‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 208 sur 281 · ZZ- 兵 身 覆尊 5^ 不^ S 無 · texte numérisé non relu

ZZ- 兵 身 覆尊 5^ 不^ S 無

du tigre, dés armes des combattants. Pourquoi cela?.. Parce que, extériorisé par son indifférence, il ne donne pas prise à la mort.

Résumé des commentaires.

L'âme étant comme transportée hors du corps par l'extase, le corps ne peut pas être frappé à mort. L'idée paraît être que, ipour être mortel, un coup doit atteindre la jonction du corps et de l'âme. Cette jonction cesse temporairement , chez V extatique.

Chap. 51. Texte.

A. Le Principe donne la vie aux êtres ; puis sa Vertu les nourrit, jusqu'à complètement de leur nature, jusqu'à perfection de leurs facultés. Aussi tous les êtres vénéreut-ils le Principe et sa Vertu.

B. L'éminence du Principe et de sa Vertu, personne ne la leur a conférée ; ils l'ont de tout temps, naturellement.

G. Le Principe donne la vie; sa Vertu fait croître, protège, parfait, mûrit, entretient, couvre (tous les êtres). Quand ils sont nés, il ne les accapare pas ; il les laisse agir librement, sans les exploiter; il les laisse croître, sans les tyranniser. Voilà la Vertu transcendante.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap.' 52. Texte.

A. Ce qui fut avant le monde, devint la mère du monde. Qui a atteint la mère (la matière, le corps), connaît par elle son flls (l'esprit vital qui y est enfermé). Qui connaît le fils (son esprit vital ) et conserve la mère (son corps), arrivera à la fin de ses Jours sans accident.

B. S'il tient sa bouche fermée et ses narines closes (pour empêcher l'évaporation du principe vital ), il arrivera à la fin de ses jours sans avoir éprouvé de décadence. Tandis que, s'il parle beaucoup et se fait de nombreux soucis, il usera et abrégera sa vie. G. Borner ses considérations aux petites choses, et

Lao-tzeu

ses soucis aux affaires de faible importance, rend ('esprit clair et le corps fort. Concentrer dans son intelligence ses rayons intellectuels, et ne pas laisser l'application mentale léser son corps, c'est là voiler (son esprit) pour faire durer (sa vie).

Texte obscur, mais les- commentateurs s'accordent. Fondement de raérolhérapie taoïste, voyez Tome I. Introduction, page i3.

Chap. 53. Texte.

A. Quiconque est quelque peu sage, doit se con 二 former au grand Principe, en évitant par-dessus tout la fastueuse jactance. Mais, à cette voie large, on préfère les sentiers étroits. (Peu d'hommes marchent dans la voie du désintéressement obscur. Ils préfèrent les sentiers, leur vanité, leur avantage. Ainsi font les princes de ce temps.)

B. Quand les palais sont trop bien entretenus, les terres sont incultes et les gi-eniers sont vides, (car les laboureurs sont réquisitionnés pour les corvées). G. S'habiller magnifiquement, porter à la ceinture une épée tranchante, se gorger de nourriture et de boisson, 'amasser des richesses à ne plus savoir qu'en faire (comme font les princes de ce temps), c'est là ressembler au brigand ( qui jouit avec ostentation de son butin). Pareille conduite est opposée au Principe.

Les commentaires w, ajoutent rien.

Chap. 54. Texte.

A. Celui qui bâtit sur le désintéressement, son œuvre ne sera pas détruite. .Celui qui conserve avec désintéressement, ne perdra pas ce qu'il a. Ses fils et ses petits-fils lui feront des offrandes sans interruption (c'est-à-dire lui succéderont et jouiront du fruit de ses œuvres).

B. I! faut tout d'abord que soi-même l'on se soit conformé parfaitement au Principe; ensuite cette conformité s'étendra spontanément, de soi, à sa famille, à son district, à la principauté, à l'empire ; (foyer central, rayon de plus en plus vaste).

Lao-tzeu.

Chap. 55. Texte.

和 不和不 "|T .C G' Par sa propre nature, on connaît celle des au - . très individus, et de toutes les collections d'indi-

其道 2 得之故 vidas, familles, districts, principautés, empire.

^ a g? rT ^ r>| D. Comment connaître la nature de tout un em-

• "、、 *^ pire?.. Par cela (par sa propre nature, comme il a

同、 已也 骨哉身 étéditd-dessus).,

o ° •= Les commentaires 'tCajoutent rien.

得塞 ni 作赤 iji 而其氣 籍子天 疏^ 曰之 * 下 f、. 閉强 至蟲觀 可其 ë 也不天 得門, 壯 終餐下 而挫則 B m D 利其老 號獸吾 :?^^:^ 而不何

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A. Celui qui contient en lui la Vertu parfaite (sans luxure et sans colère), est comme le tout petit enfant, que le scorpion ne pique pas, que le tigre ne dévore pas, que le vautour n'enlève pas, que tout respecte.

B. Les os de l'enfant sont faibles, ses tendons sont débiles, mais il saisit fortement les objets (comme son âme et son corps se tiennent avec force ). Il n'a encore aucune idée de l'acte de la génération, et conserve par suite sa vertu séminale complète. 11 vagit doucement tout le long du jour, sans que sa gorge s'enroue, tant sa paix est parfaite. C La paix fait durer; qui comprend cela, est éclairé. Tandis que tout orgasme, surtout la luxure et la colère, usent. De là vient que, à la virilité ( dont l'homme abuse) succède la décrépitude. La vie intense est contraire au Principe, et par suite mortelle prématurément. -

Résumé des commentaires.

Ce chapitre condamne la luxure et la colère, comme étant ce qui use le plus la vie.

Chap. 56. Texte.

iV. Celui qui parle (beaucoup, montre par là qu'il) ne connaît pas (le Principe).

B. Celui qui connaît (le Principe), ne parle pas. Il tient sa bouche close, il retient sa respiration, il émousse son activité, il se délivre de toute complication, il tempère sa lumière, il se confond avec le vulgaire. Voilà la mystérieuse union (àu Principe). G. Un pareil homme, personne ne peut se l'attacher ( par des faveurs), ni le rebuter (par de mauvais traitements). Il est insensible au gain et à la perte,

Lao-tzeu.

其 A 化家 事; 極其 我^ 滋取可 ;^政好昏天得 無悶 靜乂" K 而 政, ffii 多 B 貴 耶^ 民 伎吾^ 3É 民自 巧何可 複醇 正奇、 以得

# 政事起 TFSl 爲, 民 令然天 妖其自 滋哉下 乂民 富彰以 。貴

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à l'exaltation comme à l'hamiliation. Etant tel, il est ce qu'il y a de plus noble au monde.

Résumé des commentaires.

超然 物表, 與 造物遊 Supérieif"ï tout ce qui paraît, il converse avec l'auteur des êtres, le Principe. Tchang-houngyang .

Chap. 57. Texte.

A. Avec de la rectitude on peut gouverner, avec de l'habileté on peut guerroyer, mais c'est le non- agir qui gagne et conserve l'empire.

B. D'où sais-je qu'il en est ainsi? De ce que je vais dire: Plus il y a de règlements, moins le peuple s'enrichit. Plus il y a de sources de revenus, moins il y a d'ordre. Plus il y a d'inventions ingénieuses, moins il y a d'objets sérieux et utiles. Plus le code est détaillé, plus les voleurs pullulent. La multiplication ruine tout. --

C. Aussi le programme du Sage est-il tout contraire. Ne pas agir, et le peuple s'amende. Rester tranquille, et le peuple se rectifie. Ne rien faire, et le peuple s'enrichit. Ne rien vouloir, et le peuple revient à la spontanéité naturelle.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap. 58. Texte.

A. Quand le gouvernement est simple, le peuple abonde en vertu. Quand le gouvernement est politique, le peuple manque de vertu.

B. Le mal et le bien, se succèdent, alternent. Qui discernera les apogées ( de ce mouvement circulaire, le mal et le bien. C'est très délicat, un excès ou un défaut changeant l'entité morale). A beaucoup la jus le mesure manque. Chez les uns la droiture exagérée dégénère en manie, chez les autres la bonté exagérée devient de l'extravagaDce. (Les vues varient en conséquence. ) Il y a beau temps que les hommes sont ainsi fous.

C. (Le Sage les prend comme ils sont.) Morigéné, il n'est pas tranchant. Droit, il n'est pas rude. Eclairé, il n'humilie pas. ■:

Les commentaires n'ajoutent rien.

Lao-tzeu.

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Chap. g9. Texte.

A. Pour coopérer avec le ciel dans le gouvernement des hommes, l'essentiel c'est de tempérer son action.

B. Cette modération doit être le premier souci. Elle procure l'efficacité parfaite, laquelle réussit à tout, même à gouverner l'empire.

G. Qui possède cette mère de l'empire (sage modération ), durera longtemps. Elle est ce qu'on a appelé la racine pivotante, le tronc solide. Elle est le principe de la perpétuité.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap. 60. Texte.

A. Pour gouverner un grand état, il faut s'y prendre comme celui qui fait cuire de tout petits poissons, (très délicatement, autrement ils se dissocient).

B. Quand un état est gouverné d'après le Principe, les morts n'y apparaissent pas pour faire du mal au peuple, parce que le Sage qui gouverne ne fait pas (ie mal au peuple.

G. Le mérite de cette double tranquillité (de la part des morts et des vivants ), revient donc au Sage. Résumé des commentaires.

Les fantômes ne sont pas les âmes des morts. Ils sont, dans l'harmonie morale, ce qu^est un tourbillon dans l'atmosphère physique au repos. Ce désordre est produit par le mouvement des passions, haines et autres. Il ne se produit pas quand les esprits sont calmes.

Chap. 61. Texte.

A> Si un grand état s'abaisse, comme ces creux dans lesquels les eaux confluent, tout le monde viendra à lui. Il sera comme la femelle universelle (chap. 8 et 28). B. Dans sa passivité et son infériorité ajjparentes, la femelle est supérieure au mâle (car c'est elle qui enfante), ― 4 condition de savoir s'abaisser, le grand état gagnera les petits états, qui s'abaissant aussi, rechercheront son protectorat. L'un s'étant

Lao-tzeu.

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abaissé recevra, les autres s'étant abaissés seront reçus. Au fond, le grand état désire protéger les autres, les petits états ne demandent qu'à reconnaître son protectorat.

G. Pour que ce vœu commun se réalise,' il ne faut qu'une chose, mais il la faut nécessairement. A savoir, que les grands daignent s'abaisser vers les petits. (S'ils sont orgueilleux et durs, pas d'espoir. ) Rien de plus dans les commentaires.

îfc.

Chap. 62. Texte.

A. Le Principe est le palladium de tous les êtres. C'est lui qui est le trésor du bon ( ce par quoi il est bon), et le salul du mauvais ( ce qui l'empêche de périr).

B. C'est à lui qu'il faut savoir gré des paroles affectueuses et de la noble conduite des bons. C'est par égard pour lui, que les méchants ne doivent pas être rejetés.

C. C'est pour cela (pour la conservation et le développement de la part du Principe qui est dans les êtres), que sont institués l'empereur et les grands ministres. Non pour qu'ils se complaisent dans leur sceptre et leur quadrige. Mais pour qu'ils méditent sur le Principe, ( s'avancent dans sa connaissance et le développent chez les autres).

D. Pourquoi les anciens faisaient-ils tant de cas du Principe? N'est-ce pas parce qu'il est la source de tous les biens et le remède à tous les maux? Ce qu'il y a de plus noble au monde!

Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap. 63. Texte.

A. Agir sans agir; s'occuper sans s'occuper; goûter sans goûter ; voir du même œil, le grand, le petit, le beaucoup, le peu ; fair.e le même cas des reproches et des remerciements ; voilà comme fait le Sage.

B. Il n'attaque les complications difficiles, que dans leurs détails faciles, et ne s'applique aux grands problèmes, que dans leurs faibles commeneements.

C. Jamais le Sage n'entreprend rien de grand, c'est pourquoi il fait de grandes choses. Qui promet beaucoup, ne peut pas tenir sa parole; qui s'embarrasse de trop de choses même faciles, jje réussit à rien.

Lao-tzeu.

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D. Le Sage évite de loin la difficulté, aussi n'a-t-il jamais de difficultés.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap, 64. Texte.

A. Ce qui est paisible, est facile à contenir; ce qui n'a pas encore paru, est aisé à prévenir ; ce qui est faible, est facile à briser; ce qui est menu, est aisé à disperser. Il faut prendre ses mesures avant que la chose ne soit, et protéger l'ordre avant que le désordre n'ait éclaté.

B. Un arbre que les deux bras ont peine à embrasser, est né d'une radicule fine comme un cheveu; une tour à neuf étages, s'élève d'un tas de terre ; un voyage de mille stades, a débuté par un pas.

C Ceux qui en font trop, gâtent leur affaire. Ceux qui serrent trop fort, finissent par lâcher. Le Sage qui n'agit pas, ne gâte aucune affaire. Comme il ne tient à rien, rien ne lui échappe.

D. Quand le vulgaire fait une affaire, il la manque d'ordinaire, au moment où elle allait réussir, (reoivrement de son commencement de succès, lui faisant perdre la mesure et commettre des maladresses). Il faut, pour réussir, que la circonspection du commencement, dure jusqu'à l'achèvement.

E. Le Sage ne se passionne pour rien.

11 ne prise aucun objet, parce qu'il est rare. Il ne s'attache à aucun système, 、 rrîais s'instruit par les fautes des autres. Pour coopérer à l'évolution universelle, il n'agit pas, mais laisse aller.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Cbap. 65. Texte.

A. Dans l'antiquité, ceux qui se conformaient au Principe, ne cherchaient pas à rendre le peuple intelligent, mais visaient à le faire rester simple,

B. Quand un peuple est difficile à

Lao-tzeu.

所物 蠲其 先以反 我不民 爲矣 六爭 tiTs* ? is JJi^ 身 y 天後 唣下之

gouverner, c'est qu'il en sait trop long. Celui qui prétend pi'ocurer le bien d'un pays en y répandant l'instruction, celui-là se trompe et ruine ce pays. Tenir le peuple dans l'igiioi'ance, voilà qui fait le salut d'un pays.

C C'est là la formule de raction mystédeuse, de grande profondeur, de longue portée. Elle n'est pas du goût des êtres (curieux); mais, grâce à elle, tout vient à bien paisiblement.

Comparez chapitre 3 B. Rien de 'plus dans les commentaires.

Chap. 66. Texte.

A. Pourquoi les fleuves et les océans sont-ils les rois de toutes les vallées? (déversoirs généraux, recevant en tribut tous les cours d'eau). Parce qu'ils sont bénévolement les inférieurs de toutes les vallées (comme niveau). Voilà pourquoi toutes les eaux confluent yers eux.

B, Suivant cet exemple, que le Sage qui désire devenir supérieur au vulgaire, se mette en paroles audessous de lui (parle très humblement de lui-même); s'il veut devenir le premier, qu'il se mette à la dernière place, (et continue à faire ainsi, après qu'il aura été exalté). Alors il pourra être élevé au pinacle, sans que le peuple se sente opprimé par lui ; il pourra être le premier, sans que le peuple se plaigne de lui. Tout l'empire le servira avec joie, sans se lasser. Car lui ne s'opposant à personne, personne ue s'opposera à lui.

Comparez chapitre 8. Les commentaires n'ajoutent rien. 一

Chap. 67. Texte.

A. Tout l'empire dit que le Sage est noble, malgré son air vulgaire ; air qu'il se donne, précisément parce qu'il est noble (pour voiler sa noblesse et ne pas s'attirer d'envieux ). Tout le monde sait, au contraire, combien ceux qui posent pour nobles, sont hommes de mince valeur.

B. Le Sage prise trois choses et y tient: la charité, la simplicité, rhumilité. Etant charitable, il sera brave (dans les justes limites, sans cruauté). Etant"

Lao-tzeu.

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simple, il sera libéral (dans les justes limites, sans gaspillage). Etant humble, il gouvernera les hommes sans tyrannie.

G. Les hommes d'aujourd'hui mettent en oubli la chanté, la simplicité, l'humilité. Us prisent la guerre, le faste, l'ambition. C'est là vouloir périr. C'est vouloir ne pas réussir.

D. Car c'est l'agresseur charitable, qui gagne la bataille (noD l'agresseur barbare); c'est le défenseur charitable, qui est inexpugnable (non le batailleur impitoyable). Ceux auxquels le ciel veut du bien, il les fait charitables.

Résumé des commentaires.

La simplicité et l'humilité sont traitées ailleurs, chapitres 75, 77 et 78.

Chap. 68. Texte.

A. . Que celui qui commande, ne pense pas que c'est la tactique, la valeur, l'effort, qui donnent la victoire.

B. C'est en se mettant au service des hommes, qu'on dompte les hommes. C'est là le vrai procédé, qu'on formule parfois comme suit : art de ne pas lutter ( de s'accommoder, de gagner en se faisant tout à tous ) ; pouvoir de manier les hommes; action conforme à celle du ciel. Toutes ces formules désignent la même chose, qui fit la grandeur des Anciens.

Les commentaires n'ajoutent rien.

Cbap. 69. Texte.

A. Plutôt 】a défensive que l'ollensive, plutôt reculer d'un pied qu'avancer d'un pouce, sont des principes courants dans l'art militaire. Céder vaut mieux que triompher. Prévenir par la diplomatie vaut mieux encore.

B. C'est là le sens de certaines formules ahst7^uses de l'art militaire, comme : avancer sans marcher; se défendre sans remuer les bras ; statu quo sans lutte; conserver sans armes, et autres.

G. 11 n'est pas de fléati pire qu'une guerre faite à la légère, ( cherchée délibérément, poussée au-delà

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Lao-tzett.

du nécessaire). Qui fait cela, expose ses biens à leur perte, et cause beaucoup de deuils.

Suite du chapitre précédent. Les commentaires n'ajoutent rien.

Chap. 70. Texte.

A. Ce que j'enseigne (c'est Lao-tzeu qui parle), est facile à comprendre et à pratiquer, et pourtant le monde ne veut ni le comprendre ni le pratiquer.

B. Mes préceptes et mes procédés dérivent d'un principe et d'un procédé supérieur, Principe et sa vertu.

C Le monde ne reconnaît pas le Principe qui me dirige, c'est pourquoi il ne me connaît pas, moi. Très peu me comprennent. Cela fait raa gloire. Il m'advient comme au Sage, qui est méconnu du vulgaire à cause de sa tenue grossière, quoiqu'il ait le sein rempli de pierres précieuses.

Les commentaires, n'ajoutent rien.

A. Tout savoir et croire qu'on ne sait rien, voilà le vrai savoir (la science supérieure). Ne viisn savoir et croire qu'on sait tout, voilà )e mal commun des humains.

B. Tenir ce mal pour un mal, en préserve. Le Sage est exempt de fatuité, parce qu'il redoute la fatuité. Cette crainte l'en préserve. ^ '

Résumé des commentaires.

Le non-savoir rentre dans le non-agir, car savoir est un acte, disent les Taoïstes, qui rejettent les théories, généralisations , classifications, n'admettant que I, appréhension objective des cas jyarticidiers .

Chap. 72. Texte.

A. Ceux-là se perdent, qui ne craignent pas, alors qu'ils devraient craindre, (qui s'exposent au danger,, par curiosité, par amour du gain, par ambition).

B. Ne trouvez pas trop étroite votre demeure natale, ne vous dégoûtez pas de la condition dans laquelle

Lao-tzea.

vous êtes né. (Restez ce que vous êtes et où vous êtes. L'effort pour chercher mieux, vous perdrait peut-être. ). -― On ne se dégoûte pas, à condition de ne pas vouloir se dégoûter. (Le dégoût est toujours volontaire, provenant de ce qu'on a comparé sa situation à une autre, et préféré l'autre.) C Le Sage connaît sa valeur, mais ne se montre pas (n'éprouve pas le besoin d'exhiber sa valeur). Il s'aime, mais ne cherche pas à se faire estimer. Il discerne, adoptant ceci et rejetant cela ( d'après les lumières de sa sagesse).

Les commentaires n' ajoutent rien.

Chap. 73. Texte.

A. Le courage actif ( valeur guerrière) procure la mort. Le courage passif (patience, endurance) conserve la vie. Il y a donc deux courages, l'un nuisible, l'autre profitable.

B. ( Patience et longanimité valent toujours mieux que l'action incisive, même dans le gouvernement, dans la politique. ) Car, le ciel veut-il du mal à cet homme ou à cette nation? et pourquoi? qui le sait ? 一 Aussi le Sage est- il toujours comme embarrassé, (hésitant, se décidant difficilement à l'intervention énergique).

C. Car la voie du ciel (sa conduite constante), c'est de ne pas intervenir positivement. Il vain et sans lutter. 】1 se fait obéir sans ordonner. 11 fait venir sans appeler. 11 fait tout aboutir, en ayant l'air de tout laisser traîner.

D. Le filet du ciel enserre tout. Ses mailles sont larges, et pourtant personne ne lui échappe.

Résumé des commentaires.

D. Supposé que, ; par bénignité, le Sage ait laissé échapper un coupable du filet de la loi humaine, le filet céleste le prendra. Le Sage s'en remet donc au ciel, et agit plutôt moins que. plus, de peur d'agir contre les intentions du ciel, ou d'empiéter sur ses droits.

Ghap. 74. Texte.

A. Si le peuple ne craint pas la mort, à quoi bon chercher à le contenir par la crainte de la mort?

Lao-tzeu.

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S'il craignait la mort, alors seulement prendre et tuer ceux qui font du désordre, détournerait les autres d'en faire autant.

B. ( Ils ont donc tort, les légistes, qui prodiguent la peine de mort, et croient que cela fera tout marcher. ) Celui qui est préposé à la mort ( le ciel), tue. (Laissons-le faire. Ne faisons pas son métier. Lui seul en est capable. )

C. A l'homme qui voudrait tuer à sa place, il arriverait comme il arrive à celui qui joue avec 】a doloire du charpentier. Ceux qui, à ce jeu-là, ne se coupent pas les doigts, sont rares.

Résumé des commentaires.

Powr tirer quelque chose des hommes, mieux vaut les traiter avec bénignité. 一 Contre l'école des légistes 法 家 fa-kia, qui ne connaît que les su^yplices. C'est un fait d'expérience, disent les commentateurs, que le peuple' craint moms la mort que les travaux forcés par exemple; et que, une fois emballé, il perd toute crainte.

Chap. 75. Texte.

A. Si le peuple a faim, c'est parce que le prince dévore des sommes excessives (qu'il lui extorque).

B. Si le peuple est rétif, c'est parce que le prince agit trop, (l'indispose par ses innovations).

G. Si le peuple s'expose légèrement à la mort (dans des entreprises hasardeuses ), c'est parce qu'il aime trop la vie ( amour du bien-être, de la jouissance, de la gloire).

D. Celui qui ne fait rien pour vivre, est plus sage que celui qui se donne du mal pour vivre.

Résumé des commentaires.

Que le prince et le peuple cultivent la simplicité, et tout ira bien. Ce chapitre continue le chapitre 67. t e sens de D est : celui qui ne se soucie pas de la richesse et de la gloire, est plus sage que celui qui se fatigue et se met en péril, pour la richesse et la gloire. .

Chap. 76. Texte.

A. Quand l'homme vient de naître, il est souple et faible (mais plein de vie); quand il est devenu fort et puissant, alors il meurt.

Xiao-tzeu.

B. II en est de même des végétaux, délicats ( herbacés) à leur naissance, ligneux à leur mort. G. Celui qui est fort et puissant, est marqué pour la mort; celui qui est flexible et faible, est marqué pour la vie.

D. L'armée nombreuse sera défaite. Le grand arbre sera abattu. ,

E. Tout ce qui est fort et grand, est en moins bonne situation. L'avantage est toujours au souple et au faible.

Chêne et roseau du bon La Fontaine.

A. Le ciel en agit (à l'égard des hommes), comme l'archer qui, bandant son arc, déprime les convexités et fait bomber les concavités (que son arc présentait à l'état de repos), diminuant le plus et augmentant le moins, (abaissant ce qui est élevé, et élevant ce qui est abaissé ). Il ôte à ceux qui abondent, et ajoute à ceux qui manquent.

B. Tandis que les hommes (mauvais princes qui grugent le peuple), font tout le contraire, ôtant à ceux qui manquent ( le peuple), pour ajouter à ceux qui abondent (leurs favoris)... Alors que tout superflu devrait revenir à l'empire (au peuple)... Mais cela, seul celui qui possède le Principe, en est capable.

C. Le Sage se conforme au Principe. Il influe, sans s'attribuer le résultat. II accomplit, saqs s'approprier son œuvre. Il ne prétend pas au titre de Sage, (raaisse lient volontairement dans l'obscurité).

Nota : l'arc chinois se bande en le retournant, ce qui 2Jvoduit exactement l'effet décrit en A.

Ghap. 78. Texte.

A. En ce monde, rien de plus souple et de plus faible que l'eau; cependant aucun être, quelque fort et puissant qu'il soit, ne résiste à son action ( corrosion, usure, choc des vagues ) ; et aucun être ne peut se passer d'elle ( pour boire, croître, etc.).

B. Est-il assez clair que la faiblesse vaut mieux que la force, que la souplesse prime la raideur? 一 Tout le monde en convient; personne ne fait ainsi. G. Les Sages ont dit: Celui-là est capable d'être le chef du territoire et le souderai n de l'empire, que ne rebutent, ni l'ordure morale, ni le malheur 'politique. (Celui qui est assez souple pour s'accommoder

Lao-tzeu.

乘 A 契 A 天 5^ 之小 ft^ 和下下 C° 國德大 王莫

之器 iia i5 而與爲 使 不善善 人用

à tout cela; et non l'homme rai dé et systématique. ) D. C'est là une parole bien vraie, quoiqu'elle offense les oreilles d'un grand nombre.

Ce chapitre et le précédent, se rattachent au chapitre 61,

Chap. 79, Texte.

A. Après que le principal d'une contestation a été arrangé, il reste toujours des griefs accessoires, et la charité ne revient pas à l'état où elle était auparavant (froissements).

B. (Aussi le Sage ne conteste- t-il jamais, malgré son droit.) Gardant son talon de souche, il n'exige pas l'exécution (de ce qui est écrit). :

C. Celui qui sait se conduire d'après la Verta du Principe, laisse dormir ses titres. Celui qui ne sait pas se conduire ainsi, extorque ce qui lui est dû.

D. Le ciel est impartial. (S'il était capable de quelque partialité, ) il avantagerait les gens de bien, (ceux qui font comme il est dit en C. Il les comblerait, parce qu'ils ne demandent rien).

Les coinmentaires n'ajoutent rien.

Chap. 80. Texte.

A. Si j'étais roi d'un petit état, d'un petit peuple, je me garderais bien d'utiliser (de mettre en charge) les quelques dizaines d'hommes capables que cet état contiendrait.

B. J'empêcherais mes sujets de voyager, en leur faisant craindre la mort par accident possible, tellement qu'ils n'oseraient pas monter clans un bateau ou sur un char.

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