‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 207 sur 281 · Livre II · texte numérisé non relu

Livre II

Chap. 38. Texte.

A. Ce qui est supérieur à la Vertu du Principe (le Principe lui-même considéré dans son essence), n'agit pas, mais conserve en soi la Vertu à l'état d'immanence. Tout ce qui est inférieur à la Vertu du Principe (les règles de conduite artificielles ), n'est qu'un palliatif à la perte de la Vertu ; palliatif qui n'a avec elle rien de commun.

B. Ce qui est supérieur à la Vertu (le Principe), n'agit pas en détail. Ce qui est inférieur à la Vertu (les règles artificielles), n'existe que pour l'action en détail.

G. Ce qui est au-dessus de la bonté ( artificielle confucéenne, le Principe) n'agit pas en détail. Ce qui est au-dessus de l'équité (artificielle, la bonté) agit en détail. Ce qui est au-dessus des rits (l'équité) lutle avec les penchants des divers êtres, d'où les rits et les lois. '

En d'autres termes, après l'oubli de la nature avec ses instincts naturels bons, vinrent les principes artificiels palliatifs de ce déficit; lesquels sont, dans l'ordre descendant, la bonté, l'équité, les rits et les lois.

Oui, les rits ne sont qu'un pauvre expédient pour couvrir la perte de la droiture et de la franchise originelles. Ils sont une source de troubles ( étiquette, rubriques) plutôt que d'ordre.

Enfin le dernier terme de cette évolution descendante, la sagesse politique, fut le commencement de tous les abus.

D. L'homme vraiment homme, s'en tient à la droiture et au bon sens naturels, méprisant les principes artificiels. Usant de discernement, il rejette cela (le faux), pour embrasser ceci (le vrai).

爲. NT 而 i 以爲。 C 上 仁爲之 ffi 無以爲 ,上 義爲之 而有 以爲, 上 禮爲之 而莫之

Lao-tzeu.

邪恐發 A 簿 rfi^W 生昔^ 乎 C 。無 之其 D "故 iît 王得實 故貴 靈得一 不、 致^ 將 一考居 數賤恐 以天其 輿爲 歇爲得 || 無本谷 1 天一^

以 et B° 、凴彼 欲 下盈貞 地;^ 錄爲將 其得此 緣甚 恐致一 。

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Résumé des commentaires.

Ce chapitre est dirigé contre le Confucéisme. Le bon sens naturel global, c'ést l'unité. Les préceptes moraux artificiels, c'est la multiplicité. Le chapitre suivant va montrer, que la multiplicité ruine, que l'unité sauve.

Chap. 39. Texte.

A. Voici les êtres qui participent à la simplicité primitive. Le ciel, qui doit à cette simplicité sa luminosité. La terre, qui lui doit sa stabilité. L'action génératrice universelle, 'qui lui doit son activité. L'espace médian, qui lui doit sa fécondité. La vie commune à tous les êtres. Le pouvoir de l'empereur et des princes. (Vie et pouvoir étant des émanations du Principe)..

B. Ce qui les fait tels, c'est la simplicité (primitive à laquelle ils participent). Si le ciel venait à la perdre, il tomberait. Si la terre venait à la perdre, elle vacillerait. Si l'action génératrice la perdait, elle cesserait. Si l'espace médian la perdait, il s'épuiserait. Si la vie la perdait, tous les êtres disparaîtraient. Si l'empereur et les princes la perdaient, c'en serait fait de leur dignité.

G. Toute élévation, toute noblesse, est assise sur l'abaissement et la simplicité (caractères propres du Principe). Aussi est-ce avec raison, que l'empereur et les princes, les plus exaltés des hommes, se désignent par les termes, seul, unique^ incapable, et cela sans s'avilir.

D. (Appliquant le même principe de la simplicité dans leur gouvernement), qu'ils réduisent les multitudes de leurs sujets à l'unité, les considérant comme une masse indivise avec une impartialité sereine, n'estimant pas les uns précieux comme jade et les autres vils comme cailloux.

Résumé des commentaires.

La vue globale, comme d'une distance infinie, les individus et les détails n'étant pas visibles. Nous connaissons cela. Ce chapitre complète le précédent.

Lao-tzeu.

42 無若爲 4i AO

闩且 R S 而 li 三成眞 M 行者 生 。若 道;^ 道

H (5 ffi 士 用,

B 形辱不 人 足 之 隱 德 lit

A. Le retour en arrière ( vers le Principe), est la forme de mouvement caractéristique de ceux qui se conforment au Principe. L'atténuation est l'effet que produit en eux leur conformation au Principe.

B. Considérant que tout ce qui est, est né de l'être simple, et que l'être est né du non-être de forme, ils tende7U, en se diminuant sans cesse, à revenir, à la simplicité primordiale. '

Les commentaives n'ajoutent rien au sens, qui est clair.

Chap. 41. Texte.

A. Quand un lettré d'ordre supérieur a entendu parler du retour au Principe, il s'y applique avec zèle. Si c'est un lettré d'ordre moyen, il s'y applique avec indécision. Si c'est un lettré d'ordre inférieur, il s'en moque. Et c'est une marque de la vérité de cette doctrine, que cette sorte de gens s'en moque. Le fait qu'ils ne la compretinent pas, prouve sa transcendance.

B. On dit, comme en proverbe : ceux qui ont compris le Principe, sont comme aveuglés ; ceux qui tendent vers lui, sont comme désorientés ; ceux qui l'ont atteint, paraissent comme vulgaires. C'est que, 】a grande vertu se creuse comme une vallée, la grande lumière se voile volontairement de ténèbres, la vertu vaste fait croire qu'elle est défectueuse, la vertu solide se donne l'air de l'incapacité, le Sage cache ses qualités sous des dehors plutôt rebutants. G. Celui-là serait bien trompé, qui croirait à ces apparences. Carré si grand que ses angles sont invisibles (infini ) ! Grand vase jamais fini ! Grand sens dans un faible son! Grand type mais insaisissable ! le Sage ressemble au Principe. ― Or le Principe est latent et n'a pas de nom, mais pav sa douce communication, tout est produit. Ainsi, à proportion, du Sage.

Rien de plus dans les commentaires.

A. Le Principe ayant émis sa vertu une, celle-ci se mit à évoluer selon deux modalités alternantes. Cette

Lao-tsseu.

不名 曹天教 fi 辱與之 下之孤

^身^ 之 gis 土 ft 無: 至梁

與之^ lit^ 右 無爲物

是 無 îffî

évolution produisit (ou condensa) l'air médian- (la matière ténue). De la matière ténue, sous l'influence des deux modalités yinn et yang, furent produits tous les êtres sensibles. Sortant du yinn{Ae la puissance), ils passent au yang (à l'acte), par influence des, deux modalités sur la matière.

B. Ce que les hommes n'aiment pas, c'est d'être seuls, uniques, incapables, (robscurité et l'abaissement), et cependant les empereurs et les princes se désignent par ces termes, (humilité qui ne les avilit pas). Les êtres se diminuent en voulant s'augmenter, et s'augmentent en se diminuant.

C. En parlant ainsi, je redis l'enseignement traditionnel. Les forts arrogants ne meurent pas de leur belle mort. Je fais de cet axiome le fond de mon enseignement.

Rien de plus dans les commentaires . Dans A, il n'est pas question de la Trinité. AB, comparez chapitre 39 C. 、

A. Partout et toujours, c'est le mou qui use le dur (l'eau use la pierre). Le non-être pénètre môme là où il n'y a pas de flssare (les corps les plus homogènes, comme le métal et la pierre). Je conclusse là, à l'effieacité suprême du non -agir.

B. Le silence et l'inaction ! Peu d'hommes arrivent à comprendre leur efficacité.

Rien de plus dans les commentaires.

Chap. 44. Texte.

A. Le corps n'est-il pas plus important que la renommée? La vie n'est-elle pas plus considérable que la richesse? Est-il sage de s'exposer à une grande perte, pour un mince avantage? '

B. Celui qui aime fortement, use beaucoup (son cœur). Celui qui amasse beaucoup, va à une grande ruine (pillage ou confiscation). Tandis que le modeste n'encourt aucune disgrâce, le modéré ne périt pas mais dure.

Rkn de plus dans les commentaires.

Lao*tzeu.

。闘得 xy 爲 • 牖 轉天头

Chap. 45. Texte.

A. Accompli, sous des dehors imparfaits, et donnant sans s'user. Rempli, sans le paraître, et déversant sans s'épuiser. Très droit, sous ûn air courbé; très habile, sous des apparences maladroites; très perspicace, avec l'extérieur d'un homme embarrassé ; voilà le Sage.

B. Le mouvement triomphe du froid (réchauffe), le repos abat la chaleur (rafraîchit). La vie retii-ée du Sage, rectifie tout l'empire, (vient à bout de sa dépravation).

Commentaires : Influence intense, sous les dehors de l'inaction.

Chap. 46. Texte.

A. Quand le Principe règne, (la paix étant parfaite), les chevaux de guerre travaillent aux champs. Quand le Principe est oublié, (la guerre étant à l'ordre du jour), on élève des chevaux de bataille jusque dans les faubourgs des villes.

B. Céder à ses convoitises,, (et la manie de gaerroyer en est une), c'est le pire des crimes. Ne pas savoir se borner, c'est la pire des choses néfastes. La pii'e des fautes, c'est vouloir toujours acquérir davantage. Ceux qui savent dire « c'est assez », sont toujoars contents.

Rien de plus dans les commentaires.

Chap. 47. Texte.

A. Sans sortir par la porte, on peut connaître tout le monde; sans regarder par la fenêtre, on peut se rendre compte des voies du ciel (principes qui régissent toutes choses). ― Plus on va loin, moins on apprend. ,

B. Le Sage arrive au hut, sans avoir fait un pas pour l'atteindre. Il connaît, avant d'avoir vu, par les principes supérieurs. Il achève, sans avoir agi, par son influence transcendante.

Commentaires : La connaissance supérieure globale, estlfelle du Sage. La connaissance des détails, est mdigne de lui.

Lao-tzeu.

生皆亦 lii 以

Chap. 48. Texte.

A. Par l'étude, on multiplie chaque jour (dans sa mémoire les notions particulières inutiles et nuisibles); par la concentration sur le Principe, on les diminue chaque jour. Poussée jusqu'au bout, cette diminution aboutit au non-agir, (suite de l'absence de notions particulières).

B. Or il n'est rien, dont le non-agir (le laisser aller), ne vienne à bout. C'est en n'agissant pas, qu'on gagne l'empire. Agir pour le gagner, fait qu'on ne l'obtient pas.

Rien de plus dans les commentaires.

Chap. 49. Texte.

A. Le Sage n'a pas de volonté déterminée ; il s'accommode à la volonté du peuple. Il traite également bien les bons et les mauvais, ce qui est la vraie, bonté pratique. Il a également confiance dans les sincères et les non-sincères; ce gui est la vraie confiance pratique.

B. Dans ce monde mélangé, le Sage est sans émotion aucune, et a 'les mêmes sentiments pour tous. Tous les hommes tixent sur lui leurs yeux et leurs oreilles. Il les traite tous comme des enfants, (bienveillance taoïste, quelque peu méprisante).

Rien de plus dans les commentaires.

Chap. 50. Texte.

A. Les hommes ? orient dans la vie, et rentrent clans la mort.

B. Sui" dix hommes, trois prolongent leur vie ( par l'hygiène), trois hâtent leur mort ( par leurs excès), trois compromettent leur vie par l'attache qu'ils y ont, ( un seul sur dix conserve sa vie jusqu'au terme, parce qu'il en est détaché ).

G. Celui qui est détaché de sa vie, ne se détourne pas pour éviter la reneontre d'un rhinocéros ou d'un ligre; i【 se jette dans la mêl.ée sans cuirasse et sans aimes; et cela sans éprouver aucun mal; car. il est à l'épreuve de la corne du rhinocéros, des griffes

Xiao-tzou.

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