ( pour rétablir la paix), non pour sa gloire et son avantage, mais par nécessité et à contre-cœur, sans intention d'augmenter sa puissance.

G. Car à l'apogée de toute puissance, succède toujours la décadence. Se faire puissant, est donc contraire au Principe, ( source de la durée). Qui manque au Principe sur ce. point, ne tarde pas à périr.

Commentaires littéraux. Aucune controverse.

Chap. 3i. Texte.

A. Les armes les mieux faites, sont des instruments néfastes, que tous les êtres ont en 、 horreur. Aussi ceux qui se conforment au Principe, ne s'en servent pas.

B. En temps de, paix, le prince met à sa gauche (la place d'honneur) le ministre civil qu'il honore ; mais même en temps de guerre, il met Ie、 commandant militaire à sa droite ( pas la place d'honneur, même alors qu'il est daos^Péxercice de ses fonctions ).

s A 夫佳兵 者, 不 祥 之 器、 物 或 惡 之。 故 有道者 不處。 B 君子 or 則 貴左。 用 兵、 則

Lao-tzeu.

Les armes soiit des instruments néfastes, dont un prince sage ne se sert qu'à contre- cœur et par nécessité, préférant toujours la paix modeste à une victoire glorieuse.

Il ne convient pas qu'on estime qu'une victoire soit un bien. Celui qui le ferait, montrerait qu'il a un cœur d'assassin. 11 ne conviendrait pas qu'un pareil homme règne sur l'empire.

G. De par les rits, on met à gauche les êtres fastes, et à droite les êtres néfastes. ( Or quand l'empereur reçoit ensemble les deux généraux,) le général suppléant (qui n'agit qu'à défaut du titulaire et qui est par conséquent moins néfaste) est placé à gauche, tandis que le général commandant est mis à droite, c'est-à-dire à la première place selon les rits funèbres, (la place du conducteur du deuil, du chef des pleureurs). Car à celui qui a tué beaucoup d'hommes, incombe de les pleurer, avec larmes et lamentations. La seule place qui convienne vraiment à un général vainqueur, c'est celle de pleureur en chef, ( conduisant le deuil de ceux dont il a causé la mort). Commentaires littéraux. Aucune controverse.

Gbap. 32. Texte.

A. Le Principe n'a pas de nom propre. Il est la nature. Cette nature si iiiapparente, est plus puissante que quoi que ce soit. Si les princes et l'empereur s'y conforment, tous les êtres se feront spontanément leurs collaborateurs ; le ciel et la terre agissant en parfaite harmonie, répandront une rosée sucrée (le signe Je plus faste possible); le peuple sera réglé, sans qu'on le contraigne.

B. Quand, au commencement, dans ce monde visible, le Principe par sa communication produisit les êtres qui ont des noms (sensibles ), il ne se communiqua pas à l'infini, ni d'une manière qui l'épuisàt, (mais seulement comme par des prolongements ténus, sa masse restant intacte). 11 en est du Principe par rapport aux êtres divers qui remplissent le monde, comme de la masse des grands fleuves et des mers par rapport aux ruisseaux et aux filets d'eau.

Résumé des commentaires.

Chaque être existe par .un prolongement du Pi incipe en lui. Ces prolongements ne sont pas détachés du Principe, lequel ne diminue donc

Lao-tzeu.

pas en se communiquant. Le prolongement du Principe dans l'être, est la nature de cet être. Le Principe est la nature universelle, étant la somme de toutes les natures individuelles, ses prolongements.

Chap. 33. Texte.

A. Connaître les autres, c'est sagesse; mais se connaître soi-même, c'est sagesse supérieure, ( la nature, propre étant ce qu'il y a de plus profond et dé plus caché). —— Imposer sa volonté aux autres, c'est force ; mais se l'imposer à soi-même, c'est force supérieure ( les passions propres étant ce qu'il y a de plus difficile à dompter ). — Se suffire (être content de ce que le destin a donné) est la vraie richesse ; se maîtriser (se plier à ce que le destin a disposé) est le vrai caractère.

B. Rester à sa place (naturelle, celle que le destin a donnée ), fait durer longtemps. Après la mort, ne pas cesser d'être, est la vraie longévité, ( laquelle est le partage de ceux qui ont vécu en conformité avec la nature et le destin ).

La mort et la vie, deux formes de l'être. En B, il s'cigit de la survivance consciente. Voyez Tome I. Introduction, page 10.

Chap. 34. Texte.

A. Le grand Principe se répand, dans tous les sens. 11 se prête avec complaisance à la genèse de tous les êtres (ses participés). Quand une œuvre est devenue, il ne se. l'attribue pas. Bienveillamment il nourrit tous les êtres, sans s'imposer à ' eux comme un maître ( pour les avoir nourris ; les laissant libres; n'exigeant d'eux aucun retour avilissant). A cause de son désintéressement constant, il devrait, ce semble, être comme diminué. Mais non; tous les êtres envers lesquels il est si libéral, affluant vers lui, il se trouve grandi { par cette confiance universelle).

B. Le Sage imite cette conduite. Lui aussi se fait

Lao-tzeu.

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petit (par son désintéressement et sa délicate réserve), et acquiert par là la vraie grandeur. Rien de plus dans les commentaires.

Cbap. 35. Texte.

A. , Parce qu'il ressemble au grand prototype (le Principe, par son dévouement désintéressé), tous vont au Sage. Il les accueille tous, leur fait du bien, leur donne repos paix et bonheur.

B. La musique et la bonne chère retiennent pour une nuit seulement un hôte qui passe ( les plaisirs sensuels sont passagers et il n'en reste rien). Tandis que l'exposé du grand principe du dévouement désintéressé, simple et sans apprêt, qui ne charme ni les yeux ni les oreilles, plaît, se grave,et est d'une fécondité inépuisable en applications pratiques.

Rien de plus dans les commentaires.

Chap. 36. Texte.

A. Le commencement de la contraclion suit nécessairement l'apogée de l'expansion. L'affaiblissement suit la force, la décadence suit la prospérité, le dépouillement suit l'opulence. Voilà la lumière subtile { que beaucoup ne veulent pas voir ). Toute puissance et toute supériorité précédente, s'expie par la débilité et l'infériorité subséquente. Le plus appelle le moins, l'excès appelle le déficit.

B. Que le poisson ne sorte pas des profondeurs ( où il vit ignoré mais en sécurité, pour se montrer à la surface où il sera harponné). Qu'an état ne fasse pas montre de ses ressources, (s'il ne veut pas qu'aussitôt tous se tournent contre lui pour l'écraser ).

Résumé des commentaires.

Rester petit-, humble, caché; ne pas attirer V attention ;voilàlesecvetpourvivre'bien etlongtem/ps.

Chap. 37. Texte.

A. Le Principe est toujours i 匪 -agissant (n agit pas activement) et cependant tout est l'ait par lui ( par participation inapparente ).

B. Si le prince et les seigneurs pouvaient gpuverner ainsi ( sans y mettre la main), tous les êtres deviendraient spontanément parfaits (par retour à la nature).

Lao-tzeu.

G. Il n'y aurait plus ensuite qu'à réprimer leurs velléités éventuelles de sortir de cet état (en agissant), en les rappelant chaque fois à la nature innommée (à la simplicité primordiale du Principe). Dans cet état de nature ionoramée, pas de désirs. Pas de désirs, et tout est en paix, et l'état se gouverne de lui-même.

tes commentaires n'ajoutent rien. Comparez chapitre 3.

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