Textuellement le chapitre 0 dcLao-tecii. Voyez page
3. Proprement, grand dévidage. Le cours régulier des choses, telles qu'elles sont, dans le monde tel qu'il est.
有 所 否、 物 有 所 通。 何 則生 覆者不 能 形 載、 形 載者 不能教 化、 教 化者 Kr 能 違 所
Lie-tzeu, chap. 1 C, D, £.
grand commencement, c'est le stade de la matière palpable. Le grand flux, c'est le stade de la matière plastique, des substances corporelles, des êtres matériels actuels. ― L'état primitif, alors que la matière était encore imperceptible, s'appelle aussi Hoiinn-lunn ; ce qui signifie que, alors, tous les êtres à venir dans la suite, étaient contenus comme dans une houle confuse, indiscernables, inconnaissables. Son nom ordinaire est 1 la mutation, parce que de lui tout sortira par voie de transformation. ― Partant de l'état nonsensible et non-différencié, commençant par un, la progression passant par sept, alla jusqu'à neuf la régression ramènerait tout à l'unité. —— Un fut le point de départ de 】a genèse des êtres sensibles. Elle se produisit en cette manière : La matière plus pure et plus légère étant montée, devint le ciel; la matière moins pure et plus lourde étant descendue, devint la terre ; de la matière la mieux tempérée, restée dans le vide médian, sortirent les hommes. L'essence de tous les êtres fit d'abord partie du ciel et de la terre, d'où tous les êtres sortirent successivement par voie de transformation.
D. Lie-izeu dit: Pris isolément, le ciel et la terre n'ont pas toutes'les capacités, un Sage n'a pas tous les talents, un être n'a pas toutes les propriétés. Le ciel donne la vie et couvre, la terre fournit la matière et porte, le Sage enseigne et amende, les êtres ont chacun ses qualités propres limitées. Le ciel et la terre ont leurs déficits respectifs qu'ils compensent réciproquement, le Sage a ses défauts qui l'obligent à recourir à autrui, tous les êtres doivent s'entr'aider. Le ciel ne peut pas suppléer la terre, la terre ne peut pas remplacer le Sage, le Sage ne peut pas changer la nature des êtres, les êtres spécifiques ne peuvent pas sortir de 】eiu' degré. L'action du ciel et de la terre consiste dans l'alternance du y inn et du yang, l'influence du Sage consiste à inculquer la bonté et l'équité, la nature des êtres est active ou passive; tout cela est naturel et immuable. ― Parce qu'il y a des produits, il y a un producteur de ces produits. 11 y a un auteur, des formes corporelles, des sons, des couleurs, des saveurs. Les produits sont mortels, 】eui, producteur ne l'est pas. L'auteur des formes corporelles n'est pas corporel, celui des sons n'est pas perceptible à l'ouïe, celui des couleurs n'est pas visible à l'œil, celui des saveurs n'est pas perçu par le goût. Sauf son infinité et son im.niorkdité, le producteur, l'auteur (le Principe), est indéterminé, ca- 、. pable de devenir, dans les êtres, yinn ou yang, actif ou passif; contracté ou étendu, rond ou carré, agent de vie ou de mort, chaud ou froid, léger ou 】oiird, noble ou vil, visible ou invisible, noir ou jaune, doux ou amer, puant ou parfumé. Dépourvu de toute connaissance intellectuelle et de toute puissance intenUo7inelle, il sait tout et peut tout, (car il est immanent dans tout ce qui sait et peut, ce qui est, dit la Glose, la connaissance et la puissance suprême).
E. Comme Lie-izeu, qui se rendait dans la principauté de Wei, prenait son repas au bord du chemin, quelqu'un de ceux qui l'accompagnaient ayant vu un crâne séculaire qui gisait 】à, le ramassa et le lui montra. Lie-tzeu 】e regarda, puis dit à son disciple Pai-fong: Lui et moi savons que la distinction entre la vie et la mort n'est qu'imaginaire, lui par expérience, moi par raisonnement. Lui et moi savons, que tenir à la vie et craindre la
.'.i'Sept est, je pense, une allusion à la genèse des sept corps célestes, les sept recteurs de la philosophie chinoise- Neuf, le dernier des chiffres simples, après lequel multiples ù l'infini.
Lie-tzeu, chap, fi S, F:
乎 瞀 .IT 瞀 药 生乎腐 纏。 羊 肝 化爲地 辠。 馬 血之爲 轉燐也 。人血 之爲野 火也。 鷂
Lie-tzeu, chap. 1 E, F. 73
mort, est déraisonnable, la vie et la mort n'étant que deux phases fatalement successives. Tout passe, selon les temps ou les milieux, par des états successifs, sans changer essentiellement. Ainsi les grenouilles deviennent cailles, et les cailles deviennent grenouilles, selon quo le milieu est humide ou sec. Un même germe deviendra nappe de lentilles d'eau sur un étang, ou tapis de mousse sur une colline. Engraissée, la mousse devient le végétal ou-tsu, dont la racine se convertit en vers, les feuilles se changeant en papillons. Ces papillons produisent une sorte de larve, qui se loge sous les âtres, et qu'on apelle kHu-touo. Après mille jours, ce k'iu-touo devient l'oiseau k'ien-u-kou, dont la salive donne naissance à l'insecte seii-mi. Celui-ci se change en cheu-hi, en meou-joei, en fou-k'uan, (toutes formes successives d'un même être, dit la Glose). Le foie du mouton se transforme eu ti-kao. Le sang de cheval se transforme en feux follets. Le sang humain se transforme en farfadets. La crécerelle devient faucon, puis buse, puis le cycle recommence. L'hirondelle devient coquillage, puis redevient hirondelle. Le campagnol devient caille, puis redevient campagnol. Les courges, en poarrissaQt, produisent des poissons. Les vieux poireaux deviennent lièvres. Les vieux boucs deviennent singes. Du frai de poisson, sortent des sauterelles, en temps de sécheresse. Le quadrupède lei des monts T an-yuan, est fécond par lui-même. L'oiseau i se féconde en regardant dans l'eau. Les insectes ta-yao sont tous femelles et se reproduisent saus. intervention de mâle; les guêpes tcheu-fong sont toutes mâles et se reproduisent sans intervention de femelle, Heou-tsi naquît de l'empreinte d'un grand pied, I-yinn d'un mûrier creux. L'insecte k'ue-tchao naît de l'eau, et le hi-ki du vin. Les végétaux yang-hi et pou-sunn, sont deux formes alternantes. Des vieux bambous sort l'insecte ts'ing-ning, qui devient léopard, puis cheval, puis homme. L'homme rentre dans le métier à tisser (c'est-à-dire que pour lui, ie va-et-vient de Ja navette, la série des transformations recommence). Tous les êtres sortent du grand métier cosmique, pour y rentrer ensuite
F. Dans les écrits de Hoang-ti, il est dit: la substance qui se pmjette, ne [irodiiit pas une substance nouvelle, mais une ombre ; le son qui résonne, ne produit pas un son nouveau, mais un écho; (juand le néant de forme se meut, il ne produit pas un néant nouveau, mais l'être sensible. Toute substance aura une fin. Le ciel et la terre étant des substances, finiront comme moi; si toutefois l'on peut appeler fin, ce qui n'est qu'un changement d'état. Car le Principe, de qui tout émane, n'aura pas de fin, puisqu'il n'a pas eu de commencement, et n'est pas soumis aux lois de la durée. Les êtres passent successivement par les états d'être vivants et d'être non-vivants, d'être matériels et d'être non-matériels. L'état de non-vie n'est pas produit par la nonvie, mais fait suite à l'état de vie (comme son ombre, ci -dessus ). L'état de non-matérialité n'est pas produit par rimraatérialité, mais fait suite à l'état de matérialité (comme son écho, ci-dessus). Cette alternance successive, est fatale,' inévitable. Tout vivant cessera nécessairement de vivre, et cessera ensuite nécessairement d'être non-vivant, reviendra nécessairement à la vie.
I. De ce passage qui résume peut-être des légendes exotiques, la Glose (!it Ibrl bien : Dcsoi'dre apparent, mais, en réalité, toutes les formes de translbrraisme sont parcourues ; parthénogenèse, génération aUeniante, Irunslbrmation dans une môme classe (végétaux ), transformation dans deux ou plusieurs classes (végétaux, animaux, etc.), transformation d'èlres inanimés en vivants, transformation avec ou sans mort intermédiaire. Si les taoïstes avaient su ce que nous savons des apliidicns, des ténias, de tant de parasites, quelle joie !
衛、 望 之 於 野 、顯, 謅弟 子 曰、 彼 叟 可 與 香 者、 試 往 試 W 。子貢 請 行, ai Z 隴 端、 面 之
fi 嘆 、曰 、先 生曾不 悔乎而 行 歌 拾 穗。 # 顚、 行 不 留, 歌 不 輟。 子 貢叩 W 不 已、 乃 仲
Lîe-tzeu, chap. 1 F, &, H', I.
Donc vouloir faire durer sa vie et échapper à la mort, c'est vouloir l'impossible. ― Dans le composé humain, l'esprit vital est l'apport du ciel, le corps est la contribution de la terre. L'homme commence par l'agrégation de son esprit vital avec les grossiers éléments terrestres, et finit par l'union du même esprit avec les purs éléments célestes. Quand l'esprit vital quitte la matière, chacun des deux composants retourne à son origine. De là vient qu'on appelle les ( 鬼 koei) morts, les ( 歸 koei) retournés. Ils sont retournés en effet à leur demeure propre (le cosmos). Hoang-ti a dit: l'esprit vital rentre par sa porte (dans le Principe, voyez Lao-tzeu cliap. 6 G et ailleurs), le corps retoui à son origine (la matière ), c'en est fait de la personnalité.
G. La vie d'un homme, de sa naissance à sa mort, comprend quatre grandes périodes, le temps de l'enfance, la jeunesse robuste, les années de la vieillesse, la mort. Durant l'enfance, toutes les énergies étant concentrées, l'harmonie du complexe est parfaite, rien ne peut lui nuire tant son fonctionnement est précis. Durant la jeunesse robuste, le sang et les esprits bouillonnant à déborder, les imaginations et les convoitises foisonnent, l'harmonie du complexe n'est plus parfaite, les influences extérieures rendent son fonctionnement défectueux. Durant les années de la vieillesse, les imaginations et les convoitises se calmant, le corps s'apaise, les êtres extérieurs cessent d'avoir prise sur lui; quoiqu'il ne revienne pas à la perfection de l'enfance, il y a cependant progrès sur la période de la jeunesse. Enfin, par la fin de l'existence, par la mort, l'homme arrive au repos, retourne à son apogée, (à sa perfection intégrale, l'uaioD avec le cosmos).
H. Confucius allant visiter le mont T'ai chan, rencontra, daus la plaine de Tch'eng, un certain Joimg-k'i, vêtu d'une peau de cerf, ceint d'une corde, jouant de la cithare et chantant. Maître, lui demanda-t-il, de quoi pouvezvous bien vous réjouir ainsi ? —J'ai, dit Joung-kH, bien des sujets de joie. De tous les êtres, l'bomme est le plus Qoble ; or j'ai eu pour mon lot un corps d'homme; c'est là mon premier sujet de joie. Le sexe masculin est plus noble que le sexe féminin; or j'ai eu pour mon lot un corps masculin ; c'est là mon second sujet de joie. Que d'hommes, après leur conception, meurent avant d'avoir vu la lumière, ou meurent dans les langes avant l'éveil de leur raison ; or il ne m'est arrivé rien de pareil ; j'ai vécu quatre-vingt-dix ans; voilà mon troisième sujet de joie... Et de quoi m'attristerais-je? De ma pauvreté? c'est là le lot ordinaire des Sages. De la mort qui approche? c'est là le terme de toute vie. ―. Confucius dit. à ses disciples: Gslai-là sait se consoler.
I. Un certain Linn-lei, plus que centenaire, encore vêtu d'une peau au temps de la moisson du blé (maximum de la chaleur, parce qu'il n'avait aucun autre vêtement), glanait des épis en chantonnant. Confucius qui' se rendait à Wei, l'ayant rencontré daus la campagne, dit à ses disciples. Essayez d'entrer en couversation avec ce vieillard ; il pourra nous apprendre quelque chose. ― Tzeu-koung alla donc à Linn-lei, le salua, et lui dit avec compassion: iMaître, ne regrettez-vous rien, que vous chantiez ainsi, en faisant cette besogne de mendiant? ― Linn-lei continua de glaner et de fredonner, sans faire attention à Tzeu-koung . Mais celui-ci ne cessant de le saluer, il finit par le regarder, et lui dit: Que regretterai s-je? ― Mais, dit Tzeu-koung, de ne vous être pas appliqué et ingénié davantage, durant votre