之 3 爲 名、 仲 足語之 ES 爲 博, 此 其 自 多 也, 不 似 爾向之 自多於 水乎。 河伯 曰
不悶、 橡 Fi 不 歧, 知 時 無 止。 察 乎 盈 盧、 故 得而不 s 、失 而 不 憂、 知 八 R 之 無 常 也。 明
乎 坦 途, 故 生 不 說 『1^ ffi 不 禍, 知 終始之 不可故 也。 針 人之所 知、 不 若 其所不
至大 之域。 河伯 Rr 世 之 議者皆 曰, 至 籍 無 形、 至 大 KT 可 園、 是 信 情 乎。 北 海 若
俗, 不 多 辟 異。 爲 在 從 眾、 不 賤 佞 謂 。世 之爵 îi 不足 S 爲勸、 戮恥 不足 爲 辱。 知
是非之 不可爲 分, 細 大之 不可爲 倪。 閫 曰、 道 人 不 ST 至 德 不 得, 大 人 無 己、 約
Tchoang-tzeu, chap. 17 A.
Se rappelant les discussions des sophistes du iemps, sur la notion dit grand et du petit, le Génie du fleiïve demanda à celui de 】a mer: Alors désormais je considérerai l'univers comme l'expression de la grandeur absolue, et un poil comme le symbole de la petitesse absolue, n'est-ce pas? 一 Non ! dit le Génie de la mer, pas ainsi! L'univers existant actuel, n'est pas l'expression de la grandeur absolue. Car cette quantité n'est pas constante. Elle varie, dans la durée des temps, au cours de l'évolution, selon les genèses et les cessations. Envisagées ainsi, par la haute science, les choses changent d'aspect, l'absolu devenant relatif. Ainsi la différence du grand et du petit s'offace, dans la vision à distance infinie. La différence du passé et du présont s'efface de même, l'antériorité et la postériorité disparaissant, dans la chaîne illimitée; et par suite, le passé n'inspire plus de mélancolie, et le présent plus d'intérêt. La différence entre la prospérité et la misère s'efface de môme, ces phases éphémères disparaissant dans l'éternelle évolution; et par suite, avoir ne cause plus de plaisir, perd re ne cause plus de chagrin. Pour ceux qui voient de celte distance et de cette hauteur, la vie n'est plus un iDonheur, la mort n'est plus un malheur ; car ils savent que les périodes se succèdent, que rien ne saurait durer. L'homme ignore beaucoup plus de choses qu'il n'en sait. Comparé à l'univers, il est infiniment peu de chose. Vouloir conclure (lu peu qu'on sait, du peu qu'on est, à ce qu'on ne sait pas, à l'universalité des êtres, est un procédé qui ne mène à rien. Ne vous servez donc pas, dans vos spéculations, du poil que vous êtes, comme étalon de la petitesse ; el rlu cosmos changeant, comme étalon de la grandeur.
Snlisfait d'avoir trouvé un si bon maître, le Génie du fleuve conlinua ses interrogations, les philosophes prétendont, dit-il, qu'un être extrêmement atlônné, devient zéro ; et que le même être extrêmement amplifié, devient infini ; est-ce vrai ? 一 Oui et non, dit le Génie fie la mer. Los notions frextrème atténuation et d'exlrAme ampUncalion, no s'établissent pas clairement en prenant pour exemple un môme être. L'exlrèmement ! itlénué concevable, c'osl l'essence abslraite. La base do rampMcalion mesurable., c'est la matière concrète. Essence et matière sont deux choses rtiiïérentes, qui coexistent dans tout être sensible, Hipérleur à zéro. Zéro, c'est co que Je calcul ne peiU plus diviser ; l'infini, c'osl ce fine les nombres ne peuvent plus embrasser. La parole peut décrire la matière concrète; la pensée atteint l'essence abstraite. Par delà, les intuitions métaphysiques, les dictamens intérieurs, qui ne sonl ni matière ni essence, no sont connus que par appréciation subjective. Cost en suivant ces inluilions inexprimables, que l'homme siipérieiu- fait bien des choses tout autrement que le vulgaire, mais sans mépriser celui-d, parce qu'il 【i,a pas les mômes lumières. Ce sont elles qui le mettent au-dessus (le riionnetir et, de l'ig'norainie, des récompenses et des cîiâliraents. Ce sont elles qui lui font oublier les dlsUnclions du grand et ilu petit, du bien et fin mal. De là vient qu'on dit: l'horamo dn Principe reste silencieux ; 'l'homme parfait no cherche rien.; rhomme grand n'a plus de moi ; car il a relié loutos les parties en un ; conlerapJaiion exlatique de r unité, universelle.
Le Génie du fleuve ayant encore insisté, pour apprendre sur quoi se fondent les distinctions entre le noble et le vil, le grand et le petit, etc., le Génie de la mer répondit: Si l'on considère les êtres à la lumièredu Principe,
I 故 or 蓋 師 是而無 非, 師 治而無 亂 乎、 是 未明 天地之 埋萬物 之情者 也、 是 猶 師
I 天而無 地師陰 il 無. 陽, 其 不可 行 明矣, 然且 藷 而 不 舍、 非 愚 則 誣 也。^ 王 姝禪、
Tchoang-tzeu, chap. 17 Â.
ces distinctions n'existent pas, tout étant un. A leurs propres yeux, les êtres sont tous nobles, et considèrent les autres comme vils, par rapport à soi; point de vue subjectif. Aux yeux du vulgaire, ils sont nobles ou vifs, selon une certaine appréciation routinière, indépendante de la réalité ; point de vue conventionnel Considérés objectivement et relativement, tous les êtres sont grands par rapport aux plus petits que soi, tous sont petits par rapport aux plus gvcmds que soi ; le ciel et la terre ne sont qu'un grain, un poil est une montagne. Considérés quaot à leur utilité, tous les êtres sont utiles ■pour ce qu'ils peuvent faire, tous sont inutiles pour ce qu'ils ne peuvent pas ; l'Est et l'Ouest coexistent, par opposition, nécessairement, chacun ayant ses attributions propres que l'autre n'a pas. Enfin, par rapport au goût de l'observateur, les êtres ont tous quelque côté par où ils plaisent à certains, et quelque côté par lequel ils déplaisent à d'autres ; Yao et Kie eurent tous les deux des admirateurs et des détracteurs. ― L'abdication ne ruina ni Yao ni Chounn, tandis qu'elle ruina le baron K'oai. La révolte profita aux empereurs Tang et Ou, tandis qu'elle perdit le duc, Pai. Selon les temps et 】es circonstances, le résultat des mêmes actions n'est pas le même; ce qui est eocpédient pour l'un ou dans telles circonstances, ne l'est pas pour l'autre ou dans d'autres circonstances. Il en est de même, pour la qualification des actes ; ce qui est noble dans Vun ou dans telles circonstances, sera vil dans l'autre ou dans d'autres circonstances. Tout cela est relatif et variable. — Un bélier est ce qu'il y a de mieux, pour faire brèche à un rempart ; tandis que, pour boucher un trou, ce serait un instrument absolument inepte; les moyens différent. Les coursiers de l'empereur Mou, qui faisaient mille stades par jour, n'auraient pas valu un chat, s'il se fût agi de prendre un rat; les qualités diffèrent. Le hibou compte ses plumes et prend ses puces la nuit, tandis qu'en plein jour il ne voit pas une montagne ; les natures diffèrent. A fortiori, rien de fixe dans les choses morales, l'eslime, l'opinion, etc. Tout a un double aspe.ct. ― Par suite, vouloir le bien sans le mal, la raison sans le toi't, l'ordre sans le désordre, c'est montrer qu'on ne comprend rien aux lois de l'univers; c'est rêver ua ciel sans terre, un yinn sans yang ; le double aspect coexiste pour tout. Vouloir distinguer, comme des entités réelles, ces deux corrélatifs inséparables, c'est montrer une faible raison ; le ciel et la terre sont un, le yinn et le yang sont un ; et de môme les aspects opposés de tous les contraires. Des anciens souverains, les uns oblinrent le trône par succession, les autres par usurpation. Tous sont appelés, bons souverains, parce qu'ils agirent conformément au goût des gens de leur temps, et plurent à leur époque. Se tromper d'époque, agir contrairement au goût de ses contemporains, voilà ce qui fait qualifier d'usurpateur. Médite ces choses, û Génie clu fleuve, et tu comprendras qu'il n'y a ni grandeur ni petitesse, ni noblesse ni jjassosso, ni bien ni mal absolu; mais que toutes ces choses sont relatives, dépendantes des temps et des circonstances, lie l'appréciation des hommes, de l'opportunilo.
Mais alors, reparlit le Génie du lleuve, pratiquement, qae ferai-je? que ne ferai-je pas?., qu'admettrai-jc? que rejelterai-je?.. y a-t-il, oui ou non, une morale, une règle des mœurs? ― Au point de vue du Principe, répondit le Génie de la mer, il n'y a qu'une unité absolue, et des aspects changeants. Mettre quoi que ce soit d'absolu, en dehors du Principe, ce serait errer sur le Principe. Donc pas de morale absolue, mais une convenance oppor-
34ii Tchoang-tzeu, chap. 17 A, B.
夫画將 自化。 河伯 Rr 然則 何 貴 於 道 邪。 北 海 若 曰, 知道 者 必達於 理。 達 於 理
子 ^ 使 iftn^ ,獨 奈何。 蛟 曰,不 然。 子 不見夫 f 者乎。 噴則大 者如, 小 者 如繋, 雜
Tchoang-tzeu, chap. 17 A, B.
tuniste seulement. Pratiquement, suivez les temps et les circonstances. Soyez uniformément juste comme prince régnant, uniformément bienfaisant comme dieu du sol, uniformément indifférent comme particulier ; embrassez tous les êtres, car tous sont un. ― Le" Principe est immuable, n'ayant pas eu de commencement, ne devant pas avoir de fin. Les êtres sont changeants, naissent et meurent, sans permanence stable. Du non-être ils passent à l'êti-e, sans repos sous aucune forme, au corn's des années et des temps. Coramence- 】nents et fins, croissances et décadences, se suivent. C'est tout ce que nous pouvons constater, en fait de règle, de loi, régissant les êtres. Leur vie passe sur la scène du monde, comme passe devant les yeux un cheval .emporté. Pas un moment, sans changements, sans vicissitudes. Et vous demandez, que faire? que ne pas faire?.. Suivez 】e cours des transformations, agissez d'après les circonstances du moment, c'est tout ce qu'il y a à faire.
En fil], dit le Génie du fleuve, veuillez m 'apprendre les avantages de Fintelligence du Principe? ― Ces avantages, dit le Génie de 】a mer, les voici : Celui qui connaît le Pi'incipe, connaît la loi qui dérive de lui, l'applique comme il faut, et est par suite respecté par tous les êtres. L'homme dont la conduite est ainsi toute sage, le feu ne le brûle pas, l'eau ne le noie pas, 】e froid et le chaud ne le lèsent pas, les bêLes féroces ne lui font pas de mal. Non (juMI n'ait rien à craindre rie ces dangers. Mais parce que, dans sa sagesse il calcule si bien, qu'il évite tout malheur; se conduisant avec une Lelle circonspection, qu'il ne lui arrive aucun mal K ― Cette sagesse qui résulte de la connaissance du Principe, est ce qu'on a appelé l'élément célesU; ( naturel, dans l'homme ), par opposition à l'élément liumain ( arlificiel). 11 faut que cet élément céleste ( la nature) prédomine, pour que l'action soU conforme à la perfection originelle. ― Veuillez me rendre plus sensible, la différence entre le céleste et l'humain, insista le Génie du fleuve. —— Voici, dit le Génie de la mer. Que 】es bœufs et les chevaux soient des quadrupèdes, voilà le céleste ( leur nature). Qu'ils aient un mors dans la bouche ou un anneau flans le nez, voilà l'humain (artificiel, contre nature ). L'humain ne doit pas étouffer 】e céleste, l'artificiel ne doit pas éteindre le naturel, le factice ne doit pas détruire la vérité eiilitative. Restaurer sa nature, c'est revenir à la vérité première de Vêtre. '
B, Un k'oei ( animal fabuleux) ù une palle, demanda à un mille-pattes : comment avez-vous l'ait pour avoir tant de pieds?.. Le mille-patles dil: c'est la nature qui m'a t'ait ainsi, avec un corps central, et des pattes filiformes tout autour ; tel un crachat, entouré de sa frange. Je meus mes ressorts célestes (ce que la nature m'a dorme), sans savoir ni pourquoi ni comment. ― Le mille-pattes dit au serpent: sans pieds, vous avancez plus vite, que moi qui en ai tant; comment faites-vous?.. Je ne sais pas, dit le serpent. Je glisse ainsi naturellement. ― Le serpent dit au vent: moi j'avance au moyen de mes vertèbres et de mes flancs ; vous n'en avez pas, et pourtant, vous allez de la mer du Nord à celle du Sud, plus vite que moi je ne glisse ; comment faites- vous ?.. Je' souffle naturelleraent, dit le vent, jusqu'à briser les arbres et renverser les maisons. Mais vous, petits êtres, je n'ai pas prise sur vous, vous me dominez. Un seul être n'est dominé par rien ; c'est le Sage, possesseur' du Principe.
■1. Donc pas invulnérabilité, comme on l'a interprété plus tard ; mais, si grande prudence, que tout danger est évité. '
請辭而 退。 D . ^孫龍 問 於魏牟 iïr 龍小 學 允王 W ST 長 ffi 明仁 義 之 行、 合 同 異,
海 RT 夫 千里 之遠不 足以舉 其 大、 千 s 之 高不足 H5 極一其 深。 禹 之 時、 十 年 九潦、
Tchoang-tzeu, chap. 17 C, D.
G. Confucius passant à Koang, une troupe d'hommes, armés de Song l'entoura de telle manière, que toute évasion était impossible. Confucius prit son luth et se mit à chanter. Le disciple Tzeu-loii lui demanda: Maître, comment pouvez-vous être aussi gai, dans les circonstances présentes ?.. C'est tjuf^, dit Confucius, j'ai fait ce que j'ai pu, pour éviter pareille aventure; elle m'arrive donc, non 【mi' ma laule, mais de par le destin. J'ai aussi fait ce que j'ai pu, pour arriver à percer ; si je n'y ai pas réussi, ce n'est pas à cause de ma négligence, mais par suite du malheur des temps. Sous Yao et Chounn, aucun des Sages d'alors ne fut réduit à rexlrémité où je suis, non pas à cause de leur prudence plus grande, mais parce que le destin était alors favorable à tous. Sous Kie et Tcheou, aucun des Sages d'alors ne percha, non pas à cause de leur capacité moindre, niais parce que le destin était alors défavol'able pour tous... Ne pas craindre les motislres marins, est la bravoure des pécheurs. Ne pas craindre les bêtes féroces, est la bravoure des chasseurs. Ne pas craindre les sabres .dégainés, regarder du môme œil la mort et la vie, est la bravoure des guerriers... Savoir qu'aucun bonheur n'arrive qu'en son temps, que tout malheur est écrit dans le destin, et par suite ne pas craindre même devant le danger imminent, mais s'en remettre alors stoïquement à la fatalité, voilà la Lu'avout'e du Sage. You, attends un moment, et tu verras s'accomplir, ce qui est écrit dans le destin de moi. ― Quelques instants après que le Sage eut ainsi parlé, le chef des hommes d'armes s'approcha et dit: nous vous avions pris pour un certain Yang -hem, que nous devions arrêter ; veuillez excuser notrè erreur... El ils s'en allèrent i.
D. KoiUKjsounn-loang le sophiste, dit ;u:i prince Meou de Wei : Etant jeune, j'ai d'abord étudié la doctrine des anciens souverains ( les traditions classiques) ; ensuite j'ai approfondi la question de la bouté et de l'équité ( conl'ucéisme); puis j'ai scruté les similitudes et les dissemblances, les substances et les accidents, le oui et le non, le licite et l'illicite ( logique, morale); j'ai été jusqu'au fond des théories et des arguments de toutes les écoles, et je croyais vraiment être très fort, quand voici que un certain Tchoang-tzeu m'a étourdi et troublé. Je ne sais si c'est défaut de ma dialectique, ou deficit de ma science; mais le fait est que, moi le sophiste rhéteur, je suis l'esté bouche close devant iui, oe pouvant pas ré pou cire et n'osant plus interroger. ― Le prince Meou prit un siège, poussa im soupir, leva les yeux au ciel, sourit et dit: Savez-vous l'histoire do la grenouille du vieux puits, et de la tortue de la mer orientale?.. Combien je suis heureuse dans moD puits, dit la grenouille à la tortue; je puis sauter sur la margelle, me blotti i' dans les trous entre les briques, nager à la surface, plonger dans la vase; de tous les habitants de ce puits, larves, têtards, aucun n'en sait faire autant que moi ; aussi je préfère mon puits à votre mer; essayez un peu de. ses charmes... Pour complaire à la grenouille, la tortue essaya. Mais, une fois sa patte droite introduite daos le puits, il lui fut impossible d'y faire entrer la gauche, fa?2f le puits était étroit, tant elle était large. Après avoir retiré sa patte, elle donna à la grenouille les renseignements suivants sur la mer. Elle a plus de mille stades de long. Elle est plus profonde, que mille hommes montés l'un sur l'autre ne sont hauts. Au temps de l'empereur U,
1- Celte pièce est la contre-partie taoïste du- texte des Entreliens de Confucius IX 5. Confucius crul en réalité fju'il échapperait, parce qu'il se considérait comme l'arche destinée à sauver les rils et autres antiquailles. Ici, il l'espère pûur des motifs de fatalisme pur. ,
滕 tt 矣。 且 夫知 不知諭 極妙之 曾 而 自適一 時之利 者、 是 非滔 井之竈 與。 且 彼
^ 而不 下乃逸 g 走。 E 莊子釣 於満水 。楚王 使大夫 二 人往先 焉曰、 願 SÉ: 內累
Tchoang-tzeu, chap. 17 D, E, F. 347
en dix ans il y eut neuf inondations; toute celte eau coula à la mer, sans que celle-ci augmentât. Au temps de l'empereur T'cing, en huit ans il y eut sept sécheresses; aucune eau ne coula à la mer, et celle-ci n'éprouva pourtant pas la moindre diminution. Durée-, quantité, ces termes ne s'appliquent pas à la mer. Cette immobilité constante, voilà le charme de mon séjour à moi... A ces mots, la grenouille du puits fut prise de vertige, et perdit son petit esprit. ― Et vous qui, ne sachant pas bien distinguer entre oui et non, vous vous mêlez d'examiner les assertions de Tchoang-tzeu, ne ressemblez-vous pas à cette grenouille qui essaya de comprendre la mer? Vous tentez ce dont vous n'êtes pas capable. Autant vaudrait faire emporter une montagne par un moustique, ou vouloir faire qu'un ver de terre luttât de vitesse avec un torrent. Qu'entendez- vous au langage sublime de cet homme ? vous grenouille du vieux puits!.. Il descend jusqu'aux sources souterraines, et s'élève jusqu'au firmament. Il s'étend par delà l'espace, insondablement profond, incommensurablement mystérieux. Vos règles dialectiques et vos distinctions logiques, ne sont pas des instruments proportionnés à un pareil objet. Autant vaudrait vouloir embrasser le ciel avec un tube, ou dépecer la terre avec une alêne. Allez- vous- en maintenant, et n'eu demandez pas davantage, de peur qu'il ne vous arrive autant qu'à ces enfants de Cheou-ling, envoyés pour faire leur éducation à Han-lan, Ils désapprirent la manière de marcher grossière de Cheou-ling, et n'apprirent pas la manière dé marcher distinguée de H antan; de sorte qu'ils revinrent dans leur patrie, marchant à quatre pattes. - N'en demandez pas davantage, car vous oublieriez votre vulgaire petit savoir de sophiste, sans arriver à rien comprendre à la science supérieure de Tchoang-tzeu. 一 Koung&ounn-loung ayant écouté cette tirade la bouche ouverte et tirant la langue, s'enfuit lout éperdu.
E. Comme Tchoang-tzeu péchait à la ligne au bord de la rivière P'ou, le roi de Tch'ou lui envoya deux de ses grands officiers, pour lui offrir la charge de ministre. Sans relever sa ligne, sans détournei' les yeux de son flotteur, Tchoang-tzeu leur dit: J'ai ouï raconter que le roi de Tch'ou conserve précieusement dans le temple de ses ancêtres, la carapace d'une tortue transcendante, sacrifiée, pour servir à la divination, il y a trois mille ans. Dites-moi, si on lui avait laissé le chois, cette tortue aurait-elle [j référé mourir pour qu'on honorât sa carapace, aurait-elle préféré vivre en trdiiant sa queue dans la boue des marais? ― Elle aurait préféré vivre en li-aîoant sa queue clans la boue des marais, dirent les deux grands officiers, à i'unisson. — Alors, dit Tchoang-tzeu, retournez d'où vous êtes venus; moi aussi je préfère traîner œa queue dans la boue des marais. Je conlinuerai à vivreobscur mais libre; je ne veux pas d'une charge, qui coûte souvent la vie à celui qui la porte, et qui lui coûte la paix toujours.
F. Hoei-izeu étant rainislre de la principauté Leang, Tchoang-lzeu alla lui faire visite. Quelqu'un fit croire à Hoei-izeu, que Tchoang-lzeu venait dans l'intenlion de le supplanter. Aussitôt Hoei-izeu ordonna une perquisition de li'ois jours et de trois nuits, dans toute la principauté, pour le faire saisir. Tchoang-tzeu qui n'était pas encore entré à Leang, ne fut pas pris, mais sut la chose. Plus tard, ayant rencontré Hoei-izeu, il lui dit: Connaissez-vous cet oiseau du midi, qu'on appelle l'argus? Quand il vole du sud vers le nord, il ne se pose que sur les eleococca, il ne se nourrit qùe
I 否、 其 爲 形 也、 亦 巯 矣。 人 之生也 與憂俱 生. 1寿 者 if 惽乂 憂 不 ^,何 之 苦 也、 其 爲
Tchoang^-tzeu, chap. 17 G. chap. 18 A. 349
des graines du melia, il ne boit qu'aux sources les plus pures. Cependant un jour qu'il passait dans les airs, une chouette qui dévorait dans un champ un mulot crevf!, eut peur qu'il ne lui disputât sa charogne, et poussa un cri pour l'inlirnider. Le ministre de Leang en a fait autant à mon égard.
G. Tchoang-tzeu et Hoei-tzeu prenaient leur récréation sur la passerelle d'un ruisseau. Tchoang-tzeu dit : voyez comme les poissons sautent ! c'est là le plaisir des poissons. —— Vous n'êtes pas un poisson, dit Hoei-izeu ; comment savez-vous ce qui est le plaisir des poissons? 一 Vous n'êtes pas moi, dit Tchoang-tzeu ; comment savez-vous que je ne sais pas ce qui est le plaisir des poissons? ― Je ne suis pas vous, dit Hoei-tzeu, et par suite je nii sais pas tout ce que vous savez ou ne savez pas, je l'accorde; mais, en tout cas, je sais que vous n'êtes pas un poisson, et il demeure établi, par conséquent, que vous ne savez pas ce qui est le plaisir des poissons. 一 Vous êtes pris, dit tchoang-tzeu. Revenons à votre première question. Vous m'avez demandé « comment savez-vous ce qui est ie plaisir des poissons ?».'. par cette phrase, vous avez admis que je le savais; car vous ne m'auriez pas demandé le corameut de ce que vous saviez que je ne savais pas. Et maintenant, comment l'ai-jn su? Pai* voie d'observation directe, sur la passerelle du ruisseau. Yoie inconnue aux sophistes d'alors, ergoteurs qui ri' observaient pas.
Chap. i8. Joie parfaite.
A. Sous le ciel y a-t-il, oui ou non, un état de contentement parfait? y a-t-il, oui ou non, un moyen de faire durer la' vie du corps? Pour arriver à cela, que faire, que ne pas faire? de quoi faut-il user, de quoi faut- il s'abstenir? ― Le vulgaire cherche son contentement, dans les richesses, les dignités, la longévité et l'estime d'autrui ; dans le repos, la bonne chère, les bons vêtements, la beauté, la musique, et le reste. Il redoute la pauvreté, l'obscurité, l'abréviation de la vie et la mésestime d'autrui; la privalioD de repos, de bons aliments, de bons vêtements, de beaux spectacles et de beaux sons. S'il n'obtient pas ces choses, il s'attriste et s'afflige... N'est-il pas insensé de rapporter ainsi tout au corps? Certains de ces objets sont même extérieurs et étrangers au corps ; comme les richesses accumulées au-delà de l'usage possible, les dignités et l'estiaie d'autrui. Et pourtant, pour ces choses, le vulgaire épuise ses forces, et se torture jour et nuit. Vraiment les soucis naissent avec l'homme, et le suivent durant toute sa vie; jusque dans l'hébétement de la vieillesse, la peur de la mort ne le quitte pas. Seuls les officiers militaires ne craignent pas la mort, et sont estimés du vulgaire pour cela; à tort ou à raison, je ne sais; car, si leur bravoure les prive de la vie, elle préserve la vie de leurs concitoyens ; il y a du pour et du contre. Les officiers civils qui
叉未. 知樂之 果樂邪 果不樂 邪。 吾 觀夫俗 之所樂 、舉羣 鲺者. iè a 然如將 不得
1 子妻 fôi. 子 弔 之。 莊 子 則 方箕 蹈鼓盆 而歌。 惠 子 曰, 與 人居長 子老身 死不哭
i 亦足矣 X 鼓盆 而歌不 亦甚乎 。莊 子 HT 不然。 是其始 死也、 我獨何 能無概 。然察
0 :意 蹶 顯 然 惡 之。 支 離 银 曰 、子 惡 之 乎。 滑 介 叔 曰, 亡 予 何 惡。 生 者 e 借 也、 假 之 hi
Tcboang-tzeu, chap. 18 A, B, G.
s'attirent la mort par leurs censures impertinentes, sont au contraire blâmés par le vulgaire; à tort ou à raison, Je ne sais ; car, si leur franchise les prive de la vie, elle leur assure la gloire; il y a du pour et du contre. Pour ce qui est du vulgaire lui-même, j'avouft que je ne comprends pas comment on peut tirer du contentement de ce qui le contente; le fait est que ces objets le contentent lui, et ne me contentent pas moi. Pour moi, le bonheur consiste dans l'inaclion, tandis que le vulgaire se démène. Je tiens pour vrai l'adage qui dit: le contentement suprême, c'est de n'avoir rien qui contente; la gloire suprême, c'est de n'être pas glorifié. Tout acte posé, est discuté, et seia qualifié bon par les ons, mauvais par les autres. Seul, ce qui n'a pas été fait, ne peut pas être critiqué. L'inaction, voilà le contentement suprême, voilà ce qui l'ait durer la vie du corps. Permettez-moi d'appuyer mon assertion par un illustre exemple. Le ciel doit au non- agir sa limpidité, la terre doit au Donagir sa stabilité; conjointement, ces deux non-agir, le célesle el le terrestre, produisent tous les êtres. Le ciel et la terre, dît l'adage, font lout en ne faisant rien. Où est rhomiiie qui arrivera à ne rien faire?! cet homme sera lui aussi capable de tout faire.
B. La femme de Tchoang-tzeu étant morte, Hoei-lzeu alla la pleurer, selon l'usage. 11 trouva Tchoang-tzeu accroupi, chantant, el battant la mesure sur une écuelle, qu'il tenait entre ses jambes. Choqué, Hoei-lzeu lui dit: que vous ne pleuriez pas la mort de celle qui l'ut la compagne de votre vie et qui vous donna' des lils, c'est déjà bien singulier; mais que, devant son cadavre, vous chantiez eu tambourinant, (; a c'est par trop fort. ― Du tout ! dit Tchoang-tzeu. Au moment de sa mort, je fus un instant allecté. Puis, rétléchissant sur révénemeut, je compris qu'il n'y avait pas lieu. Il fut un temps, où cet être n'était pas né, n'avait pas de corps organisé, n'avait même pas un peu do matière ténue, mais était contenu indistinct dans la grande masse. Un tour de celte masse lui donna sa iiialière lénue, qui devint un corps organisé, lequel s'anima et naquit. Un autre tour de la masse, et le voilà mort. Les phases de mort et de vie s'enchaînent, comme les périodes dites quatre saisons. Celle qui fut ma fera me, dort maintenant dans le grand dortoir (rentre-deux du ciel et de la terre), en attendant sa transformation ultérieure. Si je la pleurais, j'aurais l'air de ne rien savoir du destin (de la loi universelle et inéluctable des transformations). Or comme j'en sais quelque chose, je ne la pleure pas.
C. TcheU'li e[ Hoa-kie ( personnages fictifs ) contemplaient ensemble les tombes des anciens, éparses dans la plaine au pied des monts K'owm-lu'nn, là où Hoang-ti se fixa et trouva son repos. Soudain tous deux constatèrent qu'ils avaient chacun un anthrax au bras gauche (mal souvent mortel en Chine). Après le premier moment de surprise, Tcheu-li demanda : cela vous fait-il peur? —— Pourquoi cela me ferait-il peur? répondit Hoa-kie. La vie est chose d'emprunt, uq état passager, un stage dans la poussière et l'ordure de ce monde. La mort et la vie se succèdent, comme le jour et la nuit. Et puis, ne venoDs-iaous pas de contempler, dans les tombes des anciens, l'effet de la loi de transformation? Quand cette loi nous atteindra à notre tour, pourquoi nous plaindrious-nous ?
352 Tchoang-tzeu, chap. 18 B, £.
有亡 國之事 斧鉞之 IT 而 爲此乎 é 子有不 善之行 愧遺, 夂 毋妻子 之醜. 而爲
矣。 子 欲: 簡 死 之 說 乎。 莊 子 曰, 然。 髑 髏 nr 死、 無 君 於 上、 無 臣於 下。 亦 無 四 時 ^sl 事。
弁 南面王 樂, 而 複 爲人間 W 勞乎" E 顔 淵東之 齊、 孔 子有憂 色。 子 s T 席. ri. 問
曰、 小 子 敢 間、 回 東 之 齊、 夫 子有 憂色何 邪。 孔 子 曰、 善哉女 ^。昔 者蒈 子有 IIÏK 丘
Tchoang-tzeu, chap. 18 D, E.
D. Comme .U se rendait dans le royaume de Te h' ou, Tchoang-tzeu vit, au bord du, chemin, un crâne gisant, décharné mais intact. Le caressant avec sa houssine,.il lui demanda : as-lu péri pour cause de brigandage, ou de dévoaenjent pour ton pays ? par incmirluite, ou de misère? ou as-tu fini de mort naturelle, ton heure étant venue?.. Puis, ayant ramassé le eràiie,.il s'en lit un oreillei- la nuit suivante. ― A minuit, le crâne lui apparut en songe et lui dit : Vous m'avez parlé, dans le style des sophistes et des i-liéleui's, en homme qui tient les choses humaines pour vraies. Or, après la mort,'c'en est t'ait de ces choses. Voulez-vous que je vous renseigne sut' l'au-delà? ― Volontiers, dit Tchoang-tzeu. — Le ci'âûe dil: Après la mort, plus de supérieurs ni d'inférieurs, plus de saisops ui de travaux. C'est le repos, le. temps constant du ciel et de la terre. Celte paix surpasse le bonheur des rois. ― Bah! dil Tchoang-tzeu, si j'obtenais du g'ouvemeiu' du destin f ie Principe), que ton corps, os chair et peau ; quo ton père, la mère, la femme, tes enfants, ton village et tes connaissances te fussent rendus; je crois que tu u'en serais pas fâché? ― Le crâne le regarda tixement avec ses orbites caves, fil une grimace mépi'isante, et dit ; non ! je ne renoncerais pas à ma paix royale, pour reuLrei" dans les misères humaines.
E. Yen-yuan.) le disciple chéri, étant parti pour la principauté de Ts'i, Confucius parut triste. Le disciple Tzeu-koung se levant de ba natte, dit: oserai s- je vous 'demander pourquoi ce voyage de Hoei vous attriste? ― Je vais le le dire, dit Confucius. Jadis Koan-tzeu a prononcé cette parole, que j'ai toujours trouvée très viaie : un petit sac ne peut pas coiiLenii' un grand objet; une corde courte ne peut atteindre le fond du puits. Oui, la capacito de chaque être, est comprise dans sou desliu, rien n'eu pouvant ôlre if tranché, j'iou n'y pouvant être ajouté. Je crains doue que si, suivant ses con viciions et sou zèle, Hoei expose au mai'quis de Ts'i les théories cle Yao et de Cliounn, de Hoang-ti, de Soei-jenn, de Cheun-noung, celui-ci, homme d'une capacité bornée, ne voie dans ses discours une critique de son gouvenieinent, ne se fâche et ne le mette à mort. ― L'opportunisme seul fait réussir. Tout ne convient pàs à ions. Il ne faut pas juger autrui d'après soi. Jadis un oiseau de mer s'aballit aux portes de la capifale de Low. Le phénomène étant extraordinaire, le marquis pensa que c'était peut-être un être transcendant, qui visitait sa principauté. 11 alla donc en pèrsoniio quérir l'oiseau,- et le porta au temple, de ses ancêtres, où il lui donna une tête. Ou exécuta devant lui la syaiphouie Kiou-chao de l'empereur Ghounn. On 】ui oiiVjt le grand sacrifice, uû bûeut, uu bouc et un porc..." Cependant l'oiseau, les yeux hagards et l'air uavré, ne touclia pas au hachis, ne goûta pas au vïn. Au bout de trois jours, il iiiourut.de faim et de soif... G! est que le marquis, jugeant des goûts de l'oiseau d'après les siens propres, J'avait traité comme il so traitait lui-même, et non comme ou traite un oiseau. A l'oiseau de mer, il faut de l'espace, des forêts et des plaines, des fleuves et des lacs, des poissons pour sa nourriture, la liberté de voler à sa manière et de percher où il lui plaît. Entendre parler les hoiuraes, fut un supplice; pour ce pauvrô. oiseau; combien plus la musique qu'on Jiii fit, et tout lé'niouvemeot qu'on se donna autour de lui. Si on jouait ïà symphonie Kiou-chao de Choumi, ou même la-sytnphoniti Mien-lcli^eu de iîoang-fi, sur les rives (lu Tong-Ving, les oiseauf s'eïivoleràient, les quadrupèdes s'eut'uiraient, les poissoBs pf^ugéVâier^j usq ù,î(!ii^pia|.;: pcëlpttg;. ^des eaux, les.iliommes au
Tchoang-tzeu, cbap. 18. £, F. chap. 19 A.
而 飛、 獸 聞 之 Fi 走, 魚 聞 之而下 A 。人 卒 聞 之、 ¥ 與 還 而 觀 之。 魚 處水而 生, 人 處
設 於 適。 是之 譜條達 m 福 待。 F 列子行 食於 道、 從 見百歳 髑 IT 攘蓬 而權之 曰、
MM 生 人乂 iK 反入於 機。 萬. 物皆出 於 機、 皆 於 機。
達生 第十九 OA 達生 之情者 不務生 之所無 爲、 達 命之情 者不務 知之所
Tchoaug-tzeu, chap. 18 E, F. chap. 19 A. 355
contraire écouteraient émerveillés. C'est que, les poissons vivent dans Veau, et les hommes y meurent. La nature des êtres étant diverse, leurs goûts ne sont pas les mêmes. Même entre hommes, il y a des différences, ce qui plaît aux uns ne plaisant pas aux autres. Aussi les anciens Sages ne supposaient-ils pas à tous les hommes la môme capacité, et n'employaient-ils pas n'importe qui pour n'importe quoi. Ils classaient les hommes d'après leurs œuvres, et les traitaient selon leurs résultats. Cette juste appréciation des individus, est condition de tout succès. Si Yen-hoei apprécie bien le marquis de Ts'i et lui 'parle en conséquence^ il réussira; sinon, il périra.
F. Comme Lie-tzeu, qui voyageait, prenait sou repas au bord du chemin, il aperçut un vieux crâne le ramassa et lui dit: Toi et moi savons ce qui en est de 】a mort et de la vie; que cette distinction n'est pas réelle, mais modale seulement ; qu'il ne faut pas dire de toi que tu reposes, et de moi que je remue \ la roue tournant et les trans formations se succédant sans cesse. Les germes de vie sont nombi'eux et indéterminés. Tel germe deviendra nappe de lentilles d'eau s'il tombe sur un étang, tapis de mousse s'il est jeté sur une colline. S'élevant, la mousse devient le végétal ou-tsu, dont la racine se convertit en vers, les feuilles se changeant en papillons. Ces papillons produisent une larve, qui vit sous les âti'es, et qu'on appeUek'iu-touo. Après mille jours, ce k'iu-touo devient l'oiseau k'ien-u-kou, dont la salive donne naissance, à l'insecte seu-mi. Celui-ci devient cheu-hi, puis meoii-joei, puis fou-k'uan... Les végétaux yang-hi et pou-simn sont deux formes alternantes. Des vieux bambous sort l'insecte ts'ing-ning, qui devient léopard, puis cheval, puis homme. L'homme rentre dans le métier à tisser de la révolution universelle incessante. A leur tour, tous les êtres sortent du grand métier cosmique, pour y rentrer à leur heure; et ainsi de suite
Chap. 19. Sens de la vie.
A. Celui qui a pénétré le sens de la vie, ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie. Celui qui a pénétré la nature du destin, ne cherche plus à scruter cette entité inscrutable. Pour entretenir le corps, il faut employer les moyens convenables ; sans excès cependant, car tout excès est inutile. Il faut de plus s'efforcer d'entretenir l'esprit vital, sans lequel c'en est fait du corps. L'être vivant n'a pas pu s'opposer à son vivifiement ( lors de sa naissance) ; H ne pourra pas s'opposer davantage à ce que un jour ( lors de sa mort) la vie ne se retire de lui. Le vulgaire s'imagine que,